L’acte 3 de la Décentralisation n’est pas parfait. C’est pourquoi il soulève des vagues. Si la philosophie qui le sous-tend peut être magnifiée, il est aisé de reconnaître qu’il sera difficile de trouver un consensus autour de cette Réforme qui est pourtant très attendue. Des questions de fond innervent la nouvelle étape de la Décentralisation au Sénégal, malheureusement les concepteurs de ce projet ont voulu aller trop vite en besogne. Ils ont remis au chef de l’Etat un prématuré. S’attacher à le conserver est une nécessité absolue, donc. Ils ont été très nombreux, pourtant, les experts qui sont montés au créneau pour dire non au professeur Ismael Madior Fall, le concepteur de l’Acte 3 de la Décentralisation.

Malgré les interrogations contenues dans le projet, l’Assemblée Nationale l’a adopté. Parmi les questions brûlantes de cette Réforme, on relèvera sans être exhaustif : la gouvernance foncière qui est une problématique centrale et qui n’a pas encore trouvé de réponse dans l’Acte 3 de la Décentralisation. Elle interpelle les nouveaux maires tout comme la gouvernance forestière sur laquelle pèsent les services des Eaux et forêts, alors que toutes les prérogatives d’administration reviennent aux maires. Dakar a perdu son âme de métropole urbaine, du fait de la parcellisation qu’elle a connue avec ses territoires libres. L’intercommunalité sera une piste très importante pour lui donner un semblant de cohérence. Cependant, l’échec de la communauté urbaine de Dakar est encore vivace dans les mémoires. Au-delà des états d’âme de Khalifa Sall qui n’était pas présent à la Concertation entre le président de la République et les Elus locaux, lundi dernier -il aurait boudé- la réflexion doit se poursuivre sur le statut de Dakar métropole. Cette équation doit être résolue en ne tenant compte que de l’intérêt supérieur des populations de Dakar. Les relents politiques : Khalifa Sall candidat à la présidentielle de 2017, successeur de Ousmane Tanor Dieng ou chef d’une future coalition qui fera face à Macky Sall, sont à prendre en considération du côté du pouvoir. Macky Sall, fort préoccupé par le devenir du Sénégal, trouvera certainement la meilleure réponse dans ce dossier.

Arc-bouté dans sa décision de réduire son mandat de président de la République à 5 ans, Macky Sall fait face à une vive résistance dans son parti. Ce n’est pas en 5 ans que l’on refonde un Etat et, à mi-mandat, le chemin qui reste à parcourir est semé d’embûches, plaident les partisans du non à la restriction du mandat. Pour les autres, une parole donnée doit être respectée. Macky Sall, lui, est convaincu qu’il sera réélu en 2017. A Dieu vat, car seul difficile est le chemin.

La mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent attendue dans les prochaines semaines devrait permettre aux Sénégalais de renouer avec l’espoir. Mais il s’agira surtout de se pencher sur le panier de la ménagère. Des jours difficiles attendent les Sénégalais si la pluviométrie ne va pas jusqu’en fin octobre. Des programmes d’urgence doivent être étudiés pour éviter aux populations de vivre les pires difficultés. Cette démarche d’anticipation, les mesures courageuses à prendre, ne peuvent se faire que dans le cadre d’un dialogue ouvert. Macky Sall a encore invité tous les acteurs dans cette dynamique. Il s’agit de garder le cap, pour que demain l’essentiel soit sauf. Un meilleur devenir pour le Sénégal.

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