Septembre de grandeur pour les Lions. Le Sénégal a fait le plein de points (6) des deux premières journées, et prend le pouvoir dans le groupe G, devant la Tunisie (6 pts) aux différences de buts.

Tel des commandos, les Lions ont accompli leur mission sans même forcer leur art. Sur deux matches, contre l’Egypte (2-0) puis le Botswana (0-2) ils ont pris les six points de la victoire. Sans beau jeu, ni génie. Le plaisir de jouer est absent de la pelouse. La pression et l’enjeu bloquent-t-ils leur créativité ? Face à la Tunisie, le Sénégal doit se décoincer sur le terrain et jouir de son rang. Le Sénégal, premier du groupe G à la différence de buts devant la Tunisie, a réalisé une bonne affaire à l’entame de la première phase qualificative. Mieux, le Sénégal, meilleure attaque et meilleure défense du groupe, consolide ses arrières. Le secteur défensif conserve ses buts avec classe. La forteresse Coundoul, Kara Mbodj, Djilabodji et Lamine Sané, rassure. Au moment où les autres secteurs se cherchent encore des automatismes. Stéphane Badji recommande : «Il nous faut rester concentrés. C’est à nous de dominer la pression». En octobre, au duel des vainqueurs, le Sénégal doit présenter un jeu au top. Et se défaire de sa fébrilité de la deuxième mi-temps. Autant contre l’Egypte le 5 septembre puis contre le Botswana, le 10, la peur a tétanisé le 12e Gaïndé qui, tout en supportant, demeura quelque peu inquiet jusqu’au bout. Seule la défense fut solide. Me Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football est, lui, en extase devant les boys de Giresse et y voit une marque de grandeur: « Aujourd’hui, cette équipe est en train de prendre une dimension nouvelle. Même dans la difficulté, elle sait faire la différence. Quand il faut faire aussi le dos rond, elle le fait. C’est la marque de fabrique des grandes équipes, seule la victoire compte. Là, ils sont en train de tracer leur sillage vers une qualification et c’est très important». Soit.

Pour jouer les grands rôles en Coupe d’Afrique, le Sénégal doit hausser le jeu. L’harmonie entre les lignes doit être complète. Cheikhou Kouyaté-Gana Guèye ont consolidé leur entente dans l’entrejeu. Stéphane Badji peine encore à entrer dans son nouveau statut. Sur le front de l’attaque, les actions individuelles priment encore sur la cohésion collective. Devant la Tunisie, les Lions doivent allier plaisir de marquer et plaisir d’être sur le terrain. Ils en ont l’étoffe physique et tactique, il leur suffit juste de se départir de la pression pour s’engouffrer dans la voie de la qualification.

Tunisie, porte d’entrée à Maroc 2015.

Pour rester leader et gagner une place à Maroc 2015, les Lions ont obligation de rectifier ces moments de frayeur. Son secteur offensif, opportuniste mais peu tranchant et pas toujours mobilisé, doit jouer plus collectif. Ce secteur fait l’essentiel avec quelques performances individuelles. Sadio Mané et Dame Diouf, principaux artisans de la bonne santé de l’équipe sénégalaise, manquent encore de complicité. Le secteur offensif et médian gagnerait plus à accorder ses violons. Le redressement doit se réaliser face à un adversaire de même calibre. Les deux rencontres d’octobre donneront un avant-goût de la valeur réelle du Sénégal. Dakar veut une meilleure mine. Léopold Senghor veut plus que des Lions combattifs, efficaces et joyeux. Giresse qui reconnait que « tout n’est pas parfait» a certainement trouvé la solution avec cette victoire tant souhaitée pour son début à Dakar. A ce nouveau rv, la pression va baisser. Les liens se sont raffermis le 5 septembre dernier, après le clash du 13 octobre 2012. L’espoir de lendemains meilleurs renait peu à peu avec cette nouvelle culture de la gagne. Gagner, encore gagner et toujours gagner semble être le credo de Giresse. Ses commandos exécutent le mot d’ordre.

Egypte, succulente entrée

C’est connu, pour s’assurer une qualification, faut gagner ses matches à domicile et négocier ceux de l’extérieur. Cela le Sénégal l’a bien compris. En ouverture des éliminatoires de la Can Maroc 2015, il a effectué une bonne rentrée. Il a réussi un triple pari, se réconcilier avec le public, se réconcilier avec soi et gagner le premier face-à-face Alain Giresse - Léopold Senghor. Ce stade mythique,, ses Lions et son public ont fait la paix, ce 5 septembre. Le 5 septembre, jour de rentrée à Léopold Senghor, les Lions ont ravivé la flamme victorieuse. La réconciliation est scellée sur une note heureuse. Léopold Senghor a gâté ses enfants après 23 mois de séparation forcée. Le retour sonne un nouvel élan et le nouvel état d’esprit forgé sur les terres de Casablanca se renforce. Les Lions sont devenus maîtres dans la conservation de leur score. Comment se comportera la forteresse sénégalaise face à la Tunisie ? Dans l’autre affiche des vaincus, le Botsawana et l’Egypte, blessés et battus à domicile lors de la deuxième journée, vont tenter de réduire le gap. Elles promettent de se rebiffer dans les prochaines journées. Dure, dure sera la bataille de Maroc 2015.