HOMMAGE A Alassane Ndaw, notre doyen

C’est l’image que nous, enseignants de Lettres Modernes, en avons gardé. Le premier doyen africain de notre Fac de Lettres.
Mais pour lui c’était l’aboutissement d’une carrière déjà longue. N’avait-il pas représenté le Sénégal à l’Unesco ? Puis il avait été Chef de cabinet du Président Senghor ; puis muté au département de philo pour boucler sa thèse d’Etat et, la tâche accomplie, sa nomination pour remplacer le Doyen Moral.

On ignorait tout ce parcours, mais on était heureux. Car il n’y avait encore que très peu de profs africains à la Fac de Lettres. Et en Lettres modernes, deux exactement, Mohamadou Kane et Madior Diouf.

Avec le Doyen Ndaw le processus d’africanisation s’accéléra, mais pas « au rabais », car le Doyen avait là-dessus les mêmes préventions que Senghor : « pas d’africanisation au rabais ». Et donc ces premiers assistants sénégalais furent très sérieusement sélectionnés.

Mais combien plus proche était le Doyen Ndaw de ses collègues comme des étudiants. Sans rien perdre de son autorité, il savait accueillir, écouter, comprendre, prendre les mesures adéquates.

Sa proximité avec Senghor (qui avait préfacé sa thèse sur La pensée africaine) permit au Président d’être toujours relié, en phase avec les professeurs de la Fac de Lettres, malgré les graves perturbations estudiantines et les années blanches qui troublèrent le Campus de 1972 à 1980.

Alassane Ndaw fut alors le « passeur » entre Senghor et la Fac, pour obtenir qui une audience, qui une bourse, qui un voyage d’études ; ou pour organiser des colloques ; comme celui des philosophes en 81 où Senghor clôtura son règne en nous recevant tous au Palais.

Senghor parti, ce fut encore le Doyen Alassane Ndaw qui, sur un signe d’Abdou Diouf (et à l’initiative de quelques amis), entreprit de régulariser avec diligence la situation universitaire de Cheikh Anta Diop. Et fit que ce dernier put enseigner enfin au Département d’Histoire durant 4 ans, avant sa mort…
Très utile donc, comme l’article précédent de Mamousse l’a démontré, cet Intellectuel subtil, perspicace, extrêmement diplomate, et profondément positif.

  • Détestant les vains débats, abhorrant tout excès comme toute violence, il choisissait la négociation plutôt que l’affrontement. Et sans modifier en rien son objectif qui toujours était « le bien public », le Naja préférait l’optatif que l’impératif, la persuasion plutôt que l’injonction.
  • « Très Grec, par sa mesure » devait penser Senghor ; « Très vieil initié africain » aurait estimé le sage Hampaté Ba.
  • Vous nous manquerez, Doyen Alassane Ndaw, vous nous manquerez beaucoup.

Mamadou Souley BA, Amadou Ly, Lilyan Kesteloot

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