Guinée Equatoriale 2015 - Giresse : «Mongomo, ce sera compliqué»

A 11 jours de son entrée à la Can face au Ghana, Alain Giresse et le Sénégal font face aux éventuels forfaits de Sadio Mané (Southampton) et Diafra Sakho (West Ham). Mais ni la pression des clubs, ni les mauvaises conditions d’accueil de Mongomo ne démontent l’ambition du coach Alain Giresse qui se prépare au Maroc.

quoi s’attendre à Mongomo ? A une bataille de leadership entre le numéro un et mondialiste, Algérie ; le Ghana, éternel favori de la Can : le Sénégal, Lion toutes griffes dehors et pressé de laver l’affront de Bata ; et l’Afrique du Sud qui rêve de grandeur ? A de grands matches, peut-être. Au spectacle, peu sûr. Ces belles équipes sont confrontées à de mauvaises conditions ne permettant pas un beau jeu. Mongomo est dépourvu d’infrastructure sportive et offre peu de confort. «Cela peut avoir des répercussions sur le comportement des joueurs et des incidences sur la performance», avertit Alain Giresse, le coach national des Lions du Sénégal.«A Mongomo, il n’y a pas de bons hôtels. Il y a un terrain d’entraînement, plus un autre à une heure de route. Le tout pour quatre équipes», s’étrangle Giresse. «Figurez-vous qu’on va procéder à des tirages pour le terrain d’entraînement», s’offusque Yoann Gurcuff, le coach de l’Algérie. La répartition de la Caf laisse dubitatif Giresse. Perplexe, il balance sur un ton de dépit : «Ce sera compliqué, on ne sait pas à quoi s’attendre à Mongomo ?».

A Mongomo le Ghana, l’Algérie, le Sénégal et l’Afrique du Sud ont un quatrième adversaire : la ville de Mongomo ! Cette ville -village du président Obiang Nguema, grande attraction de la Can 2015- n’a pas belle image chez les footballeurs. Le seul atout de cette cité située à 600 mètres d’altitude, c’est le «temps agréable». Ce point peut influer sur l’état physique. Mais, le caractère improvisé de cette délocalisation de la CAN 2015 du Maroc à la Guinée Equatoriale, ne saurait être «un prétexte», selon Abdoulaye Sow, deuxième vice-président de la Fédération sénégalaise de football, qui préconise d’avoir un «bon mental». Et Giresse invite à «s’adapter aux conditions sur place».

Lors des éliminatoires, les Lions avaient démontré au Caire, à Monastir, ce trait de caractère. A El Jadida, le travail physique et psychologique sera renforcé, décuplé. Le Sénégal effectue ses premiers essais sur la Guinée et le Gabon (le 9 et le 13). Et le 19 janvier face au Ghana, il tentera de réciter ces cours de «vivre ensemble, s’entraîner ensemble au quotidien, avec une idée commune en tête », appris lors de la préparation au Maroc. Gage de la «réussite de la phase finale». En fait, c’est dans l’art de «savoir passer du temps ensemble» que réside la vitalité et la force d’un groupe. Il scelle les unions et crée une ambiance qui se traduit sur le terrain. Plus, la vie de groupe est saine, plus l’équipe est performante. Mieux, El Jadida offre un cadre idéal pour une bonne forme physique. Giresse : «Il ne fait ni trop froid, ni trop chaud». Le Sénégal rejoint la Guinée-équatoriale le 16 prochain.

En favori ou en outsider ? «On se prépare pour faire une bonne Can. Seul le terrain est juge», répond Gigi. «Si nous ne sommes pas assez forts, on ne passera pas», décrète-t-il. Tout juste souhaite-t-il que le vent qui bouscule la hiérarchie dans le football africain ces deux dernières Can, continue de souffler sur la Guinée Equatoriale. En 2012, la Zambie a surpris en finale la Côte d’Ivoire, devenant championne d’Afrique ; en 2013, le Burkina a beaucoup gêné le Nigeria, vainqueur en Afrique du Sud. Alors, il est bien permis de rêver qu’une équipe sans palmarès comme le Sénégal brille à Malabo au soir du 8 Février. Cette génération d’après Londres 2012 a envie de marquer l’histoire, en attestent leurs différentes interviews bruissant de «c’est le temps de gagner la Can». N’est-ce pas Diafra ?

La Can et les clubs, l’éternelle guerre.

Faire face aux pressions et conditions, encore et toujours, serait un bon slogan pour les jeunes joueurs africains et les fédérations africaines. «Toutes les sélections africaines ont les mêmes problèmes et il faut que les choses changent et que les clubs sachent que nous ne sommes pas des irresponsables qui jouent avec la santé des joueurs», s’énerve Abdoulaye Sow, 2e vice-présidenct de la Fédération sénégalaise de football. L’homme est en rage contre West Ham. Le club employeur de Diafra Sakho a envoyé 18 courriers à la Fédé. Il se plaint sans arrêt -il a accusé la Fsf d’être la cause de la gravité de sa blessure au genou lors des matches contre le Botswana et l’Egypte- mais le summum c’est quand West Ham a demandé à la Fédé de «leur produire la police d’assurance des joueurs». Pis, il a menacé la Fédé de lui faire «payer des dommages et intérêts équivalant à la valeur marchande du joueur sur le marché, en cas de problème».

Tout comme West Ham, Southampton fait des siennes. L’équipe de Sadio Mané l’a déclaré forfait de la Can par la voie du coach Ronald Koeman. Il annonce de quatre à six semaines d’indisponibilité de Sadio Mané. Cet avis contraste avec celui de son avocat, Moustapha Kamara, qui fait état d’une à deux semaines. Victime d’une blessure au bas de la cuisse droite, l’attaquant sénégalais va rejoindre l’équipe, le 11 à El Jadida. Et l’avis médical fédéral sénégalais décidera de sa présence ou non pour Mongomo. Tout porte à croire que Sadio Mané sera de l’expédition équato-guinéenne. Même s’il reste sur le banc durant toute la compétition, parce que Sadio c’est une des pièces maitresse de la locomotive d’Alain Giresse. Jusqu’au 19 janvier, avec «le jocker médical», il peut effectuer des changements. Diafra Sakho qui souffre du genou depuis août et Sadio Mané, vont rejoindre le groupe des 23 joueurs de Giresse.

Malgré les nombreuses manipulations des clubs anglais, la Fsf fait face. Ces cas Sadio Mané et Diafra Sakho indiquent la tension permanente entre la Can et les professionnels évoluant en Europe. De tout temps, les dates-Caf ont gêné les clubs européens, condamnés à laisser partir leur meilleurs éléments en pleine saison et cela tous les deux ans. Pour l’heure, les textes Fifa font office de police et contraignent les employeurs à les libérer. La Caf campe sur sa décision d’organiser une compétition en début d’année. Mais dans ce duel, c’est le joueur africain qui paie souvent le prix fort. Les joueurs subissent beaucoup de pression. De part de leurs clubs et de leur pays. Ils vivent le drame, car c’est difficile d’effectuer un choix entre la carrière et la patrie. Sur le plan purement sportif, certains perdent leur place de titulaire, même s’il arrive que d’autres font grimper leur valeur marchande et booster leur carrière avec la Can. Pour rappel, certains présidents de clubs avaient jubilé en apprenant la demande du report de la Can par le Maroc pour cause d’Ebola. ­­­

2015

De l’or et des records

Adieu 2014 et ses piètres records, 2015 arrive avec son présent doré ( ?).. La qualification des Lions à la Can et un huitième mondial des Lions du basket ouvre un boulevard d’espoir.
Le Sénégal tarde à prendre son essor en sport. Mais a terminé l’année démarre par une belle note d’espoir avec les Lions du football, candidat à Guinée Equatoriale 2015. Ils rêvent d’ouvrir le palmarès et un titre serait une belle affaire pour le Sénégal. A Alain Giresse et à ses joueurs d’en faire une réalité. Alain Giresse, l’évasif, campe le décor de l’incertitude mais travaille pour une compétition réussie. On se prépare pour faire une meilleure Can. Giresse : « La Can réussie, c’est la Can gagnée ». Le sport sénégalais va-t-il rebondir en 2015 ?

Les Lions du basket doivent passer par l’obstacle du Mali pour rêver de reconquête africaine. Les coéquipiers de Gorgui Sy Dieng, auteur de belles performances à la Coupe du monde de basket «Espagne 2014», ont signé leur première victoire dans cette compétition. Le 21 février prochain, les Lions de la balle orange tenteront un nouveau record africain, qui passe par le Mali. L’Afrobasket masculin aura lieu en Tunisie. Le Sénégal n’a plus brandi Dame coupe depuis Dakar 1997.

En athlétisme, la grande perte de Kassé Hanne, l’athlète qui a opté pour un changement de nationalité sportive, du Sénégal à la France, va laisser des traces. Le hurdler, finaliste au mondial de «Moscou 2014» et demi-finaliste aux Jo de «Londres 2012» laisse la discipline orpheline. Ces dernières années, il était son fer de lance, mais ne cessait de déplorer ses mauvaises conditions pour un athlète de haut niveau. Il symbolisait le futur médaillé sénégalais à Rio 2016.

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