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EXPOBAT 2011
Le bâtiment à l’heure du Développement durable

jeudi 5 mai 2011

À l’heure des discours omniprésents sur les questions environnementales, le secteur du bâtiment se met au développement durable. Au 6ème Salon International du Bâtiment et des Travaux Publics, les innovations étaient au rendez-vous.

Dans un monde en pleine crise écologique, l’économie d’énergie, la réduction des gaz à effet et l’utilisation de matériaux durables sont autant de défis que doit relever le secteur de l’architecture et du bâtiment. C’est plus qu’une urgence. Il s’agit d’intégrer le développement durable dans les activités de construction par la conception et la réalisation d’une architecture plus durable, respectueuse de l’environnement humain et social. Objectifs : maîtriser les impacts des édifices sur l’environnement extérieur tout en favorisant un environnement intérieur des plus confortables. Autant de chantiers que la 6ème édition du Salon International du Bâtiment et des Travaux Publics, tenue à Dakar, a permis de revisiter.

Efficience énergétique

De toutes les innovations qui ont cristallisé l’intérêt des visiteurs lors de ce salon, le système EMMEDUE reste sans conteste la plus importante. De quoi s’agit-il ? « Un système de construction révolutionnaire », s’empresse de répondre Mame Bou Sidibé, Manager Commercial à la Centrale d’Achat et de Bâtiment, par ailleurs exposant du produit. Il explique : « le système EMMEDUE permet de construire des bâtiments à partir de panneaux préfabriqués constitués d’une structure en acier renfermant une plaque de polystyrène ». Un système qui a le double avantage d’être moins coûteux et plus « vert » que les systèmes classiques de construction. Une aubaine pour les architectes adeptes du développement durable. En effet, la présence du polystyrène dans sa structure lui confère une très bonne efficience énergétique : la consommation d’énergie y est fortement réduite permettant ainsi une économie. « Mieux, avec ce système de construction vous économisez des quantités considérables d’eau, de sable et de ciment », soutient Mame Bou.

Sur le plan financier, le système EMMEDUE représente un avantage considérable non seulement pour les utilisateurs mais aussi pour les entreprises. « Il permet d’avoir de meilleures prestations par rapport aux produits traditionnels et à des coûts bien moindres », chantent ses promoteurs. De plus, le système garantit une isolation thermo acoustique élevée tout en gardant une haute résistance au feu et aux évènements sismiques !

Ecovillages

Dans un pays composé à 60% de ruraux, amener l’architecture moderne à répondre aux préoccupations de développement durable dans les campagnes reste un défi de taille. Lancé par le président Wade, le projet des Ecovillages du Sénégal entre dans ce sillage. Apportant sa contribution à l’édification de ces écovillages, l’Ordre national des architectes du Sénégal a fait montre de créativité. En témoignent les premières esquisses de ces « villages verts » dont une partie a été exposée lors du Salon du Bâtiment et des Travaux publics. Matériaux locaux, cases traditionnelles modernisées, promotion des énergies renouvelables, lacs artificiels, bassins de rétention… - le tout dans une parfaite harmonie avec la nature - en sont les éléments clés. Une nouvelle vision de nos campagnes à l’heure du développement durable.

L’objectif, à terme, de ce projet serait la transformation de 14 000 villages sénégalais en écovillages. Il s’agit pour ses promoteurs de faire des villages, des espaces « écologiques, participatifs, solidaires, responsables et durables ». « Les Ecovillages sont aussi une contribution du Sénégal à l’effort mondial de réduction des gaz à effet de serre et au réchauffement de la planète », déclare-t-on du côté du Ministère des Ecovillages, des Bassins de rétention et des Lacs artificiels.

Toutefois, si sur le papier ces innovations sont bien conçues, reste que leur application sur le terrain tarde à se faire sentir. Pour preuve, le géobéton dont les avantages écologiques et économiques sont connus des spécialistes sénégalais depuis belle lurette, peine à se faire une place de choix sur le marché local de la construction. Une situation qui s’explique d’une part par le manque d’information des populations et d’autre part par l’absence d’une volonté politique. L’exemple des écovillages en est une autre illustration patente. Après les beaux discours de son lancement, le passage de l’abstrait au concret souffre de déficit de moyens.
Quoi qu’il en soit, une chose reste sûre : en attendant un sursaut collectif, l’ère du béton à outrance semble encore avoir de beaux jours devant elle.

Ahmed DIAME


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