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Cinéma : Coup de projecteur sur le 7ème art francophone

Publié le 11 novembre 2014 par Pape Adama Touré

Ville culturelle par excellence, Dakar a vibré du 6 au 15 octobre, au rythme des Trophées francophones du cinéma. Pour sa 2ème édition, la cérémonie a montré dans la salle Samba Félix de l’Institut français de Dakar, des films en français réalisés dans le courant de cette année ou l’année précédente. Bien représenté, le Sénégal a proposé le film Des étoiles de Dyana Gaye, de même que Mille Soleils réalisé par Mati Diop. De quoi donner un coup de pouce à la relance du 7ème art.

élébrer le cinéma francophone dans toute sa richesse et sa diversité… à quelques jours de l’ouverture du 15ème sommet de la Francophonie de Dakar. Avant-première ne saurait être plus opportune. Et c’est tout le défi que s’est lancé pour la deuxième année, l’Association des Trophées Francophones du Cinéma (ATFC). «La cérémonie de 2013 a été saluée comme une vraie réussite au niveau de l’organisation mais aussi de la présentation. Dakar a été notre point de lancement et nous voulons continuer à faire vivre ce cinéma francophone à travers les villes qui vont accueillir les cérémonies dans les années à venir», se réjouit d’emblée M. Welsh, président de l’association.

C’est dans une ambiance positive et bien sobre que s’est ainsi ouvert le 6 octobre dernier, le deuxième volet des Trophées francophones du cinéma. Pendant neuf jours, l’ATCF s’est ainsi associée à l’Institut français, pour faire découvrir au public dakarois une trentaine de pépites du 7e art francophone des deux dernières années. Une aubaine pour une ville qui a littéralement «soif» de cinéma et où les films sélectionnés -sans une telle initiative- auraient très peu de chance d’être visionnés par le grand public.

Outre l’aspect fonctionnel, cette cérémonie contribue à rapprocher les cultures. En effet, à la veille du 15ème sommet de la Francophonie de Dakar, l’événement met en lumière la qualité et la diversité de la production cinématographique francophone. «Ce qui est intéressant est de se trouver dans un espace où on visionne autant de films dans un laps de temps relativement court. Cela permet de faire un parcours exceptionnel de la situation du cinéma francophone. On a des films qui viennent du Cambodge, du Liban, de la RDC, du Québec, du Luxembourg…C’est un moment privilégié et on est très contents de pouvoir offrir au public dakarois cette merveilleuse sélection de films qui viennent de partout. Cette année on a introduit un nouveau trophée pour le documentaire parce qu’on a constaté que c’est un genre extrêmement prégnant dans le cinéma francophone», rassure Henry Welsh.

Modèle d’ouverture, la candidature aux Trophées est accessible aux cinéastes non francophones mais dont les œuvres sont en français ou coproduites. Composé de professionnels du milieu du cinéma, l’Académie francophone parcourt chaque année les plus belles productions en français à la recherche de la perle rare. Car, le but est de révéler et de récompenser des films qui mèneront leur chemin, avec assez de qualité pour séduire une plus grande audience dans la durée. «Les films sont choisis de façon très simple. On demande aux pays francophones qui sont admissibles de soumettre trois longs métrages, un documentaire et un court métrage étant entendu que ces films doivent avoir une diffusion soit en salle ou dans un festival national et que les principaux artistes ou artisans du film soient francophones», renseigne t-il.

Promouvoir des jeunes cinéastes

Cette année 27 films ont été projetés à la salle Samba Félix de l’institut français de Dakar. Au départ 34 longs métrages et 12 courts métrages en provenance de 20 pays différents avaient été soumis aux membres de l’Académie francophone du cinéma. À l’issue d’un premier tour de vote, les nominations se sont réparties sur 22 longs métrages et 5 courts métrages en provenance de tous les horizons de la Francophonie. Un baromètre de la production francophone ? «Dans le monde francophone cela permet de jauger l’état de la production. Outre les cinématographies francophones du nord qui produisent beaucoup, il y a dans les autres pays, une réelle volonté de s’aligner dans la course avec une possibilité de gagner le trophée dans n’importe quelle catégorie de la même façon que les grands pays qui ont évidemment plus d’impact», note M. Welsh.
Pour les organisateurs, ce dynamisme est essentiel dans l´industrie du cinéma, où la concurrence est rude. Pour de nombreux films sortis dans les pays francophones -du sud en particulier- une projection à cette cérémonie est à coup sûr un tremplin pour trouver un distributeur et d’atteindre un public plus élargi. «A l’origine, l’idée était de promouvoir le cinéma francophone parce que dans les cinématographies du nord il existe des cérémonies qui récompensent la production nationale et pour dépasser cela on s’est dit que la seule façon c’est d’unir nos forces et de créer un dispositif qui permette de récompenser tous les films francophones de la planète», ajoute t-il.

Cette cérémonie à vocation «professionnelle» reste pourtant un lieu de rencontre incontournable pour les amateurs de cinéma et sert de cadre approprié pour donner de l’impulsion au cinéma local. «On a entendu des promesses de soutenir le cinéma sénégalais. Nous on veut être une sorte de petite étincelle qui permet dans les pays où on va présenter la sélection. On va continuer de revenir chaque année à Dakar et d’aller dans d’autres pays et de poursuivre cet effort. On veut juste mettre l’accent sur le cinéma francophone de sorte à ce que les gens au niveau local se disent que cela vaut le coup, qu’on est aussi bons que les Américains. Rien qu’à regarder les films de cette année, on a une collection de films qui peut parfaitement se comparer avec ce qui se fait de mieux ailleurs. Dans ce sens là on est des déclencheurs pour le cinéma local, national», défend Welsh.

Par ailleurs, c’est également un moment privilégié de promotion des jeunes cinéastes. «On accorde beaucoup d’attention à la promotion des jeunes talents. Ce genre de parcours autour de la définition d’un cinéma francophone permet de donner la chance à de jeunes cinéastes indépendamment de cela les grands festivals ne sont pas toujours adaptés à cela. Le regard qu’on porte sur le cinéma francophone est un regard rétrospectif alors que les festivals essaient de montrer des films beaucoup plus ancrés sur le futur, les découvertes de premières mondiales», prévient M. Welsh.
Cette année, le Sénégal a encore été bien représenté d’abord avec «Des étoiles» de Dyana Gaye qui est le long métrage enregistrant le plus de nominations, tandis que «Mille Soleils» de Mati Diop est nommé pour le trophée francophone du court métrage.

Fort bien représentés à cette deuxième édition, les films provenant du continent africain s’affichent en tête avec 22 nominations réparties sur 13 films représentant 7 pays :
- Les 9 longs métrages DES ÉTOILES (Sénégal, 6 nominations), LE REPENTI (Algérie, 4 nominations), FIÈVRES (Maroc, 2 nominations), SDEROT SECONDE CLASSE (Cameroun, 1 nomination), LA PREUVE (Algérie, 1 nomination), KINSHASA SACRÉ PAYS (République Démocratique du Congo, 1 nomination), L’ARMÉE DU SALUT (Maroc, 1 nomination), HERCULE CONTRE HERMES (Maroc, 1 nomination), NESMA (Tunisie, 1 nomination)
- les 4 courts métrages L’ÎLE (Algérie), MILLE SOLEILS (Sénégal), MBOTÉ ! (République Démocratique du Congo) et LA RADIO (Côte d’Ivoire).

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