Foire internationale de l’agriculture (FIARA) - LE PLUS GRAND « LOUMA » DU SENEGAL MENACE

Du 26 mars au 12 avril 2015, le Cices abritera la 16ème édition de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (Fiara), sous l’égide du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr). Mais des pratiques anormales sur les corridors d’échanges de l’espace Cedeao, des déficits de communication…hantent le sommeil des organisateurs.

haque année, ils sont des centaines d’exposants étrangers à entrer au Sénégal à l’occasion de la Fiara. Qui s se plaignent encore, après seize années, des difficultés rencontrées lors de la traversée aux frontières. Alors que, selon le président du comité d’organisation, Boubacar Cissé, les pays membres de la Cedeao, dont le Sénégal, ont institué la libre circulation des personnes et des biens dans cet espace géographique. En dépit de cette loi qui est le pilier fondamental de l’intégration, ces étrangers qui ne viennent que pour participer à la Fiara sont victimes de mesures de contrôle excessives, sont persécutés, s’ils ne sont pas simplement assujettis à des extorsions de fonds. « On leur demande de payer des taxes qui sont infondées, qui ne s’expliquent pas ». Les contrôleurs profitent de l’ignorance de ces gens pour leur soutirer de l’argent. Selon M. Cissé, il y a une persistance des entraves sur les axes routiers et aux frontières terrestres, faites de rackets, d’intimidation et de harcèlement de la part des agents de police, de gendarmerie, des douanes, etc. Les organisateurs de la Fiara clament leur désapprobation et ont estimé nécessaire d’inciter les autorités à alléger les charges financières des étrangers qui passent par les frontières. C’est pourquoi, dit Boubacar Cissé, des mesures doivent être prises par le Sénégal pour mettre fin à cette injustice afin d’éviter d’éventuelles conséquences sur la Fiara et d’asseoir leur défense commerciale dans la sous-région. « Cette injustice constitue une grave menace à la Fiara. Elle peut amener ces étrangers à renoncer à leur participation », dit-il. M. Cissé de déplore par ailleurs, s’agissant de la libre circulation des marchandises, la faiblesse du commerce intracommunautaire. Après une analyse de la situation, Boubacar Cissé, a relevé une méconnaissance des textes de la Cedeao aussi bien par les agents de contrôle que par les populations elles-mêmes. C’est pourquoi, a-t-il annoncé que « le comité a prévu de faire en sorte que les textes relatifs à la libre circulation des personnes et les lois sur les taxes soient connus d’eux ».

L’ENFER AU NIVEAU DES FRONTIERES

Depuis 16 ans, cette foire-exposition a su évoluer pour accueillir les produits du terroir sénégalais et d’autres pays africains, tout comme asiatiques, européens…. Ayant ouvert ses portes en 1999 à la Place de l’Obélisque, elle a été délocalisée en 2010 à sa onzième édition au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices), un local plus grand et professionnel. Une délocalisation souhaitée et saluée par l’ensemble des exposants. Selon Boubacar Cissé, la Fiara a grandi. « Il relève de notre responsabilité de l’ouvrir à toute la sous-région. Ça l’est déjà, mais il faut lui donner une dimension comparable à ce que le Fespaco représente dans l’industrie cinématographique sur le continent », a-t-il souligné.

PROBLEMES DE COMMUNICATION

En dépit des avancées significatives, la Fiara qui est devenue la plus grande manifestation agricole sénégalaise, demeurant plus que jamais le rendez-vous incontournable des différents sous-secteurs de l’agriculture, est confrontée à des contraintes. Selon le président du comité d’organisation, Boubacar Cissé, le nombre de participants ne cesse de s’accroître. Car, a-t-il expliqué, la Fiara a des participants fidèles. « Les régions du Sénégal y participent pleinement, avec l’appui des mairies. De même que les pays de la sous-région et ceux du Maghreb. Nous avons reçu des appels de leurs autorités pour faire participer leurs concitoyens ». En dépit des avancées importantes que la Fiara a connues au niveau international, Boubacar Cissé a reconnu des manquements. « Il y a des progrès, mais des efforts restent à faire », admet-il. Cissé décline la difficulté à laquelle est confronté la Fiara, depuis sa première édition. Il s’agit, selon lui, du problème de communication. « Nous manquons de moyens en terme de communication. Recevoir plus d’étrangers nécessite une communication plus professionnelle. Et pour y parvenir, il faut un déplacement », a-t-il souhaité. Avant d’ajouter que « le comité d’organisation de la Fiara doit se rendre dans ces pays pour rencontrer les organisations paysannes afin de faire la promotion et donner plus de visibilité à l’événement ». Mais, malheureusement, depuis la première édition en 1999, « le comité fait passer la communication aux étrangers par le mailing aux chambres d’agriculture ou par leurs ambassades ». « Mais rien ne vaut un déplacement plus organisé. Avec ça on pourra avoir plus d’exposants », a ajouté M. Cissé. A l’en croire, les acteurs de ladite foire n’ont pas manqué à dire à l’Etat de soutenir la manifestation sur le plan communicationnel. La question se pose est d’y remédier très vite afin d’en faire une véritable rencontre agricole en vue d’atteindre des records de fréquentation.

UNE OPPORTUNITE UNIQUE POUR DES MILLIETS DE VISITEURS

La Fiara est marquée par de grands moments d’échanges et de négociations de partenariat entre agro-industriels et organisations de producteurs. Elle est également réputée pour ses conférences/débats qui portent sur tous les domaines liés à l’agriculture au sens large : la sécurité alimentaire, le foncier, la protection de l’environnement, l’élevage, la foresterie et les chaînes de valeur et, plus particulièrement, sur la commercialisation des produits agricoles. Des débats au cours desquels des individus ayant une expertise avérée invités par les organisateurs exhibent les manquements de chacun des sous-secteurs de l’agriculture susceptibles de plomber le secteur. Au menu, cette année, seront « des échanges par rapport aux politiques agricoles du Sénégal ou des pays de la sous-région ». Les échanges et les négociations de partenariat débouchent sur l’exposition, par des Sénégalais tout comme des étrangers, des différentes espèces et races animales et halieutiques ainsi que leur sous-produits. Il y a également la présentation de matériels et techniques agricoles. Le président du comité d’organisation Boubacar Cissé a annoncé 900 exposants venus de 20 pays et projette près de 1800 visiteurs par jour.

Focus
LE PROGRAMME AUTOSUFFISANCE EN RIZ

e Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar) à l’horizon 2017 sera au cœur de cette édition. Le thème central est en effet l’autosuffisance alimentaire. « Quand l’Etat parle de l’ambition d’autosuffisance en riz, c’est nous qui sommes interpelés », a dit le président du comité d’organisation de la Fiara, Boubacar Cissé. Les acteurs de cette manifestation ambitionnent d’accompagner l’Etat à relever ce défi, estimant que cela passe par la levée de la contrainte relative à des préjugés encore tenaces chez beaucoup de consommateurs sur la qualité du riz local. À travers cet évènement, ils veulent rapprocher le produit au consommateur. Il s’agira de permettre à des producteurs rizicoles de venir exposer et vendre du riz produit au Sénégal. Selon M. Cissé, le manque d’information sur les avancées qualitatives constitue un obstacle majeur à la consommation du riz local. « Nous sommes convaincus que si les gens découvrent ce riz, ils constateront qu’il est d’excellente qualité », a-t-il soutenu, avant d’ajouter que les organisateurs ont prévu cette année d’aller plus loin. Pour cette édition, la Fiara « s’inscrit dans le cadre de la politique sous-régionale pour promouvoir et atteindre non seulement de l’autosuffisance alimentaire en riz, mais aussi en céréales sèches ».

Lors de cet événement, de l’avis de M. Cissé, il y aura une innovation avec des journées de « téranga » (hospitalité), de « sargalanté » (décorations) et de « njukkel » (hommage), prévues dans la pure tradition sénégalo-africaine, à l’honneur des personnalités, des organisations et des institutions qui ont marqué le monde paysan. « L’objectif de ces journées a-t-il ajouté, est de célébrer le travail en milieu rural, de le valoriser et d’amener les populations rurales à s’auto-estimer et à faire davantage apprécier le fruit de leur travail ».

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