Le souci d’encadrer et d’intégrer l’émigration comme facteur de développement avait poussé les autorités sénégalaises à créer en 1983 un ministère des Emigrés qui deviendra  par la suite le ministère délégué auprès du Président de la République chargé des Emigrés. Ce n’est qu’en 2003 qu’un ministère (plein) des Sénégalais de l’Extérieur a été créé.

Pour traiter les Sénégalais de façon équitable, qu’ils soient au pays ou de la diaspora, il a été mis sur pied, depuis un peu plus de six mois, une direction générale des Sénégalais de l’Extérieur (Dgse), venue se substituer au ministère délégué qui jusque là, placé sous le joug du ministre des Affaires étrangères.  Avec le remaniement, la création d’un Secrétariat d’Etat dédié aux Sénégalais de l’Extérieur, fait doublon avec la Dgse, rattachée au ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur (Sese). D’autant plus que la Dgse a hérité de la lettre de mission du ministère délégué qui exécutait la politique du chef de l’Etat en matière d’émigration.

Avec l’avènement du Secrétariat d’Etat en charge des Sénégalais de l’Extérieur, à quoi pourrait-on assister ? A une structure créée mais pour qui on peine à trouver un véritable contenu? A une entité qui vient vider l’existant de son contenu? Quoiqu’il en soit, si le décret d’attribution, attendu avec impatience ne tranche pas la question, une dualité entre la structure placée sous la responsabilité de Souleymane Jules Diop (Sese) et celle confiée à Sory Fantamady Kaba (Dgse) n’est pas à exclure. D’ailleurs, contrairement à la Dgse, le secrétariat d’Etat aux Sénégalais de l’Extérieur, bien qu’administrativement mieux coté, dispose de beaucoup moins de pouvoir que les ministères délégués et les ministères. Il ne gère pas de budget propre et ne peut pas signer de décrets. En  outre, le Secrétaire d’Etat ne siège au conseil des ministres que lorsque l’ordre du jour s’intéresse à leur portefeuille.