COMPETITIVITE DU PORT AUTONOME DE DAKAR : Cheikh Kanté dénonce les risques d’un 2ème Joola

Le transport de certains produits comme le soufre au Port Autonome de Dakar (PAD) cause des préjudices aux travailleurs et pourrait virer au drame, à cause de la proximité entre le soufre et le pétrole voire d’autres produits inflammables.

heikh Kanté, le Directeur général du Port Autonome de Dakar (PAD) à une psychose, celle de vivre un deuxième bateau le « Joola » au Sénégal. Les germes du drame qui avait fait plus de 2000 morts en 2002 existent au PAD notamment dans la zone sud où le soufre de la compagnie des Industries Chimiques du Sénégal transporté à l’air libre par le train cohabite avec les pipelines de pétrole. Une bombe latente qui peut exploser à tout moment. Une situation qui hante les usagers du port et notamment ceux qui travaillent au môle 8. Le Directeur général ne mâche pas ses mots en parlant de la situation explosive au môle 8 où l’environnement très pollué le partage aux préoccupations sécuritaires.

La direction générale a organisé, le jeudi 13 novembre, une visite de l’infrastructure portuaire. La situation au niveau du quai de pêche, de la frange nord, du wharf pétrolier, des terminaux à conteneurs (TAC) où DPW se déploie pour ériger le port du futur et le môle ont notamment retenu l’attention des visiteurs. C’était en présence de plusieurs députés, des syndicats, des concessionnaires des principales installations et projets portuaires. La ballade qui a duré plus de trois heures a permis de découvrir toutes les tares qui donnent un visage hideux à l’infrastructure portuaire mais également l’engagement des principaux concessionnaires qui s’activent pour respecter leur contractualisation avec le PAD. Il s’agit notamment des sociétés Dubaï Port World, de Necotrans, de Eiffage, Grande Côte Opérations et autres.
La montée d’adrénaline s’est manifestée dès le débriefing quand Cheikh Kanté le Directeur Général du PAD a mis l’accent sur l’insécurité et les questions environnementales. Des questions urgentes qu’il faudra régler selon lui. C’est l’avenir du PAD qui en dépend. Assane Ba le responsable qualité et environnement de Dubaï Port World lui emboitant le pas lors de la visite a révèle que la semaine dernière, le feu s’est manifesté dans la zone 8. Un phénomène récurrent selon lui.

Un regard suffit pour s’interroger en voyant la longue trainée de poudre jaune qui s’échappe des wagons immobilisés en face de pipelines engorgés de pétrole. Juste quelques plaques de zinc séparent les pipelines du train qui remorquent une dizaine de wagons d’où déborde le soufre. Assane Ba essaie de rassurer son monde en indiquant que le soufre exposé à l’air libre, n’est pas dangereux. Cela peut causer des irritations aux humains mais il suffit d’une étincelle pour en faire un produit inflammable d’où sa dangerosité. La solution à court terme est transporter le soufre dans des wagons fermés. Les ICS perdent d’ailleurs beaucoup dans la configuration de transport actuelle.

Si le soufre est une menace permanente au PAD, d’autres problèmes existent également qui sont des menaces pour les usagers. L’environnement est menacé par des émanations de gaz de toutes sortes. Aucune partie de l’infrastructure n’échappe à cette nocivité. L’’air est souvent irrespirable, relève un groupe de dockers qui a réservé un standing ovation au Directeur Général et à ses invités lors de leur passage au niveau de plusieurs sites. L’impraticabilité de certaines routes en période d’hivernage notamment porte préjudice à certains concessionnaires obligés de subir une situation qui génère des manques à gagner. Des accidents peuvent arriver à tout moment du fait de l’encombrement des pistes. Les mauvaises pratiques lors des déchargements, des chargements ou de l’entreposage est également un casse-tête que le Directeur Général du PAD veut régler en urgence. Les normes sont loin d’être respectées constate un député désabusé par la situation catastrophique qui défile sous ses yeux. « Cheikh Kanté a du pain sur la planche » souligne-t-il. « C’est un gros chantier qu’il a. C’est le mode d’exploitation de certains môles qui doit être revu » selon lui. Un avis conforté par le Directeur technique du PAD. C’est le cas au niveau du môle 3 où se trouvent les entrepôts maliens. Un monde délabré où l’on remarque des véhicules qui sont exposés depuis près d’une dizaine d’années déplore le directeur technique du port de Dakar. Quid alors des douaniers soulève quelqu’un ? Leur laxisme est préjudiciable dénonce un député. Pour mettre fin à cette situation anarchique, le Directeur Général du Port annonce des mesures énergiques. Des déguerpissements auront lieu car l’assainissement du PAD est une surpriorité. Une démarche qui mérite d’être accompagnée car ce sont des vies qui sont en jeu.

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