RESTAURANT TERRASSE D’ANVERS
Défraichis !

jeudi 3 février 2011

L’endroit est désuet, la cuisine soignée et la carte équilibrée entre sobriété et créativité. La salle est aérée et lumineuse. Le soleil y a ses entrées et s’invite à dorer encore un peu plus le parquet de la salle à manger. Promesse latente d’un parfait moment de détente....on verra !

Ne vous laissez pas berner par ses allures de boui-boui de quartier, ni par le sourcil interrogateur des habitués du restaurant La terrasse d’Anvers. Certains voient d’un mauvais oeil la « boboisation » excessive du quartier, la « cantinisation » exponentielle de ces rues, peuplé par une faune faussement décontractée, le quartier a cependant su conserver quelques adresses difficiles à dénicher, au détour de dédales de petites rues à l’écart des artères les plus passantes. En bref, le restaurant La terrasse d’Anvers est de celle-là.

La carte est assez limitée, la vaisselle aussi délicate qu’à la cantine scolaire (bons vieux verres Duralex et assiettes défraîchies), les tables de bois, de guingois, limite poisseuses. Ses chaises géantes, ses extravagances, l’alliance du classique, des dorures, du bleu et du blanc profond, du béton brut, des briques apparentes à l’ancienne. Mais qu’importe, et peut-être même cela ajoute-t-il au charme des lieux. On se sent drôlement bien dans ce restaurant parfait pour un « after work ».

La nourriture est correcte et très tournée vers le produit. On y trouve des classiques comme le carré d’agneau rôti ou des plats régimes (entrées à base d’artichaut par exemple) bien travaillés et soignés, bref une cuisine très tendance. Ils sont quatre aux fourneaux : pas de précipitation, le menu unique leur donne la maîtrise du tempo. L’entrée : un œuf (le crémeux), de la mâche (croquant) et des champignons (mou). Une astuce : un trait de jus d’orange sur la mâche, l’orange faisant par essence bon ménage avec le champignon et renvoyant, quand on l’associe à l’œuf, au breakfast à l’américaine. Ce qui suggère quelque chose d’immémorial, la stabilité de l’assiette se gagne là. Le plat : un pot-au-feu (sans viande, remplacée par du bar et des crevettes), plat de juxtaposition et surtout pas de mélange par excellence. C’est clair ici : chaque ingrédient est travaillé à part (la pomme de terre est marinée avec du gingembre et du thym, les crevettes ont pris le goût acide et sucré d’une marmelade de citron, cohabitent dans l’assiette). L’intensité de chaque fragment, sa vie propre, doivent primer sur la sacro-sainte harmonie générale. Mais ça, on l’avait compris depuis un moment.
Mais c’est définitivement la vue et de la terrasse du restaurant qui domine l’océan dans ce quartier de Yoff Tonghor qui est l’immense point fort du lieu et en fait un restaurant incontournable et hors du commun.

Aïssatou LAYE


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