Malgré les énormes potentialités de la région de Saint-Louis, avec notamment ses plages et ses nombreux parcs, le secteur touristique connaît depuis quelques années, de réelles difficultés liées à la baisse de la fréquentation. Après une baisse de la saison 2010/2011 celle de 2012 s’est traduite par un recul  de près de 30%.

Les arrivées ne cessent de chuter de saison en saison touristique. Les chiffres du Service régional du tourisme, lors de la dernière Journée mondiale du tourisme, ont révélé des résultats alarmants pour les trois saisons écoulées. Le chef du Service régional du tourisme d’alors avait déclaré, qu’au niveau des réceptifs, les arrivées étaient passées de 59.766 en 2010 à 52.870 en 2011 puis à 46.155 en 2012. Données non exhaustives, du fait des difficultés rencontrées souvent lors de la collecte des statistiques et la mauvaise volonté de la part des hôteliers à remplir correctement les fiches de statistiques à temps. «Cette situation déplorable pour les professionnels du secteur touristique, s’explique  par la cherté de la destination, la crise  économique européenne et surtout par l’instauration du visa biométrique, ainsi que le manque de promotion et l’insalubrité. Des contraintes auxquelles s’ajoutent l’absence de liaison aérienne, de police touristique et la dégradation continue du patrimoine bâti, notamment celui de l’île», s’était désolée Ndèye Awa Badji. 
A en croire certains hôteliers de la place,  les dernières saisons n’ont pas été fameuses, même s’il faut reconnaître que des innovations ont été apportées pour booster le tourisme. Parce que, soulignent-ils, la politique mise en place par les autorités n’est pas cohérente à un certain niveau. «Qui parle de la région du Nord sur les plans touristique et culturel, pense naturellement au transport aérien pour le rôle que Saint-Louis a eu à jouer depuis l’aéropostale», fait remarquer un acteur. C’est pourquoi le responsable du bureau régional du Syndicat d’initiative a lancé un appel au ministre Oumar Gueye, pour que le coût du transport aérien soit revu avec les compagnies aériennes pour une baisse. Car ce facteur constitue un frein à la destination  Saint-Louis et influe négativement sur le nombre d’arrivées de touristes. «Le coût de l’aérien proposé par les compagnies à partir de juillet et août est compris entre 500.000 et 800.000 FCFA en classe économique TTC», a regretté le directeur de l’hôtel de la Poste. Une contrainte majeure, selon lui, qui oblige les touristes à changer de destination en période de vacances. L’hôtelier demande en outre que le visa biométrique soit réétudié pour les touristes. «Parce que cette mesure est contre-productive», précise M. Yannick Phillip. Selon lui, les professionnels du tourisme ne sont pas contre la réciprocité du visa mais proposent à la place des visas de type électronique pour les touristes, accessibles sur l’internet et qui pourraient se prendre dans les chancelleries,  les agences de voyage et les tours operateurs moyennant un reçu présenté aux autorités à l’aéroport. Dans le même sens, le responsable du bureau du syndicat d’initiative de Saint-Louis fustige les taxes excessives qui tuent le secteur.

Mais ces difficultés évoquées ne sont qu’une infime partie des problèmes.  «Le tourisme est infecté par les guides clandestins et une certaine désorganisation, qui sont devenus un véritable danger pour le secteur», a dénoncé Razack Niang, secrétaire général de l’Association des guides professionnels de Saint-Louis. Il a aussi invité les autorités locales à être plus regardantes dans la protection des plages et de l’environnement. Pourtant, la région de Saint-Louis dispose d’énormes potentialités touristiques. Parmi celles-ci, il y a les grands événements culturels à l’image du festival international de Jazz, des Fanals, du festival Métissons, Blues du fleuve à Podor, entre autres. Et les parcs zoologiques du Djoudj et de Gueumbeul.

140 maisons dans l’île seront réhabilitées

Le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Oumar Guèye, a  présidé le mois dernier dans la capitale du Nord le lancement officiel du projet de développement touristique de la région de Saint-Louis. Sur financement de la Coopération française, ce projet, évalué à près de 17 milliards de francs Cfa servira à terme à booster le secteur touristique à Saint-Louis. Ce vaste programme  prévoit  des changements importants dans le secteur. Sur les 34 projets annoncés  dans le cadre de ce programme, 27 concernent directement la vieille cité. «Ces projets visent la revalorisation du patrimoine, la diversification de l’offre touristique, la mise en valeur du patrimoine urbain par le renforcement de la gestion de la collecte des ordures et l’amélioration des conditions de débarquement des produits halieutiques», a souligné le ministre du Tourisme. Des informations confirmées par le maire de Saint Louis, Cheikh Bamba Dièye, qui annonce d’autres travaux prévus à la place Faidherbe, sur  l’avenue Jean Mermoz et la réhabilitation de près de 140 maisons dans l’île classée patrimoine historique mondial.

 

Une correspondance de Adama SENE