Huilerie de famille - Une innovation dédiée à l’autonomisation des femmes et des jeunes

Le projet «Huilerie de famille» a été lancé le 26 mars 2015 à Dakar. Ce nouveau projet a pour objectif de favoriser le transfert de technologie par le savoir-faire d’extraction d’huile végétale, notamment de l’arachide. L’ « Huilerie de Famille » ainsi que la nouvelle machine de presse ont été présentées aux investisseurs et développeurs pour financement.

Un pas de géant est franchi dans la modernisation du secteur agricole, notamment la filière arachidière. En effet, le projet huilerie de famille a pour principal objectif un favoriser le transfert de technologie, du savoir-faire en matière d’extraction d’huile végétale, notamment d’arachide. De quoi créer des emplois durables pour les femmes et les jeunes.

A travers un atelier de lancement du projet, ses initiateurs ont partagé avec les différents intervenants de la filière arachidière du Sénégal les innovations et opportunités socio-économiques offertes par les actions concertées des principaux acteurs, dont M. Ousmane Sy Ndiaye, le coordonnateur général des programmes de l’académie diplomatique africaine (ADA). Le projet « Huilerie de famille » vise à faire jouer à l’agriculture un rôle déterminant dans la croissance de l’économie, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté, tout en renforçant la résilience des populations. « L’action de l’ADA au Sénégal s’inscrit comme pour la plupart des pays membres de la CEDEAO dans la mise en œuvre de l’Alliance Globale pour l’Initiative Résilience (AGIR) partenaire dudit projet », explique M. Ndiaye. Lui emboitant le pas, Benoit Ngom, le Président de l’ADA souligne que ce programme concerne l’ensemble des pays de la sous-région et rentre dans le cadre de la Vision 2020 de la CDEAO. Le Programme pour l’autonomisation des femmes, grâce au renforcement de leurs capacités financières et économiques, est aussi une contribution à la lutte contre la pénibilité dans les activités des femmes surtout en milieu défavorisé. « C’est avec bonheur que nous souhaitons mettre en œuvre ce programme en collaboration avec le gouvernement, notamment avec les ministères de l’Agriculture, des Femmes, de l’Industrie et du Commerce, ceux de l’Economie, des Finances, et de la Jeunesse…. en somme, tous les départements ministériels porteurs de projets de collaboration », a poursuivi le président l’Ada.

Un créneau d’emplois durables

En effet ce projet présente des solutions durables, pour la promotion et le développement des micro, petites et moyennes entreprises familiales et, enfin, l’optimisation des capacités entrepreneuriales des femmes et des jeunes. L’objectif de cet atelier de lancement du projet femmes et jeunes entrepreneures est de faire connaitre aux acteurs de la filière agroalimentaire, aux partenaires au développement, aux organisations des producteurs, aux associations de jeunes et femmes, aux décideurs et à l’opinion publique, le contenu du programme lancé par l’Ada en partenariat avec la CEDEAO . Aussi huilerie de famille a pour second objectif de partager avec le secteur privé, les entrepreneurs femmes et jeunes, les opportunités d’accès au marché, notamment d’export, par le truchement des partenariats commerciaux déjà obtenus. Enfin, il contribue à la croissance de la filière par la modernisation des processus de transformations agro alimentaire par le transfert d’une technologie certifiée et adaptée ainsi que du savoir-faire requis en matière d’extraction d’huile.

Stratégie de l’Ada

La stratégie de l’Ada pour ce projet est axée sur l’établissement d’un état rationnel des besoins des populations urbaines et rurales, ainsi que sur la mise en place de solutions innovantes, intégrées et durables d’accès au marché. A cela s’ajoute la promotion de réseaux d’entrepreneurs et d’emplois directs et indirects et, enfin, le renforcement du leadership socioéconomique des femmes et des jeunes. Pour cela, il est mis en place un dispositif de pilotage/coordination et de partenariat porté par « un noyau dur » constitué par le Fongip, le bureau international du travail (BIT), la Banque africaine de développement (BAD) à travers son projet d’appui à la promotion de l’emploi femmes et jeunes, l’Initiative pour le développement de l’Afrique et enfin, l’Académie diplomatique africaine(ADA).

Autonomisation des femmes et des jeunes

Le programme d’autonomisation des entreprises femmes et jeunes du Sénégal est l’une de la première modalité de mise en œuvre de la convention de partenariat entre la CEDEAO et l’Ada, signée le 15 août 2014 et, dont l’objectif fondamental rentre dans le cadre de la réalisation de la vision 2020 de la CDEAO dédiée à la réalisation de l’intégration des populations de l’ensemble des états membres pour une CDEAO des peuples. A cet effet, l’accent est mis sur la promotion de la croissance économique et de l’emploi dans la région, dans les différentes politiques communautaires et stratégies nationales en cours.

Pour rappel l’Académie diplomatique africaine (Ada) est une coalition internationale en faveur du développement de l’Afrique, qui regroupe des personnalités du monde politique et économique. Elle a pour vocation de favoriser l’émergence d’une diplomatie privée au service du développement durable, de la culture et de la paix, ainsi que de faciliter l’harmonisation des politiques extérieures des états africains sur certains enjeux majeurs pour le continent.

L’arachide, secteur à moderniser

e Sénégal a enregistré sur la période 2010-2013 une production annuelle moyenne de 677 450 tonnes d’arachide. En 2012 la production d’arachide a éteint 693 000 tonnes pour une superficie de 709 000 ha cultivés, soit un rendement moyen de 0, 977 tonne par hectare. Pour atteindre l’objectif d’une production annuelle de 1 000 000 tonnes d’ici 2017, des efforts devront être faits en vue d’augmenter les rendements moyens pour atteindre entre 1 et 1,4 tonne par hectare. Ceci se fera en reconstituant un capital de semences certifiées de qualité , en intensifiant davantage et mieux, en généralisant la mécanisation et en rendant plus formelles les relations d’affaires et les organisations de producteurs.

Selon les experts, dans les 600 000 tonnes produites annuellement, 250 000 tonnes sont traitées par la Suneor pour l’export, 50 000 tonnes serviront de semences et 100 000 tonnes sont sous forme d’autoconsommation et de sous-produit pour le bétail. Quant aux 200 000 tonnes restantes, elles sont livrées à des contraintes majeures de transformation en huile d’arachide pour la consommation nationale. Il agit de contraintes technologiques portant sur l’absence de machines adaptées et acceptées par les équipementiers et le consommateur sénégalais. Traditionnellement, la transformation est faite par les femmes (environ 82%) et les jeunes (18%). Ces 200 000 tonnes donnent en moyenne 600 000 litres d’arachide par an d’un coût moyen de 12 millions de FCFA par an. « C’est dans ce contexte que l’Ong Académie diplomatique africaine, liée à l’Etat du Sénégal et ses partenaires par un accord de siège, a décidé de soutenir la réalisation de l’objectif national de sécurité alimentaire prioritairement dans la filière arachidière », souligne notre interlocuteur. En effet, ce nouveau projet est la première composante d’un programme national dénommé programme d’autonomisation des entrepreneurs et jeunes du Sénégal. D’une durée de cinq ans, il regroupe une dizaines solutions intégrées pour la valorisation des produits dans les filières horticoles, oléagineuse, céréalière, fruitière et halieutique.

You may also like...

Add Comment Register



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>