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CONCEPTION DE WADE DES FEMMES
Eternelles « Mères Théresa »

dimanche 5 juin 2011

Wade croit-il réellement aux femmes ? Au dernier remaniement ministériel, il leur a servi un os coupé en quatre morceaux pour soulager sa conscience de défenseur de la condition féminine.

Dure à admettre, mais la vérité est blessante. Le dernier gouvernement a fini de convaincre que le président de la République, Abdoulaye Wade ne croit pas aux femmes. Sinon, comment comprendre ses choix qui confinent toujours la gente féminine aux fonctions sociales et féminines. Excepté l’effet de mode Mame Madior Boye à la primature et à la Justice, dans le système libéral, le féminin se conjugue aux départements sociaux. Les ministères dits de souveraineté leur sont une zone interdite. Les Finances, les Affaires étrangères, l’Armée, l’Intérieur sont des postes qui leur sont inconnus sous l’Alternance. Pire, elles s’entassent dans des départements dont la seule évocation conforte dans l’esprit de tout le sexisme de mauvais aloi qui habitent ceux qui les créent. Aïda Mbodj, ministre de la Famille et des Organisations féminines, Awa Ndiaye, ministre du Genre et de la Culture, Ndèye Khady Diop, ministre de la Petite enfance, Seynabou Ly Mbacké, ministre de l’Entreprenariat féminin et de la Micro-finance, Thérèse Coumba Diop, ministre de la Solidarité nationale et de l’Action sociale font presque le même boulot à des échelles différentes. Un cantonnement qui frise la stigmatisation : les femmes ne savent gérer que les questions féminines. Disons : le social et peu ou presque jamais d’économie, sinon des bouts de ministères comme le transport terrestre et la coopération, avec Nafi Diouf Ngom, le doublon de Karim Wade au féminin ou l’élevage avec Oumy khaïry Guèye Seck. Elles jubilent de leurs pouvoirs unisexes. Ces exceptions sont élargies à Aminata Lô, ministre chargée des Relations avec les Institutions et Ngoné Ndoye, ministre des Sénégalais de l’Extérieur. Et encore, la parité dont il se veut le précurseur est à des années lumières dans ce gouvernement.

Face à la sous-évaluation, nos élites politiques acquiescent devant l’insultant rabais de leurs compétences. Elles acceptent tout avec le sourire, même une fonction dévaluée ou sexiste. Raser les murs d’un sous-ministère, tel la Petite Enfance, n’émeut point nos bonnes dames. De puissante patronne de la Famille, des organisations féminines, Ndèye Khady Diop chute à la petite enfance. Elle a récolté des miettes qu’elle va partager de nouveau avec la directrice de l’Agence nationale de la case des Touts Petits, Aminata Samaké Sow à cette dernière tontine de Wade orchestré par Souleymane Ndéné Ndiaye. Elle saute au toit du building administratif au moment où ces partisanes ulcérées par sa rétrogradation font dans la menace. Bref, le ridicule ne tue point chez les Libéraux. Rares sont celles qui affrontent le Vieux. Aminata Tall, la seule, avec Awa Diop, à braver le Chef, a été mise en minorité et en quarantaine. Cette icône du Pds passée de l’autre côté de la barrière du pouvoir fut seule à réclamer plus de respect. Elle n’a pas hésité à cracher sur le gâteau servi par Wade dans un passé récent. Le courage en bandoulière, elle a poussé le bouchon jusqu’à sortir du parti qui l’a vu naître, grandir politiquement et qui l’a propulsée au pouvoir. L’égérie libérale n’a pu transmettre le virus de son courage à ses sœurs politiques qui, tout en lui vouant une certaine admiration la vilipende pour plaire au chef.

Famille éclatée, tube de l’été

Famille éclatée, c’est le nouvel opus de Wade. Le président de la République a composé un album de remix. Famille et Femme, ses thèmes préférés constituent le tempo et le rythme s’en va, lassant les oreilles au fil de l’écoute. Aida Mbodj, Awa Ndiaye, Ndèye Khady Diop, Seynabou Ly Mbacké, Thérèse Coumba Diop : un département à cinq têtes, c’est le reflet de l’idée que le président Abdoulaye Wade se fait des femmes. Une vision très réductrice de la compétence des femmes dans son gouvernement. Pourtant à l’aune de la parité, les femmes espéraient être au cœur de l’Etat. Peine perdue, les mêmes pratiques gouvernementales demeurent. Les femmes continuent de s’entasser à la porte de la famille, du féminin et de l’action sociale. D’éternelles « Mères Théresa » !

Mais, derrière le saucissonnage du ministère de la Femme et de la Famille, la mère a abandonné l’enfance qui se débat seule dans les bras de Ndèye Khady Diop. Voilà, la belle œuvre réalisée par un président en campagne. Pour mieux ferrer son électorat, Wade n’a pas hésité à diviser le socle familial pour servir sa clientèle politique et mailler le Sénégal. Aida Mbodj, l’édile de Bambey vient au secours des libéraux dans le Baol suite au départ de Aminata Tall et s’arroge la part de la lionne. Elle regroupe toutes les organisations féminines quand Awa Ndiaye va vaquer à ses programmes culturels. Enfin moins de télescopages entre les organisations africaines et internationales et celles internes. Mais, c’est quoi le genre ?

Boly BAH


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1 Message

  • heureusement que Aminata Niane est la pour redorer le blason de la gente féminine. tout a fait d’accord avec votre analyse, à croire que la parité nous a desservi, espérons une ministre des Finances ou du Budget, la présente Directrice de cabinet du Ministère des finances ferait bien l’affaire.

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