Les footballeurs et lutteurs hors course,    Mamadou Kassé Hanne (photo) sort meilleur sportif sénégalais 2013 des urnes de l’Association nationale de presse sportive sénégalaise (Anps).

Mamadou  Kassé Hanne, meilleur sportif sénégalais 2013. L’athlète sénégalais, 355 points, finaliste des Mondiaux de Moscou 2013, est couronné par les 38 rédactions votantes de l’Association nationale de la presse sportive (Anps). Il passe devant les basketteurs, médaillés de bronze à «Abidjan 2013» et Balla Dièye du taekwondo. Seulement, ce titre, le champion de «Nice 2013» le décroche sans se frotter aux  lutteurs et footballeurs. Ces deux disciplines sont catégorisées : le football a son ballon d’or, Moussa Sow ; et la lutte, son roi des arènes, Balla Gaye II. Etrange distinction, le meilleur sportif sénégalais est amputé de sa globalité. Ce qui fausse le jeu.

Le choix Kassé Hanne avec ses modestes performances est illustratif de la morosité du sport sénégalais. En 2013, le sport sénégalais marche à reculons. Pas de médaille mondiale en 2013. Ni de hauts faits enregistrés. Ni de records battus. Certes, l’athlétisme tient toujours la corde avec la consécration de Hanne, 7e mondial, mais il peine à créer une nouvelle star planétaire. Ses pépites finissent toujours dans l’oubli. Ndiss Kaba… Depuis 2001, la première discipline olympique est en perpétuelle quête de champion. Ses ambitions deviennent vaines du fait de préparations bien éloignées des normes internationales. Aujourd’hui encore Mamadou Kassé Hanne quémande une bourse pour améliorer son temps : «Je travaille avec un très bon entraîneur (Tidiane Corréa) et je suis convaincu qu’en allant effectuer des stages aux USA, nous ferons de grands pas vers notre objectifs de faire partie des trois meilleurs du 400m haies avant la fin de la saison», confesse-t-il à l’Agence de presse sénégalaise. «J’attends encore les soutiens annoncés par l‘autorité», affirme-t-il.

Les  disciplines collectives, football et basket, continuent leur marche reconstructive. Sans grande ambition. Les Lions d’Alain Giresse ont manqué Brésil 2014, faute de réalisme. Face à la Côte d’Ivoire, les coéquipiers de Coundoul ne se sont décomplexés qu’après avoir vendangé leurs cartes à Abidjan, en phase aller (3-1). Trop tard pour arracher une qualification. A la balle orange, Lions et Lionnes n’accordent plus leurs pas. Quand les hommes montent sur le podium, les filles descendent les marches. Les jeunes, eux, s’illustrent dans la fraude.

Ce bilan est inquiétant mais explicable. Les infrastructures, la grande promesse de Macky Sall en 2012, sont dans leur majorité restées à l’étape de projets. Léopold Senghor et Demba Diop attendent les premières pioches de la restauration, pourtant le financement de 600 millions Cfa était inscrit dans le budget 2012. Ces temples du football brillent par leur décrépitude et s’illustrent par leur état de dégradation avancée. Durant les éliminatoires de la Can 2015, les Lions retrouveront Senghor dans l’état où ils l’avaient laissé en octobre 2012. Quant à l’arène, elle en est encore à l’étape de maquette.

Les nouveaux textes sont toujours dans le circuit et en cours de modernisation. Idem pour ces quatre axes sportifs déclinés en 2012 par le président Macky Sall : «Modernisation dans la gouvernance sportive», «diversification et renforcement du financement du sport», «formation des ressources humaines» et «construction des infrastructures sportives». Le budget loin du 1%.

Quand le niveau baisse sur le terrain. Les administratifs et les fédérations sont toujours enclins à verser dans des querelles internes. Le développement sportif est laissé en rade. Ou délégué à des clubs en panne de financement. «Génération 2020» répondra-il à la demande pressante de résultats ? Rendez-vous à Tokyo, le terminus. Souleymane Boun Daouda Diop, le directeur de la haute compétition, dessinait la nouvelle carte pour reconquérir le Monde. « Si les Jeux olympiques de «Rio 2016» et «Tokyo 2020», doivent être une des préoccupations du Sénégal. Il ressort clairement qu’il existe des fédérations dont l’ambition doit être de conquérir le Sénégal, des fédérations dont l’objectif doit être la sous région, d’autres l’Afrique et de rares fédérations qui doivent aller à la conquête du Monde », a-t-il souligné à l’Aps.

Mbagnick  Ndiaye, ministre des Sports, excelle pour l’heure dans la mis en place de comités de normalisation, judo et basket. Sa gestion est faite de polémiques, de sanctions et de  suspensions : les disciplines dont les athlètes ont fugué lors des Jeux de la Francophonie «Nice2013», sont interdites de compétitions dans les pays Schengen. Seulement, l’immigration est un indice du mal vivre des sportifs sénégalais de haut niveau.

Les filles touchent  le fond

Le titre de la meilleure sportive n’a pas été décerné, faute de candidates répondant aux critères d’excellence et de performance. Les finalistes, Amy Mbacké Thiam, demi-finaliste à Moscou 2013 ; Gnima Faye, 2e à la Francophonie et Lionnes du basket, médaillées de bronze à Maputo, n’ont pas rempli les critères de l’Union des femmes reporters sportives d’Afrique/ Sénégal. La structure veut par cet acte pousser les fédérations à la  réflexion et notamment à se demander : qu’est-ce qui freine le sport féminin ? Véritable pourvoyeuse de titres avec Yaye Amy Seck, championne du monde en Karaté. Amy Mbacké Thiam, championne du monde en 2001 et les Lionnes du basket, neuf fois championne d’Afrique mais qui suit une descente dangereuse depuis Bamako 2011. Elles sont passées de championne 2009 à bronzée en  2013. Mais l’espoir est permis avec cette sélection des Volleyeuses  qui progresse dans le ranking africain. Et Houreye Guèye, 17 ans, médaillée d’or au pentathlon de la Zone II.