«Quelles orientations stratégiques pour construire des logements de qualité à des coûts en adéquation avec les revenus des Sénégalais» ? Tel est le défi que s’est lancé la SN HLM.

La Société nationale des habitations à loyer modéré (Sn Hlm) s’engage à mener une nouvelle orientation en matière d’habitat social. Elle a organisé, par conséquent, un séminaire de deux jours sur son repositionnement institutionnel et stratégique. L’objectif est d’élaborer un plan consensuel de repositionnement afin de retourner à sa vocation originelle : produire massivement des logements de qualité à des prix accessibles. Venue présider la rencontre, la ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mme Khoudia Mbaye, a salué la tenue de ce séminaire et déclaré : «la Sn Hlm, dans l’exécution de sa mission, ne doit pas perdre de vue qu’elle travaille pour les Sénégalais sur des logements de qualité à des coûts en adéquation avec leurs revenus. Ainsi, elle doit s’ouvrir à toutes les catégories sociales dans le cadre d’une offre de service globale qui réponde aux nouvelles exigences». De l’avis de Mme Mbaye, repositionner la Sn Hlm, c’est lui permettre de retrouver son leadership dans la construction et de l’amener à reconstituer son parc locatif. «C’est une société qui a eu à donner des réponses appropriées dans la prise en charge des questions de logements sociaux», a affirmé Mme Mbaye, selon qui ce séminaire doit amener la Sn Hlm à «refaire des logements de qualité et à des prix accessibles». Selon le Directeur général de la Sn Hlm, Ibrahima Wade, la société d’habitat ambitionne de rendre accessibles les logements sociaux à tous les Sénégalais, ce qui constitue une des nouvelles priorités définies par le président de la République, Macky Sall. «Nous devons réinventer l’avenir de notre société. Notre objectif est de retrouver notre place de numéro 1 de l’habitat en général et dans l’habitat social en particulier», a soutenu M. Wade. Pour y arriver, indique le Directeur général de la société d’habitat, la Sn hlm doit s’appuyer sur son passé pour réinventer un avenir en apprenant de ses erreurs. Pour le ministre, le pari est donc lancé : retrou¬ver la première place dans l’habitat social. «Cette ambition est la seule réponse appropriée aux besoins des Sénégalais dont la majeure partie détient des revenus faibles», a-t-elle dit. Elle poursuit : «Donc, repositionner cette société,  c’est retrouver les raisons pour lesquelles elle a été mise en place, c’est-à-dire faire des logements de qualité à des prix accessibles».

A en croire la ministre de l’Habitat, pour aider l’Etat à mieux résoudre le problème de logements sociaux, la Sn Hlm ne doit pas être une société ayant pour vocation de faire des bénéfices comme le privé. «Si des privés proposent des logements à 15 millions de F Cfa, il est intolérable que la Sn hlm en propose  plus chers. Sa première mission n’est pas de faire de l’argent. C’est une société de l’Etat qui doit accompagner le gouvernement dans sa politique de promotion du logement social. Donc, elle doit faire tirer les prix vers le bas», a martelé Mme le ministre. Elle reconnaît toutefois qu’il peut y avoir des contraintes de fonctionnement et de gestion, mais cela ne doit pas prendre le dessus sur l’impératif de proposer des prix bas. Le directeur général de la Sn Hlm a rappelé aux séminaristes que le président de la République a érigé l’habitat social en priorité. Ibrahima Wade a soutenu que sa structure doit être le «leader» dans l’atteinte de cet objectif. En tant qu’instrument de l’Etat, a-t-il dit, «la Snhlm se doit de produire des logements de qualité à des coûts en adéquation avec les revenus des Sénégalais».

Condamnée à réussir

La ministre Mme Khoudia Mbaye, a invité la Sn HLM à s’adapter au contexte actuel, en s’orientant vers des logements accessibles et de qualité. Pour elle, le repositionnement de la Sn Hlm et de la Sicap est plus qu’une nécessité. Car, précise-t-elle, cela va permettre à l’Etat de mieux réguler le secteur immobilier, mais aussi de donner l’opportunité aux populations démunies de disposer d’un toit à moindre coût. «Vous êtes condamnés à réussir votre mission de construction de logements sociaux. La tutelle est là pour vous accompagner le plus loin possible ; sinon vous disparaîtrez. La Snhlm et la Sicap doivent travailler ou disparaître au profit des privés», a insisté Mme Mbaye, avant de poursuivre : «les sociétés privées sont des partenaires de l’Etat, tout le monde a sa place sur le créneau, il suffit que chacun  joue son rôle».

Ainsi, elle a fait comprendre à la Snhlm  que la politique de l’Etat, c’est de trouver du foncier non seulement pour la Sn hlm et la Sicap, mais aussi pour les promoteurs privés. Mais, a-t-elle expliqué, durant ces dix dernières années où l’Etat n’a pas donné à ces sociétés le foncier, ce sont ces privés qui ont assuré.

«UNE BONNE INITIATIVE DU PSE »

Selon Khoudia Mbaye, cette intention de repositionner la Snhlm doit être considérée comme une bonne initiative, d’autant plus que l’habitat social est aujourd’hui considéré comme un des piliers dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse). Pour M. Wade, la Sn Hlm doit contribuer activement à ce plan pour réaliser le maximum de logements possible, conformément à la vision du Pse. Le Dg a annoncé quelques projets majeurs qui entrent dans ce cadre. Il s’agit du pôle de Diamniadio avec des projections de 4.500 unités d’habitation, 3.400 logements et 1.000 parcelles viabilisées avec les équipements nécessaires. Il a révélé que pour cette année, la Sn Hlm compte réaliser 565 logements avant décembre. Le président du conseil d’administration de la Snhlm, Moustapha Fall, a reconnu que la Sn Hlm a perdu sa vocation initiale, celle de la promotion du logement social. Il a dit son espoir de voir cet instrument de mise en œuvre de la politique en matière d’habitat se conformer, dans son programme 2015, à la vision du chef de l’Etat, Macky Sall. D’après lui, le repositionnement ne se fera pas sans passer par un retour net vers le logement social. «Mais avec le programme de  logements sociaux de 2015 nous allons y remédier», a promis le Pca de la Snhlm. Selon Mme Mbaye, depuis plus de dix ans, la Snhlm et la Sicap (Société immobilière du Cap-Vert) n’ont pas bénéficié de foncier, alors que les promoteurs privés en ont obtenu et continuent d’en bénéficier. Le ministre a ajouté que la tutelle est disposée à accompagner la structure mais qu’elle n’entend pas «mourir avec elle». Le Dg de la Snhlm a souligné que l’objectif de ce séminaire est d’aider la structure à retrouver sa place de numéro 1 de l’habitat, en général et social, en particulier.