Les élections locales du 29 juin dernier sont marquées dans la banlieue par un faible taux de participation, qui s’explique par le fait que les électeurs ont semblé tourner le dos aux urnes. A preuve, le marché hebdomadaire de Pikine Icotaf a draîné des foules, les commerces ayant ouvert leurs portes, plusieurs personnes préférant se consacrer à leurs activités habituelles.

Les discours des politiciens n’ont-ils pas su véritablement accrocher les électeurs ou les électeurs sont las d’élire  des maires incapables d’apporter des solutions concrètes à leurs préoccupations ? Force est de reconnaître qu’au plan de la participation, les Locales ont frisé le fiasco. Le faible taux de participation traduit une certaine défiance de l’électorat.  A l’image des autres circonscriptions, Pikine et Guédiawaye n’ont pas enregistré un engouement populaire. Un comportement qui contraste avec l’intérêt manifesté par les populations au cours de la campagne.  En effet, jusqu’à des heures avancées de la nuit, les caravanes ont continué à rivaliser d’ardeur, de savoir-faire, de témérité et de mobilisation. De telle sorte que l’on s’attendait à un taux de participation beaucoup plus signifiant.

Mody Ndiaye, membre d’une coalition, voit dans cette forte abstention, le rejet des politiciens par la population qui n’a cessé d’élire des Maires qui ne leur apportent pas grand-chose.

Mame Penda se désole que malgré la pléthore de candidats qui briguent les mairies, « nos difficultés persistent », elles sont même devenues plus ardues.

En  réalité, même si le secteur de l’emploi ne constitue pas une compétence transférée, les maires se doivent de trouver une solution à cette préoccupation qui touche une bonne partie de la population. Il est dans tous les cas déplorable que les maires, sous ce prétexte, semblent croiser les bras face à cette importante demande sociale qui frappe de plein fouet de nombreux jeunes essentiellement des exclus de l’école.

Mme Dramé est convaincue que, n’eussent été les ateliers de mécanique, de menuiserie métallique et bois, l’artisanat de manière générale et le petit commerce,  qui absorbent plusieurs jeunes, le chômage de cette catégorie sociale allait atteindre des proportions  beaucoup plus inquiétantes.

Dans tous les cas, la tâche incombe aux maires de trouver des alternatives capables  d’occuper les jeunes en finançant des activités et programmes culturels et artistiques en mettant en œuvre des studios d’enregistrement. Ce qui permettra aux jeunes talents de voler de leurs propres ailes, à défaut de les aider dans le cadre de leur formation dans divers secteurs d’activités économiques.

De toutes les façons, les électeurs auront à regretter d’avoir boycotté le scrutin du 29 juin dernier, pour diverses autres raisons liées au spectre sans fin des inondations dès la tombée des toutes premières pluies, sans compter que beaucoup d’habitations sont démolies ou abandonnées.

Les populations cohabitent avec les hautes herbes et les eaux stagnantes et polluantes, avec tous les risques liés à l’éventuelle présence de reptiles et autres animaux indésirables. De solides raisons de participer massivement aux élections pour changer les choses en procédant à l’élection de nouvelles équipes beaucoup plus soucieuses des préoccupations du plus grand nombre de populations.

Dans le cadre de l’assainissement, tout reste à faire de l’avis d’une commerçante qui a requis l’anonymat, estimant que dans la presque totalité des rues de la banlieue, les eaux usées sont déversées sur la voie publique,  l’éclairage des quartiers constituant l’un des points faibles des collectivités. Selon elle, il a fallu attendre quelques jours avant le début de la campagne pour constater des travaux relatifs à un programme d’électrification solaire, explique la dame.

L’étudiant rencontré devant un centre de vote ne trouve aucune excuse pour les maires qui, selon lui, auraient pu trouver des solutions aux problèmes de transport de ses pairs inscrits dans les instituts et universités de Dakar, sans compter la santé qui bien qu’étant une compétence transférée, se trouve  de son point de vue, dans une passe assez difficile avec un manque criard dans divers domaines.

Mieux, certains services techniques municipaux ne disposent d’aucun matériel lourd capable de soulager les souffrances de la population déclare Fanta, qui révèle qu’une mairie incapable de résoudre les plus petits problèmes environnementaux, sociaux ou techniques  ne sert pas à grand-chose pour la population. Cette catégorie de collectivité locale est loin d’être viable indique Mme Fanta qui a beaucoup regretté la participation mitigée des populations à l’occasion des joutes électorales.