Domaine Agricole Communautaire (dac) - UN PARI EN VOIE D’ETRE REUSSI

L’agriculture moteur de la croissance n’est pas seulement un slogan. 300 000 emplois à créer en 5 ans, c’est l’ambition du Programme des Domaines agricoles communautaires. Le chantier est en marche depuis un an avec des résultats probants. Dix DAC seront réalisés à travers le pays.

Ibrahima Khalil Fall, le maire de la commune de Keur Samba Kane a le cœur désormais rempli d’espoir pour les populations de sa localité. Le combat qu’il mène pour l’aménagement de la vallée du Kaar kaar a enfin trouvé une issue avec le programme des Domaines agricoles communautaire. 4 000 ha vont être aménagés pour permettre à l’ensemble des populations qui le désirent de bien s’investir dans les champs. Pour Ibrahima Khalil Fall, le diagnostic qui a été réalisé sur les potentialités de la vallée ont fait rêver des générations de Baol Baol. Ce sont des milliers d’emplois pour les femmes, les jeunes et les adultes des villages environnants, alors que le développement de Keur Samba Kane devrait drainer celui de tout le département de Bambey considéré comme l’une des zones les plus pauvres du Sénégal. Depuis plus de six mois que les techniciens du Prodac et de l’Anida ont commencé les travaux au niveau de la vallée, l’impatience est manifeste au sein des populations qui ont bien compris les enjeux. Les séances de partage dans les villages polarisés ont permis à tout un chacun de bien comprendre l’intérêt du DAC qui devrait permettre aux fils de Keur Samba Kane, notamment ceux de la diaspora d’envisager un retour sécurisé au pays. C’est le cas de Moussa Faye. La soixantaine, ce comptable de métier parti en France depuis un quart de siècle envisage d’investir dans l’agro-business avec des partenaires. Les jeunes du village pour leur part se sont organisés en association depuis des années et se sont engagés résolument dans la mise en place des périmètres. Le témoignage de leur maire est éloquent sur les attentes. La plupart d’entre eux qui se rendaient à Dakar ou qui tentait de partir à l’étranger ont compris qu’ils peuvent trouver leur bonheur au village. La vallée de Keur Samba a de tout temps permis aux populations de vivre de leur sueur. Ce n’était certes pas l’abondance, mais dans les pires périodes de sécheresse, il y avait une certaine sécurité alimentaire. La réhabilitation du forage de Keur Samba sous la houlette de l’ANIDA a davantage rassuré les populations qui doutaient de l’engagement de l’Etat.

Bandafassi dans la région de Kédougou a un potentiel agricole très intéressant. L’aquaculture qui y était quasiment inconnue va être développée. Un programme très suivi par les populations de la région de Kédougou, car ici le poisson coûte plus cher que la viande. C’est un cas unique au Sénégal, confie Lesseny Sy, président du Conseil départemental de Kédougou, par ailleurs président du Conseil d’administration de l’Agence Nationale pour l’Aquaculture (ANA). Dans cette zone, les populations commençaient à désespérer des promesses des différents régimes politiques. Les terres arables sont en abondance et font le bonheur des populations, alors que l’eau est disponible à flots. Pourtant, les populations vivent dans une relative pauvreté, car dans la commune de Bandafassi contrairement aux autres coins de la région de Kédougou, la fièvre de l’or n’a pas encore accaparé l’esprit des populations. Ici, on vit de l’agriculture et de l’élevage. Pour le président du Conseil départemental de Kédougou qui polarise la commune de Bandafassi, l’aquaculture aura bientôt ses lettres de noblesses dans cette localité. Président du Conseil d’administration de l’ANA, Lesseny Sy suit très attentivement le programme du domaine agricole de Bandafassi. L’œuvre entreprise par le PAPIL il y a quelques années va être améliorée, relève Lesseny Sy. Ce programme qui s’était installé dans la zone a accompagné les groupements de promotion féminine. Avec le PRODAC et l’ANIDA, il s’agit d’aller plus loin. C’est ainsi que sur les 5000 ha prévus pour abriter le DAC, 1000 ha sont en train d’être aménagés pour l’agriculture et l’aquaculture. Le bâtiment pour l’écloserie des œufs de poisson est déjà réalisé alors que l’exploitation agricole a commencé. Les encadreurs du domaine agricole et de l’aquaculture sont choisis. Plus de 3000 emplois sont attendus du DAC de Bandafassi.

LE COMBAT DE L’AVENIR

A la direction du PRODAC, l’implication des lutteurs dans l’agriculture est une étape importante dans la quête de la sécurité alimentaire. Ils sont plus de 11 000 à vouloir s’investir dans les DAC pour préparer leur avenir. Le programme a été lancé en janvier dernier.

Le protocole signé par le ministre de la Jeunesse, de l’emploi et de la Construction citoyenne avec les lutteurs doit leur permettre de préparer leur reconversion. Ceux de ces sportifs qui désirent participer au programme des DAC seront insérés et encadrés dans leur terroir. Par conséquent, ils vont intégrer les autres cibles du programme. Pour rappel, 30 000 hectares seront exploités. Les terres sont attribuées par les collectivités locales abritant les sites du Programme des Domaines Agricoles Communautaires, le PRODAC qui est un projet ambitieux du Président de la République devant générer 300 000 emplois au bout des 5 ans sur toute l’étendue du territoire national. Le PRODAC a pour cible prioritaire les jeunes. C’est une réponse à la problématique de l’emploi, celui des jeunes en particulier. Le concept se veut procéder d’une double démarche de création de pôles de compétitivités économiques et d’aménagements structurants permettant la mise en valeur de grands domaines allant de 1 000 à 5 000 ha. Il s’agit de véritables entreprises agropoles, lieu d’insertion de jeunes ruraux, de diplômés d’écoles de formation (métiers de l’agriculture et disciplines connexes), mais également de promoteurs privés désireux d’investir dans le secteur, aussi bien dans ses activités de production que dans celles de transformation et des services agricoles. Les activités aquacoles, avicoles, agricoles et la chaine de valeur de la transformation et de la commercialisation qui vont se développer dans les dix domaines, vont permettre la création de véritables pôles économiques.

Itato, la première ferme industrielle du Sénégal

LItato, village de la commune de Bandafassi, était le point de passage pour Gorée d’où partaient tous les esclaves capturés au Mali, en Guinée et au Niger. C’est ce site qui abrite le Domaine agricole communautaire (DAC) de la région de Kédougou. Situé entre les collines des Bedik et les montagnes de Dindifélo, Itato est ce village centenaire qui doit son nom à l’esclavage. C’est ici que les captifs de Guinée, du Mali jusqu’au Niger étaient acheminés avant de rejoindre Gorée.

‘’Itato’’ est un mot Pulaar qui signifie « amener d’ailleurs ». Ce qui signifie que les habitants sont venus des autres contrées de la sous-région. Les cent cinquante âmes vivent essentiellement des activités agricoles. De ce village, dernière étape pour rejoindre Gorée, les récalcitrants étaient jetés à Kandiniéry, un endroit où c’est la mort qui vous accueillait. Les populations sont fières d’être des héritiers de la résistance. Le village est à mi-chemin entre Dindifélo et Kédougou, à une dizaine de kilomètres de la capitale. Itato dispose d’une école de deux classes. La future ville économique de la commune de Bandafassi polarise les localités de Habibou, Sinthiou Malal, Sinthiou Dji, et Dar Salam. C’est dans ce village entouré de mares d’eau et traversé par le fleuve Gambie qui prend sa source des montagnes du Fouta Djallon, où le DAC va permettre à des milliers de jeunes de trouver du travail.

Une forte demande bord champ

L’écoulement des productions du DAC ne posera pas problème. A Sédhiou où la première récolte a été réalisée, les 5 000 tonnes de maïs ont été achetées par Babacar Ngom de la Sedima. Les industriels sénégalais qui s’investissent dans l’agroalimentaire se sont engagés à acheter toute la production des DAC. Une démarche qui rassure les populations. Un protocole d’accord encadré par le PRODAC permet aux producteurs et aux industriels d’assurer l’avenir des DAC. Une initiative saluée par Serigne Mboup. S’exprimant lors d’une visite à Sédhiou, le président de la Chambre de commerce de Kaolack a salué la vision du Chef de l’Etat qui, en lançant les DAC, s’engage dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, mais et surtout offre des opportunités au terroir. Sur chaque site, ce sont en effet des milliers d’hectares qui vont être exploités et des milliers d’emplois créés. Les industries alimentaires sénégalaises trouvent aussi leur compte dans le programme.

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