DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE DE MIMI TOURE : La marche forcée

« Circulez, il n’y a rien à voir ou à retenir». C’est le sentiment général qui anime nombre de Sénégalais après la Déclaration de Politique Générale (DPG) du Premier ministre Aminata Touré. La DPG n’a pas fait le buzz parce que les Sénégalais attendent des actes concrets qui doivent améliorer leur quotidien. C’est donc la tête ailleurs que la République a suivi l’exercice du Premier ministre, lundi dernier. Et pourtant, un an après la deuxième alternance, chaque acte que les nouvelles autorités posent mérite d’être bien examiné. La DPG devrait donc retenir toute l’attention de la nation. Même si d’aucuns considèrent que rien ne pouvait surprendre dans les propos d’Aminata Touré, car son prédécesseur Abdoul Mbaye s’était soumis au même exercice le 25 septembre 2012. Un an et 23 jours plus tard, que pouvions-nous attendre en termes de nouveauté ? Cette rencontre entre l’Exécutif et le Législatif est, à la vérité, un moment fort de partage pour discuter des choses de la République. Si l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye avait particulièrement mis l’accent sur le cadrage macro économique, son successeur Aminata Touré s’est résolument avancé dans la voie de la satisfaction des besoins primordiaux du peuple. L’exercice a été presque aisé, nonobstant le rejet de son programme par une opposition inhibée par ses errements d’hier. Quand on a déconstruit un Etat, on se garde bien de s’attaquer à ceux qui, vaille que vaille, tentent de remettre en place les fondamentaux. La DPG, exercice républicain de haute facture, est souvent dévoyée par une lecture politicienne de certains représentants du peuple. Cette inclinaison sera difficile à corriger, malheureusement.

Le débat parlementaire qui a suivi la Déclaration de politique générale du Premier ministre Aminata Touré n’a pas révélé une autre facette de cette dernière. Toujours au pas de charge, volontariste et déterminée, telle est la manière d’être et de faire de Mimi Touré. De son passage au Ministère de la Justice jusqu’à sa nouvelle stature, elle déroule sa démarche que l’on pourrait qualifier de jusqu’au-boutiste. Le concept de Mme le Premier ministre a été de vendre du rêve, tout en s’adossant à la rigueur. C’est autour de ce diptyque qu’elle a passé son grand oral devant les députés. Mimi Touré s’est engagée en définissant un échéancier, pour marquer sa volonté d’accompagner la vision du Président de la République. Adossée au programme du « yonnu yokkuté », elle s’est voulue pragmatique en rappelant les promesses du président Macky Sall et les réalisations déjà faites qui marquent les étapes déjà franchies. Certains Sénégalais qui ont découvert son bagout auront été surpris par sa maîtrise et son aisance face aux questions des députés. Il reste qu’Aminata Touré va subir désormais un marquage très serré. Elle sera constamment évaluée et appréciée. Une gageure dans un pays où ce sont les moyens qui manquent le plus. Les défis sont tels que, pour les relever, il faut un Sénégal fort de ses consensus -une utopie. Aminata Touré est attendue à ce niveau. Elle s’impose une marche forcée qui ne drainera les forces vives que si celles-ci sont convaincues qu’elle a choisi les bonnes options. Un défi de taille pour elle, qui traîne l’image d’une combattante par sa gestion du dossier de la traque des biens mal acquis. Le Haut Conseil du Dialogue Social, un nouvel instrument qui va voir le jour, permettra peut-être de s’entendre sur l’essentiel.

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