Août n’aura pas été de tout repos. Les Sénégalais qui avaient des envies d’évasion ont dû certainement se dire qu’à la vérité, avec le décor hitchcockien qui leur était proposé, le temps n’était plus à la gamberge. Le pays vit des heures graves et il fallait être à l’écoute, à défaut de pouvoir agir sur les événements en cours. Un été comme celui-là, cela ne se voit pas tous les jours. Les éléments du décor sont suffisamment alléchants pour les amateurs de sensations fortes.

La conjonction des éléments fort diversifiés : l’hivernage tardif, le procès de la traque des biens supposés mal acquis, l’affaire Samuel Sarr, les coups de boutoir de Idrissa Seck, la crise universitaire et scolaire, la fièvre Ebola, ont été des éléments de mesure pour apprécier comment était conduit l’avion sénégalais. La réponse ne coule pas de source pour certains mais il est évident que Macky Sall a joué et a su tenir sa partition.

La république en marche tient les affaires et tente de trouver des solutions idoines. Il s’agit de rester serein et d’être ferme face à ceux qui jouent les Cassandre. La fuite en avant de certains pontes de l’ancien régime aux abois face à une justice qui n’en finit pas de brandir son glaive -le cas Samuel Sarr qui a publié des contrevérités sur Macky Sall- illustre à souhait les dispositions d’esprit d’une opposition peu républicaine et surtout très disposée à brouiller les pistes pour rendre le pays ingouvernable. Samuel Sarr a publié sur le net un faux relevé de comptes de Macky Sall, ce qui lui vaut d’être sous le coup de l’article 80. Il est du camp des nihilistes au sein du PDS. Pour lui, tout est bon pour empêcher Macky de terminer son premier mandat. Prononcer « le président Macky Sall », lui écorche la bouche. C’est cette haine qu’il entretient contre l’actuel locataire du palais qui lui vaut de se retrouver derrière les barreaux. Ceux qui à la suite de cette arrestation veulent une relecture de l’article 80 -offense au chef de l’Etat- devraient revoir leur copie. Des quolibets jalonnent la marche de Macky Sall. Le dernier le présentant comme « le président au mauvais œil » (l’homme qui bloque la pluie). Une ritournelle de l’été qui a vite viré au ridicule pour ses détracteurs quand les vannes du ciel se sont ouvertes, arrosant tous les coins et recoins du Sénégal. Personne dans les rangs de l’opposition n’a voulu relever que la situation était due à El nino. Ce phénomène météorologique qui a perturbé la configuration de l’hivernage.
La reddition des comptes se poursuit implacablement. Abdoulaye Baldé est sous contrôle judiciaire, suite à son passage devant le procureur de la CREI ; au moment où son acolyte, Karim Wade, et ses avocats se battent pour annuler le procès portant sur la traque des biens mal acquis. Tout n’a pas encore été dit dans l’affaire de la traque des biens mal acquis. Et c’est sans doute dommage pour le Sénégal. Il faudrait pourtant informer les Sénégalais sur les malversations qui plombent aujourd’hui le devenir du pays. Ils comprendraient aisément pourquoi les crises universitaire et scolaire seront difficiles à juguler. Le droit à l’expression ne saurait être dénié dans une république normée. Il reste que quand on a été un acteur nocif dans le processus de développement, comme l’ont été nombre de responsables de l’ancien régime, on la joue modeste. Laissons la Justice faire son travail et le pays ne s’en portera que mieux.

Le tribunal des pairs des journalistes qui a été installé le 27 août dernier travaillera sans pression et bénéficie du soutien du président de la République, qui s’est engagé à le saisir en lieu et place de la Justice. Après son soutien au nouveau Code la presse, Macky Sall met les journalistes face à leurs responsabilités.