ECLAIRAGE DE PAPE MOR NDIAYE, PORTE -PAROLE DU COMITE DE PILOTAGE : «Les ministère ne peuvent plus faire des transferts de compétence sans le personnel et l’argent»

La vraie réforme, c’est la deuxième phase. Pape Mor Ndiaye, porte-parole du comité de pilotage livre les contours de l’ACTE III.

Vous êtes le porte-parole du comité de pilotage, dites-nous, quelle est la pertinence de l’Ace III ?

L’Acte III  part de la vision du chef de l’Etat qui montre les objectifs et les orientations, les actes qui font les bonnes actions. Le potentiel de l’Acte III, c’est la gouvernance, le nouveau pilotage de développement territorial, de territorialisation, de financement. L’Acte III porte le développement économique local  par la création de richesses et de l’emploi à la base. L’acte III doit aider le Sénégal à mieux élaborer la coopération décentralisée. A l’image du Bénin, nous devons avoir un observatoire de la coopération décentralisée pour évaluer le travail et un secrétariat chargé de faire le suivi au niveau des Affaires Etrangères. Si nous voulons construire cette politique de décentralisation qui s’appelle ACTE III, il nous faut à la fois renforcer la décentralisation et la déconcentration. Elaborer des plans territoires, des indicateurs et des outils pour la mise en œuvre.

Pourquoi les Sénégalais ne se retrouvent-ils pas dans la réforme ?

C’est parce que le débat est biaisé. La communication a posé plus de problèmes qu’elle n’en a résolus. Il fallait - dans les caravanes et les médias - expliquer la vision du Président, dire ce qu’il veut faire des collectivités locales. Dire ce que l’acte apporte aux populations en fourniture de services de base, au respect des droits humains, à la création d’emplois ? En 2007, Mathieu Kérékou (président du Bénin) l’a fait pour expliquer sa vision. Mais, pour que les gens comprennent où l’on veut aller, il faut un engagement de l’Etat, des bailleurs de fonds et de la société civile. Il faut décliner la mise en œuvre. Discuter de la mise en place du politique avec les ministères pour que les compétences transférées  ne soient pas théoriques. Le débat, c’est de dire aux ministères qu’ils ne peuvent plus faire des transferts de compétence sans le personnel et l’argent. Si le débat était posé  par rapport à la vision du Président, à l’engagement des acteurs, sur tous les aspects, il n’aurait pas de problème. On aurait un consensus comme il y en a sur les communes et sur les départements.

Le chantier est loin d’être achevé, alors ?

J’aurais été Macky Sall, j’aurai engagé un débat sur les engagements. Il faut que le gouvernement engage les acteurs sur la création d’outils de mise en œuvre. On a transféré des compétences depuis 1996, mais les problèmes demeurent. Il y a une duplication à la base. Il faut un niveau pilotage, une inter-ministérialité autour du préfet, afin que les collectivités aient un seul interlocuteur. Ce n’est que comme cela que l’ont peut contractualiser. Bref, il faut un engagement sur la bonne gouvernance, la transparence, la corruption…

La Santé, l’Education, l’Environnement  ont leurs domaines transférés, mais on ne les entend pas, pourtant ils sont plus acteurs que le Ministère de l’Aménagement et de la Décentralisation. Quand j’ai entendu la planification au niveau du Ministère du plan, je ne suis pas rassuré. Il ne parle même pas des outils de planification, c’est indispensable pour évaluer les politiques. On ne peut plus continuer à faire de la planification sectorielle. Quand la Santé fait sa carte  alors qu’on est en train de réformer l’Acte, ça pose problème. C’est valable pour l’Education et sa carte scolaire, le paquet. Une réforme, c’est les acteurs : citoyen, décideurs, payeurs et bénéficiaires.

 A quand le document sur la deuxième phase de la réforme ?

Tout sera fini avant les élections. La première phase était importante parce qu’il fallait mettre les dispositifs électoraux. Le code permet juste de finaliser l’échelonnement. Par contre l’Acte III, c’est la création de richesses à la base, la création d’emplois, le développement du Sénégal par ces territoires. Dans la sous-région, elle a permis des croissances de 7%.

Qu’est-ce qui explique ce recul du Sénégal, alors qu’il est l’un des premiers pays africains à avoir une bonne politique de décentralisation ?

Je suis très frustré de constater qu’on n’a jamais pris au sérieux la mise en place de la décentralisation. Nous avons un problème de fondamentaux. Nous n’avons jamais eu un document de mise en œuvre : ni planification, ni suivi. On a eu un petit plan 2003-2005 imposé par les partenaires techniques financiers. Dans le code de 96,  il était inscrit que jusqu’en 2002, on ne touche pas aux transferts des personnels et des compétences. Le Bénin et le Mali venus après 2003 ont fait les transferts de personnel. En 1997, le Burkina a eu son plan de mise en œuvre. Cette légèreté dans la création d’indicateurs et d’outils nous a retardés. On a une bonne législation, mais on a une piètre mise en œuvre de la décentralisation. L’emprunt n’est pas organisé et on ne trouve pas de données au niveau  local. Nous travaillons sur les idées.

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