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FACE A UNE OPPOSITION A VISAGES MULTIPLES : BBY confrontée à très forte partie

Publié le 12 septembre 2014 par Fara SAMB

Afin de maintenir la coalition Benoo Bokk Yakaar, l’APR et ses plus constants alliés auront fort à faire pour parer la stratégie à géométrie variable des camps d’en face. A moins que les calculs et les ruses politiques sous-jacentes que le long délai risque de mettre à nu n’installent la cacophonie  d’ici 2017, dans les rangs de ce qui s’apparente à une tri-opposition. D’un côté, la même stratégie de l’enserrement produirait alors le même effet que lors des deux premières alternances ; de l’autre ce sera tout gagnant pour Macky Sall qui va ramasser les pots cassés et élargir l’empenne de BBY en vue d’un second bail. Autopsie de la recomposition en cours…

La CA17 à cent à l’heure : En initiant la CA17 avec la claire ambition déclarée d’alterner Macky Sall dans deux ans, le président de Rewmi joue ses dernières cartes, ni plus, ni moins. Il plante le drapeau très (trop ?) tôt, comme pour être « le premier à le faire ». De la même manière que lui et ses partisans s’adjugent à chaque fois cette faculté prêtée aux démiurges et, qui leur aurait permis de prédire le « projet de dévolution monarchique » prêtée aux Wade, ainsi que les difficultés du régime actuel qu’ils ont été les premiers à dénoncer et quitter. En allant pêcher dans les eaux des mal-servis et des mécontents (Moubarack Lô qui n’a sans doute pas digéré sa perte du MEF –sic !), Decroix dont la fraction AJ n’a plus le poids de ses jeunes années), après avoir « placé» Talla Sylla (auréolé d’une portion du Jëf Jël), « Idy4président » porte à chaque fois des coups médiatiques certainement bien menés. Il reste Cheikh Bamba Dièye (défenestré après la perte de Saint-Louis), le Pr Malick Ndiaye (redevenu écrivain) et sans doute quelque autre prétendant en mal de re-connaissance. Seulement, il n’est pas sûr que la CA17 y gagne en termes de « militants qui vont aux urnes », comme parlait Ousmane Tanor Dieng en 1998 (prémonitoire !). Pis, c’est la logique sous-jacente même qui risque de vicier la démarche. Puisque si la mayonnaise de récupération des frustrés du PDS et des mécontents n’a pas pris 2 ans après l’alternance, on voit mal comment celle qui vise « tous les restants » va y arriver. En out cas, dès octobre 2006, Abdou Fall prédisait dans les colonnes de Zénith qu’Idrissa Seck ne « pouvait pas prendre l’électorat de Wade. Et que vaut la somme des aspirants au leadership suprême revenus de leurs rêves pour se contenter d’hypothétiques seconds strapontins ? Car jusqu’à une époque récente, certains de ces néo-convertis se voyaient mieux lotis qu’à s’aligner derrière quiconque, fut-il le plus « cultivé » -Moubarak Lô parlant d’Idrissa Seck- ou de « ceux qui refusent de se coucher » -Decroix. En tout cas, du côté des anciens frères de Colobane, la réponse n’a pas y tardé à tomber.

Un PDS revigoré aux locales. « Nous verrons quelle alliance nouer avec la vingtaine de partis à nos côtés», a déclaré Mayoro Faye dès le lancement de la CA 17. Pour expliquer en fait que le Parti démocratique sénégalais qui s’est senti revigoré après les locales ne compte pas jouer les seconds rôles. On n’exclut pas de rejoindre Idy (selon le rapport des forces en présence sans doute), mais on laisse le temps au temps, comme le leur a enseigné un certain Abdoulaye Wade qui aura su négocier toutes sortes d’alliances, à son profit exclusif, pour arriver au pouvoir. Le hic c’est bien évidemment l’absence de leader qui fasse l’unanimité au PDS. En effet, tant que Karim Wade sera dans les affaires judiciaires, le Sopi sera sevré de l’élément fédérateur indispensable pour le propulser vers un retour, désormais peu probable de sitôt d’ailleurs. Puisque ceux qui comptent sur Wade fils semblent oublier qu’étant un binational, il ne pourra pas briguer le suffrage des Sénégalais qui ont clairement mis la conditionnalité du patriotisme le plus basique à la présidentielle. La principale contradiction ici procède dès lors du fait qu’après être restés sourds, jusqu’ici, à tous les appels du président de Rewmi qui avait le premier évoqué le rassemblement de la famille libérale, tous ces ténors refusent également de s’aligner derrière quiconque n’est pas Wade. Il ne faudrait donc pas exclure la présence en 2017 d’une coalition derrière un collège libéral animé par Serigne Mbacké Ndiaye, Babacar Gaye, Oumar Sarr, Me Ahmadou Sall, Aliou Sow, Modou Diagne Fada et Aïda Mbodj, en un mot, l’héritage ou l’actionnariat libéral dont parlait justement M. Seck. En faisant des appels du pied à Abdoulaye Baldé de l’UCS qui le connaît mieux que beaucoup pour avoir partagé le palais avec lui entre 2000 et 2004. Et en gardant un œil du côté de la gauche, revigoré qu’il a été par l’accord réussi aux locales avec « takhawu Ndakarou » de Khalifa Sall. Mais celui-ci a déjà à moitié dés-apprécié l’offre dès qu’elle a été esquissée.

Le PS et les «assisards»:

Quoiqu’on dise, il y a là une opposition dormante. Pour dire que l’évolution dans le segment de la gauche (divers pavillons en berne) est la donne la moins prévisible et sans doute la plus décisive pour la finalisation des différents projets. Le suspense entretenu jusqu’ici par l’actionnaire majoritaire qu’est le Parti socialiste risque pourtant de demeurer jusqu’à la dernière minute, puisqu’il y a aujourd’hui au PS trois composantes tactiques qui ne s’ignorent en fait qu’en apparence. Ousmane Tanor Dieng tient la ligne faussement « silencieuse ». La plus rapprochée des « sages » qui sont en fait ceux qui tirent les ficelles, comme cela a été démontré lors de leur entrevue avec le Directeur des structures politiques lors du Congrès. En phase avec toutes les stratégies d’entrisme (une notion bien de gauche), le Secrétaire général du PS va quant à lui tirer tous les bénéfices de son compagnonnage avec le Président Sall et ce, jusqu’à la veille du scrutin, quand les militants auront « disciplinairement » le dernier mot. La séparation d’avec l’APR ne viendra sans doute jamais de Tanor. Mais croire que le PS n’aura pas de candidat relèverait d’un infantilisme très éloigné de l’expérience politique du parti de Senghor. Même la coalition au pouvoir sait qu’il faut s’y préparer. Cette position est complétée par la deuxième ligne qui est celle des jeunes loups comme Barthélémy Diaz. Ceux de cette génération continueront à clamer « jalousement » leur toute indépendance, afin que la flamme ne meure. C’est la garde armée du PS, qui défend d’abord le parti : Tanor et Khalifa, Tanor contre Aïssata, puis Aïssata et Tanor, pourvu que la cohésion soit sauve. La troisième ligne est celle qui enveloppe de son aura le futur -plus que probable- candidat du PS et qui, contrairement à la CA17, privilégie l’action sur les paroles. Aucun Sénégalais n’ignore aujourd’hui en effet que Khalifa Sall est présidentiable et qu’à ce titre, toutes les démarches vont désormais tendre à le préserver des mauvaises surprises. C’est pourquoi la riposte sera chaque fois sans ambages contre toutes les tentatives tendant à instiller une rivalité entre Khalifa et OTD. Lesquelles resteront de toute façon vaines, ce dernier ayant déjà déclaré qu’il ne serait plus candidat après 2012. Tout comme un certain Idy qui aura 63 ans, l’âge qu’il avait lui-même fixé pour commencer sa retraite politique. Et comme ces deux là ne nous ont pas habitués à se dédire, la question qui se pose est de savoir qui est le lièvre de qui, et pour quel projet politique ?
Les chances d’un embusqué (e) : Dans toute analyse de ce type, il est de bon ton de chercher le troisième homme. Ou femme, puisque ni Aïssata Tall Sall, ni Aïda Mbodj n’ont dit leur dernier mot et que le Sénégal semble mûr pour une présidence féminine. Pour autant, les indicateurs les plus probables militent en faveur d’un candidat qui fasse pendant au profil de Khalifa Sall, au cas où quelque grain de sable viendrait salir le couscous. Le troisième homme serait donc de la même génération (les jeunes ont trop longtemps été abusés par des « Vieux »), mais qui ne traîne pas les boulets de la politique politicienne qui a fini de braquer l’électorat, ni celui de la proximité avec les grands lobbys dont les candidats peuvent faire impression, mais passeront difficilement en cas de second tour désormais inévitable si la sociologie électorale n’est pas bouleversée. Sans beaucoup parler avant d’avoir agi, il devrait être travailleur et rigoureux, avec un bilan éloquent et une intelligence fine qui lui permette d’éviter les pièges qui ne manqueront pas sur son parcours. Pourquoi donc cela ressemble-t-il tant à un sosie de l’initiateur de la CA17, le bilan en moins ? En tout cas, l’échéance approche, mais c’est encore loin en termes de coûts budget, ce que la CA17 semble ne pas avoir tenu en ligne de compte. Car, comme le dit la fable : « rien ne sert de courir… ». 

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