DES SPÉCIALISTES AU SERVICE DES DÉMUNIS À BOPP Maladies des yeux

Depuis 1985, le centre de Bopp reçoit les patients souffrant de pathologies de la vision. Plus de 100 patients y sont consultés et opérés par jour. Ce centre social offre surtout ses services aux malades démunis.

Nous sommes au centre ophtalmologique de Bopp. Les patients y sont venus de divers horizons. La salle d’attente se révélant trop petite pour les contenir, ils occupent la porte d’entrée et le couloir. Souffrent de différentes pathologies des yeux, les uns dissimulent leur mal dans de grandes lunettes de soleil, alors que les autres laissent entrevoir des yeux rougis ou obscurcis. Svelte teint marron Mme Fall est la secrétaire générale du major, il s’active à guides leurs nombreux patients. Ceux venus pour la première fois passent dans la salle visuelle, ensuite ils sont orientés à la salle des consultations «c’est dans cette salle qu’on détermine la nature de la pathologie» lance notre guide tout en pointant du doigt une grande salle munis de deux machine

Environ 150 patients par jour

Le centre de Bopp de par sa grande notoriété reçoit entre 100 et 150 malades par jour : «C’est un peu difficile mais on a l’habitude ; on gère», explique M. Fall. Et d’ajouter : «au maximum, nous consultons 150 malades par jour, mais on a cinq postes de consultations qui font l’affaire». Pour elle, il y a les malades qui viennent de partout pour avoir recours aux services du centre. «Ils viennent de Thiès, Kaolack, du Fouta, de Kolda, etc. Aujourd’hui par exemple, on a opéré trois malades qui viennent du Fouta. Juste après l’opération, le patient peut rentrer chez lui et revenir le lendemain pour le pansement», se réjouit notre interlocutrice. En effet, le centre est très réputé pour les opérations de la cataracte. «Nous avons des techniciens supérieurs en santé qui font des consultations ophtalmologiques journalières», ajoute Mme Ndiaye Abi Sarr coordonnatrice du centre.

Un centre social pour les moins nantis

La principale cible du centre Amadou Gaye est la population déshéritée. C’est ainsi qu’ils essaient d’allier charité et aspect social, ce qui n’est pas toujours très facile. Pour cela, les consultations sont fixées à 3 000FCFA et l’opération avec l’implant est à 8 5000 FCFA pour la cataracte. « Il y a quand même des opérations qu’on ne fait pas ; le laser et le champ visuel, nous ne les faisons pas ici, parce que c’est un peu cher », soutient Mme Gaye. Elle ajoute : « On gère souvent les populations démunies qui viennent un peu en retard par rapport à leur stade ». Aussi, le centre reçoit des dons de lunettes de leurs partenaires pour les personnes sans ressources. Sauf que ceux qui viennent souvent ne sont pas toujours des personnes démunies, cause pour la quelles ils ont arrêté cette gratuité. « Parfois, c’est difficile de faire la différence, mais c’est pourquoi on demande un minimum ; les verres c’est de 3 000 à 10 000 FCFA», explique Mme Gaye. Avant de préciser : «mais ce sont des verres souvent simples ; nous n’avons pas les doubles foyers et autres ; pour cela on leur demande d’aller voir les opticiens ». Toutefois, ils font souvent des opérations ponctuelles de distribution de lunette gratuites avec les partenaires : «même pour les cataractes, il nous est arrivé de faire des opérations gratuites, mais on est sorti de l’optique de dons»

Un atelier de lunetterie in situ

En plus des dons de lunette des partenaires, le centre dispose d’un atelier de lunetterie, Abou Diallo l’opticien de l’atelier explique que ce qui a poussé les autorités à ouvrir cet atelier «optique sociale». «C’est qu’on s’est rendu compte que les prescriptions de lunette étaient hors portée des malades. Les produits optiques, ce sont des produits trop chers ; alors, en partenariat avec les mutuelles françaises, on a ouvert cet atelier», explique-t-il. Puis de préciser : «au début, c’était gratuit, mais après on s’est rendu compte que quand une personne reçoit des verres gratuitement, deux semaines après, elle revient dire avoir perdu ses lunettes.

On a donc demandé aux gens de mettre un peu de leurs sous. Mais pour des prix sociaux accessibles à tout le monde», se réjouit M. Diallo. Auparavant, l’atelier ne recevait que des ordonnances de la structure. Puis, le besoin s’étant accru, ils acceptent de traiter les ordonnances d’ailleurs. Les collectes de verre aussi se faisaient à l’extérieur. Mais depuis pratiquement 2008, ils ne font que du neuf. « Cela c’est des pastilles ; le verre à l’origine nous vient comme cela, et on demande au malade de choisir une monture par rapport à cette gamme », lance M. Diallo. Tout en nous présentant ses produits, une dizaine de montures posée sur une table, il rajoute : « le choix n’est pas très large parce que c’est une optique sociale et que c’est nous -mêmes qui achetons les montures pour les donner aux malades». L’opticien renseigne que les patients eux participent juste pour l’achat des pastilles. En plus de la monture et des pastilles, deux machines servent à couper les verres dans l’atelier même. «Les fonctions automatiques de cette machines ayant disparu, nous faisons le travail à la main», précise l’opticien. L’atelier optique reçoit 10 à 15 ordonnances par jour selon la période. «Et même plus parfois, de sorte que des fois on passe toute une journée pour deux consultation», conclut M. Diallo.

UNE INITIATIVE DE L’USE

Le centre Amadou Malick Gaye, ex-centre Bopp, est un programme urbain de l’Ong «Union pour la solidarité et l’entraide (Use), explique Mme Gaye. C’est une organisation non gouvernementale d’appui au développement qui a plusieurs programmes à travers le pays et principalement à Dakar, dans la région de Saint-Louis, avec le programme intégré de Podor qui couvre aussi Matam et Linguère. «On a aussi le programme intégré de Nganda dans le département de Kaffrine et en Casamance» ajoute-t-elle.
Pour rappel, le centre s’est ouvert en 1955 sous forme d’un petit dispensaire de quartier et, c’est en 1957 qu’ont commencé les consultations ophtalmologiques. Au fur et à mesure, s’est greffé le sport, puis la formation professionnelle.

Plus tard, le centre a intégré les activités culturelles. «De manière générale, nous avons deux secteurs d’activités : le secteur éducation formation et le secteur santé. Le secteur éducation regroupe le sport, la culture et la formation professionnelle, parce que le sport et la culture sont des crédos éducatifs pour les jeunes », ajoute le coordonnateur. Le centre a aussi une antenne aux Parcelles assainies avec l’appui de Lions club. «Lions club nous appuie depuis 2010 parce que nous n’avons plus de partenaire direct pour ce programme. C’est pourquoi l’approche contribution des usagers nous est indispensable», explique Mme Gaye. Elle ajouter : «depuis la crise, beaucoup de nos partenaires se sont retirés. Donc, il y a beaucoup de difficultés à surmonter». Il y a aussi que les techniciens supérieurs en santé sont tellement rares et que les postes ne sont pas stables. Pour Mme Gaye, le ministère doit prendre en charge cette expertise pour en affecter un à l’USE ? «Ce sont les techniciens supérieurs en ophtalmologie qui assurent les consultations», lance-t-elle. Toutefois, le centre forme des assistants infirmiers d’Etat. «Nous en avons recruté quatre. On a aussi deux médecins mais ce sont les techniciens supérieurs qui sont opérationnels», conclut- elle.

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