KARIM WADE, MINISTRE DES INFRASTRUCTURE DE LA COOPERATION INTERNATIONALE, DES TRANSPORTS AERIENS ET DE L’ENERGIE
L’enfant-roi

dimanche 5 juin 2011

Karim est le fils du président. Il en jouit et s’en réjouit, car il a tous les droits. En 2002 il s’installe au Sénégal pour travailler dans l’administration de son père. Il est nommé conseiller personnel du président de la République, chargé de la mise en œuvre de grands projets, tels que le futur Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) prévu à Diass, la restructuration des Industries chimiques du Sénégal (ICS) ou la mise en place d’une zone économique spéciale intégrée dans la capitale, devenant ainsi son homme de confiance, son expert financier, son watchdog selon la formule d’Abdoulaye Wade, lui-même. Jusque là chargé de dossiers plutôt techniques, Karim Wade franchit une étape []lorsqu’en juin 2004, il est nommé président du conseil de surveillance de l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (ANOCI) avec pour mission de préparer et d’organiser le onzième sommet de l’OCI. Cependant les travaux prennent du retard et l’opacité de leur gestion n’est pas du goût du président de l’Assemblée nationale, Macky Sall, qui demande des explications à Karim Wade et le convoque au parlement en octobre 2007. La convocation est aussitôt annulée par Abdoulaye Wade et Macky Sall, candidat potentiel à la prochaine élection présidentielle se trouve désormais en mauvaise posture. Sur le terrain, les infrastructures promises ne sont pas toutes achevées à temps (certaines sont encore en cours de réalisation), mais le sommet de l’OCI a bien lieu les 13 et 14 mars 2008 sans incident majeur. Le bilan officiel des élections régionales, municipales et rurales du 22 mars 2009 indique une défaite du camp présidentiel. Karim Wade, malgré son engagement dans la campagne, est battu dans son propre bureau de vote, au point E. Il est nommé ministre d’État par son père, en mai 2009, malgré ses déboires électoraux.
5 octobre 2010 : il est nommé ministre de l’Energie par son père, en remplacement de Samuel Sarr, ancien directeur de la Société nationale d’électricité (Sénélec) qui occupait ce poste depuis 3 ans.

Dans le cadre des révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks, Abdoulaye et Karim Wade sont décrits comme plus occupés à « ouvrir la voie à une succession présidentielle dynastique et à tirer les ficelles du monde machiavélique de la politique sénégalaise qu’à s’attaquer aux problèmes urgents que sont le prix élevé des denrées de première nécessité, les coupures électriques fréquentes ou la périlleuse émigration des jeunes vers l’Espagne ». Il occupe aujourd’hui les postes clés de la République avec comme portefeuilles ministérielles : ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et de l’Energie…ouf ! Après avoir géré les 432 milliards de l’Anoci, sans rendre compte, voila qu’on lui confie encore les 650 milliards du Plan Takkal. Il faut être le fils du président pour « mériter » de telles faveurs.

Aïssatou LAYE


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