Crise du secteur touristique - Un plan de relance sans Visa

En collaboration avec les acteurs touristiques, le ministre Abdoulaye Diouf Sarr a élaboré un plan de relance du secteur soumis à l’appréciation du gouvernement. Certaines parmi les mesures proposées ont été retenues.

e blues du secteur touristique continue. Depuis plus de sept ans, la crise persiste. Elle perdure. L’année écoulée, le secteur a encore clôturé dans un climat de morosité due à l’épidémie d’Ebola. Cette maladie qui a frappé des pays de la sous-région ouest africaine a fait perdre des marges importantes aux opérateurs touristiques. Face à ces difficultés, le ministre du Tourisme et des Transports aériens, Abdoulaye Diouf Sarr, en collaboration avec les acteurs du secteur, a peaufiné un plan de riposte. Des mesures structurelles de relance du secteur sont proposées au gouvernement. Le 9 janvier dernier, sous l’égide du premier Ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, une réunion de validation de ces propositions a eu lieu à la primature. Compte tenu du caractère transversal du tourisme, différents ministres ont pris part à la rencontre. «A la suite de l’impact négatif de l’épidémie à virus Ebola, nous avons jugé nécessaire de travailler avec tous les acteurs du secteur pour faire des propositions. Celles-ci sont au nombre de 17 mesures qui sont soumises à l’appréciation du gouvernement », renseigne Abdoulaye Diouf Sarr.
A l’issue de la réunion certaines mesures sont retenues. «Au plan fiscal, instruction a été donnée au ministre du Budget d’étudier la question de la Tva dans le secteur pour faire en sorte que, dans les prochaines dispositions fiscales ou budgétaires, le secteur soit soulagé», informe le ministre. En 2013, le gouvernement avait déjà revu à la baisse la tva pour les prestations touristiques. Elle est alors passée de 18 à 10%. Ces mesures fiscales incitatives visent à rendre le secteur plus compétitif. Dans le même sens, le plan en gestation prévoit une évaluation des besoins du secteur pour la mise en place d’un crédit hôtelier. «Un travail d’évaluation est demandé dans les délais les plus courts pour disposer des besoins nécessaires au financement et à la mise à niveau du secteur du tourisme», soutient le ministre. La création d’un fonds pour financer le secteur à des conditions préférentielles est une nécessité car répond à une vieille doléance des acteurs. Les crédits accordés par les banques commerciales sont non seulement onéreux, mais ils sont aussi difficilement accessibles, en raison des conditionnalités drastiques. Pour toutes ces raisons, ce fonds en gestation va permettre aux promoteurs de mettre à niveau les réceptifs.

«Saly ville verte»

En rapport avec les ministères en charge du cadre de vie et celui de l’Environnement, Abdoulaye Diouf Sarr a annoncé l’aménagement des sites de Saly et Cap skirring. Dans cette optique, le lancement du programme « Saly ville verte » est à l’étude. L’opération comprend plusieurs volets dont la réfection de la route de Saly et la lutte contre l’érosion côtière. Depuis quelques années, les infrastructures hôtelières de la station de Saly sont sérieusement menacées par l’érosion côtière. Un phénomène qui limite considérablement le développement du tourisme balnéaire. «Les efforts du gouvernement ont permis de réaliser deux brises lames. Mais, nous ne comptons pas nous arrêter là. Tout un dispositif sera mis en œuvre pour permettre à Saly de retrouver son lustre d’antan», promet le ministre. Dans le cadre de cette politique de relance du tourisme, le premier Ministre a instruit, Abdoulaye Daouda Diallo, ministre de l’Intérieur de renforcer la police touristique.

La promotion de la destination Sénégal est aussi au centre des préoccupations de l’Etat. Raison pour laquelle elle figure en bonne place dans les mesures proposées par le ministère en charge du secteur. Les mesures proposées visent à renforcer d’abord la nouvelle Agence de promotion touristique. La structure a la tâche de donner plus de visibilité à la destination Sénégal, au niveau des marchés émetteurs. En effet, la destination est peu connue de certains pays comme la Scandinavie, la Grande Bretagne ou en Asie. Pour réussir cette mission, les acteurs ont demandé à l’Etat de doter l’Agence de moyens conséquents. Ils ont tiré les leçons du passé où la faiblesse du budget alloué au Fonds National de Promotion Touristique (entre 05 à 10 milliards F CFA) a été un sérieux handicap pour le travail de marketing. Au même moment, les pays concurrents à la destination sénégalaise donnaient des moyens importants à leurs structures en charge de la promotion de tourisme. «Nous ne voulons pas d’une agence budgétivore, mais d’une structure qui a les moyens d’effectuer des activités commerciales au niveau des marchés».

Relativement à la question du visa qui impacte négativement le secteur, le ministre se veut prudent. « Le visa ne concerne pas seulement le secteur touristique, c’est pourquoi l’éventualité de sa suppression doit être étudiée avec les autres départements concernés », dira-t-il. Enfin, Abdoulaye Diouf Sarr projette de mettre en place un cadre de concertation réunissant tous les acteurs.

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