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IVè CONFERENCE DES PMA A ISTANBUL
La société civile déçue

samedi 11 juin 2011

La IV è Conférence des Pays les moins avancés (Pma) tenue à Istanbul du 9 au 13 mai derniers n’a pas répondu aux attentes de la société civile. Dans une déclaration rendue publique à la veille de la clôture de la rencontre, les acteurs évoluant dans les Ong ont exprimé fortement leur déception.

« Nous sommes venus ici avec beaucoup d’espoir. Nous avons fait deux ans de discussions avec les Pays les moins avancés, les gouvernements et les agences qui s’occupent d’eux. Nous avons fait entendre la voix des citoyens des Pma. Nos attentes ont été reflétées par tous les acteurs-clés. Mais, la déclaration finale ne correspond pas à nos attentes. Nous sommes très inquiets… » Ces mots sont du Coordonnateur international de l’Observatoire des Pma, Arjun Karki. Ce dernier traduit ainsi le sentiment de déception de la société suite à cette IV è conférence des Pma tenue du 9 au 13 mai derniers à Istanbul, en Turquie. A 24 h de la clôture de la rencontre, la société civile a fait connaître sa position. « C’est avec une profonde déception que nous constatons qu’au terme de ce processus il est évident que nos voix n’ont pas été entendues ni reflétées dans les résultats de la conférence », peut-on ainsi lire dans une déclaration rendue publique par le Forum de la Société Civile de la Quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA. « La conférence d’Istanbul n’est pas parvenue à atteindre nos espérances et n’a pas respecté le mandat de l’Assemblée générale de l’ONU, attaquent les camarades de Arjun. La résolution A/RES/63/227 de l’Assemblée générale de l’ONU est quasiment foulée aux pieds. Les gouvernements étaient invités à engager la communauté internationale à renforcer son appui et son action en faveur des pays les moins avancés. Au moyen d’un partenariat renouvelé entre les pays les moins avancés et leurs partenaires au développement. « Malheureusement, ceci ne s’est pas réalisé à Istanbul », s’indigne le Forum de la Société Civile. Au contraire, en dépit des conséquences désastreuses des spéculations financières et alimentaires, les règles injustes du commerce, les prêts iniques assortis d’une conditionnalité exagérée et les nombreux dommages écologiques, les pays développés n’ont même pas augmenté l’aide directe apportée aux PMA.

« Plus grave encore, signale le Forum de la Société Civile, plusieurs donateurs réduisent leur aide. » Résultats : un accroissement du nombre des PMA (24 à 48), plus de la moitié des femmes et des hommes des PMA vivent toujours dans l’extrême pauvreté, violations des Droits de l’Homme intensifiées, justice sociale et paix encore rêve. En cause également, le programme d’action d’Istanbul qui reste fondé sur le même libéralisme économique reformulé différemment, les approches axées sur le secteur privé remplaçent celles axées sur le marché. « Le Programme d’action d’Istanbul réclame la suppression des obstacles pour le secteur privé sans reconnaitre que les gouvernements doivent avoir un rôle régulateur afin de protéger les travailleurs, les consommateurs, l’environnement et les communautés locales », dénonce la société civile. Les PMA demeurent économiquement désavantagés, exploités et marginalisés, selon les acteurs de la société civile. La politique de chaque gouvernement devrait reposer sur des stratégies de développement nationales participatives en phase avec la vision du pays et ses points forts. Des possibilités existent pour inverser la tendance. « Nous devons créer des emplois et des opportunités pour un usage raisonné et soutenable de notre sol, de nos richesses minérales, de notre terre, de nos forêts, de nos poissons et de toutes les autres ressources naturelles dont nous disposons », propose le Forum de la Société Civile. Cette dernière ajoute dans la batterie des solutions la diversification des économies adossée à économie domestique avec une attention particulière apportée à la création d’opportunités pour les coopératives, les entreprises sociales, les petites et moyennes entreprises et les organisations dirigées par des femmes. Malgré tout, le Forum de la Société civile s’engage à continuer d’éveiller les consciences aux défis vitaux que rencontrent les PMA et à la nécessité d’adopter une nouvelle approche du développement centrée sur la personne.

Programme d’action de Bruxelles (2001)

Le Programme d’action de Bruxelles était fondé sur sept grands engagements visant à améliorer considérablement les conditions de vie de la population des Pays les moins avancés, en jetant les bases d’un solide partenariat mondial. Son objectif primordial était d’obtenir des progrès substantiels en vue de réduire de moitié la proportion de personnes vivant dans l’extrême pauvreté et souffrant de la faim à l’horizon 2015, et de promouvoir le développement durable des pays les moins avancés. On estimait qu’une hausse sensible et régulière du produit intérieur brut (PIB) était le principal moyen d’atteindre cet objectif.

Programme d’action d’Istanbul
Mesures à prendre par les partenaires au développement

Les pays donateurs qui consacrent plus de 0,20 % de leur PNB à l’aide appliqueront dès que possible, conformément aux engagements souscrits à la troisième Conférence des Nations Unies sur les Pays les moins avancés, une aide accrue. Les autres pays donateurs qui ont atteint l’objectif de 0,15 % entreprennent d’atteindre l’objectif de 0,20 % rapidement. Tous les autres pays donateurs qui se sont engagés à atteindre l’objectif de 0,15 % réaffirment leur engagement et entreprennent de l’honorer d’ici à 2015 ou de tout mettre en œuvre pour en hâter la réalisation. Pendant la durée du Programme d’action, les autres pays donateurs font tout leur possible, individuellement, pour accroître l’aide publique au développement consacrée aux pays les moins avancés de façon que leur assistance collective à ces pays augmente sensiblement. Les pays donateurs devraient revoir leurs engagements en matière d’aide publique au développement en 2015 et envisager d’accroître encore les ressources allouées aux pays les moins avancés.

Hamidou SAGNA, Envoyé spécial à Istanbul


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