Financement des Pme/Pmi - L’Unacois opte pour le dialogue public-privé

Face aux contraintes auxquelles sont confrontés ses membres, L’Unacois-Jappo s’est livré à un diagnostic sans complaisance dans les 14 régions du pays pour leur faciliter l’accès au financement en tablant sur le dialogue public-privé. Ce travail a fait l’objet d’un atelier tenu le 23 décembre au Terou-bi, avec l’appui du Centre International pour l’Entreprise Privée (CIPE). Les commerçants et industriels de Colobane ont ainsi lancé un programme de développement de la PME sénégalaise pour 2015, à la lumière de la vision du Plan Sénégal émergent (PSE).

outes les branches d’activité des membres de l’Unacois ont été passées en revues à travers les 14 régions du pays, pour identifier les contraintes et proposer des voies de solutions. Deux axes majeurs se sont dégagés : la formation technique et la formalisation ; ainsi que le renforcement des capacités en vue de faciliter l’accès au financement et aux investissements. Ouvert par le ministre du Commerce Alioune Sarr et le Président national de l’Unacois-Jappo Idy Thiam, le travail de diagnostic présenté par le Secrétaire permanent Ousmane Sy Ndiaye a été partagé avec les représentants de toutes les structures d’encadrement technique de l’Etat, y compris le Fongip, le Fonsis et la Bnde, des différents départements ministériels et démembrements concernés, des partenaires techniques et financiers (UE, AFD, GIZ, USAID, JICA) et des établissements bancaires. Cette rencontre répondait aux préoccupations exprimées lors de l’atelier du 2 septembre 2014, autour du dialogue public-privé orienté PME, avec le soutien de la coopération allemande (GIZ). L’initiative consacrée au démarrage du cadre de dialogue public-privé (CDPP) avait en effet pointé du doigt un déficit de communication au sein du secteur financier devant prendre en charge le PSE. «Le secteur bancaire et le monde de l’entreprise ne communiquent pas », avait dit notamment Mme Oulimata Diop, la Directrice de la monnaie et du crédit du MEFP. L’atelier tenu au Pullman avait aussi permis de dégager les faiblesses des PME/PMI sénégalaises, notamment leurs besoins de formation pour la confection de business plans et pour pouvoir mieux se présenter devant les structures de financement. Autant de questions qui, relèvent des neuf contraintes identifiées par l’Unacois dans l’objectif d’accompagner les exigences du PSE.

Un déficit de communication PME-Secteur financier

Le séminaire du 23 décembre sur le thème « Mobiliser les partenaires public pour l’appui technique et l’encadrement des PME au Sénégal » s’avère également n’être qu’un jalon nécessaire, après l’amélioration du cadre fiscal et juridique préconisé par le Secrétaire permanent Ousmane Sy Ndiaye (lors d’une interview dans la Gazette), pour permettre à la PME sénégalaise de jouer pleinement son rôle de créateur de plus-values, d’emplois et de richesses en général. C’est une étape de plus face à la prise de conscience des faiblesses du tissu économique sénégalais, qu’avaient amplement illustrées les participants à différentes rencontres d’affaires telles que le premier Roadshow Sénégal/Inde du 3 juin 2013 à Dakar. En effet, une situation économique incongrue avait été mise en lumière d’abord par le ministre du Commerce lui-même qui trouvait inacceptable que nous importions des produits d’usage courant comme « les cure-dents, les clous, de la craie, du papier toilette, du savon, des chaussettes, des stylos à bille, des emballages, etc. » Mieux, les participants s’étaient étonnés de voir le sel bradé à 20 FCFA le kilo pour revenir sous forme de sel fin importé à 1 500 FCFA le kg. Enfin, comment comprendre que le Sénégal puisse importer du jus de mangue de pays qui n’en produisent pas (Arabie Saoudite, Liban, France) alors que sa production pourrit en Casamance et ailleurs, faute de transformation ? Faisant écho aux partenaires indiens qui proposaient des technologies simples et peu coûteuses, les participants avaient encouragé la mise à contribution des résultats probants de la recherche-développement, notamment à l’ITA et à l’ISRA. Encore qu’il faille aller vers la mise à niveau des entreprises pour pouvoir bénéficier du soutien des nouveaux mécanismes mis en place dans le cadre du PSE, à savoir le Fonsis, le Fongip et la BNDE.

Des réalités économiques incongrues

C‘est dans cette optique que l’Unacois a décidé de « la mise en place d’une plateforme des services moderne et adaptée aux attentes socioprofessionnelles du Sénégal», pour l’opérationnalisation de son programme de développement des PME 2015. Ainsi entend-elle établir des partenariats avec les institutions concernées qui étaient toutes représentées à la réflexion. C’est pourquoi, à l’issue des présentations de MM. Ousmane Sy Ndiaye, sur les contraintes auxquelles les PME sont confrontées, Gnambi Sonko, expert consultant, sur l’offre de services de la plateforme de l’UNACOIS Jappo, de Mme Kadio Fofana Diop de l’APIX, sur les services aux porteurs de projets, un riche débat a permis de dégager des orientations, avec les éclairages des équipes eu Fongip, de Gaïndé 2000, de l’Adepme, de l’Asepex, des douanes, etc. Il en a été retenu la nécessité de développer des synergies entre les structures d’appui au secteur privé, renforcer l’information et la vulgarisation, parachever la formalisation du secteur informel et élaborer une matrice d’actions dans le cadre de la plateforme de services. Une démarche méthodique vers plus de professionnalisation a vu le jour.

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