Cheikh Tahirou Doucouré, professeur de Sciences islamiques et de Lettres arabes, est auteur de plusieurs ouvrages sur l’Islam, particulièrement sur la secte hamalliste dont il est un fervent adepte.

Il est connu pour son verbe séduisant. Maître incontestable de la numérologie coranique telle une science infuse. Cheikh Tahirou Doucouré est un rhéteur au sens de la précision. Engagé depuis des décennies dans le débat islamique au Sénégal et un peu partout à travers le monde, ce professeur de sciences islamiques et de Lettres arabes est un auteur à la production abondante. Loin de cette race d’intellectuels qui ont la phobie de l’écriture. Le chercheur fécond est l’auteur de plusieurs ouvrages en arabe, portant sur l’islam. Sous la plume de l’auteur, on peut lire : La clef de la langue arabe en grammaire, Orientation des chercheurs vers la découverte des héritiers dans le rite malékite, Le coup fatal, Les bases de la voie Ahmadiya At-tijania, sous l’étendard du Coran et de la sunna, Les données irréfutables de l’appel hamalliste. Dans cette dernière publication, le Pr Doucouré retrace les agissements criminels des autorités coloniales et de leurs complices pour arrêter Cheikh Hamahoullahou le 19 juin 1941, puis exécuter deux de ses fils et leurs compagnons, dans la même année. Dans Les bases de la voie Ahmadiya At-tijania, sous l’étendard du Coran et de la sunna, il défend la Tariqa Tidjane qui a essuyé de virulentes critiques. Le coup fatal s’inscrit dans cette même dynamique avec un caractère fortement éristique. Il y  émet une réplique aux critiques portées par le Dr Anis Sharoush, sur le Coran et son style. En effet, explique le grammairien, «en 1993, aux Etats-unis, un débat opposait Dr Sharoush au Sud-Africain Feu Ahmed Didad, au cours duquel Dr Sharoush attaque l’Islam et son prophète (Psl)». A l’en croire, «Didad qui maîtrisait parfaitement l’anglais, avait des lacunes en langue arabe, c’est pourquoi il n’avait pas pu défendre le Coran qui a été sévèrement critiqué dans son style. Et, Sharoush en a profité pour attaquer la religion musulmane». Révolté, le grammairien Doucouré s’était saisi de la casette du débat pour répondre à Sharoush par écrit et à travers une bande sonore. Documents qu’il a  ensuite envoyés à la Ligue islamique mondiale qui les a transmis au roi d’Arabie Saoudite, Fadh Abdel Aziz. «Le roi était séduit et dira qu’il n’a jamais vu ni entendu une réponse aussi claire et pertinente que celle de Cheikh Tahirou au Dr Sharoush dans le monde », a relaté son fils Cheikh Tidiane Doucouré. C’est à la suite de la publication de ce livre que le roi Fadh lui a adressé une invitation pour le pèlerinage à la Mecque de l’an 1414 de l’hégire en 1999, «afin de le présenter au monde musulman». «A son retour au Sénégal, il a été invité à la radio walfadjri par Sidy Lamine Niasse qui était à ce moment à la Mecque et par Babacar Diagne, avec trois sorties dans son émission TGP», a ajouté Doucouré fils. Dans plusieurs de ses sorties au Sénégal ou à l’étranger, a souligné Oustaz Mamadou Ba, Cheikh Tahirou défend l’islam, sa confrérie, et traite de la mystique de Chérif Hamahoullah, ainsi que de l’ostracisme dont il a été victime par le colon et d’autres dignitaires de la Tijaniyya.

Au lendemain de l’indépendance du Sénégal, il a occupé le poste de conseiller chargé des affaires culturelles et religieuses du président Léopold Sédar Senghor. Ce mystique est un guide du hamallisme, une doctrine religieuse au sein du tidjanisme, fondée par Cheikh Himallahi en 1909, en particulier et de l’Islam en général. «Sa pensée revêt une envergure telle qu’elle résume un chef religieux qui défend inlassablement l’hégémonie islamique», a dit de lui Dieynaba Diallo, une de ses voisines. Né en 1930 à Malicounda, village situé à environ 80 km de Dakar, le vieux Doucouré n’ayant jamais fait l’école française, est une source de connaissance intarissable sur l’Islam et la Tijaniyya, puisée uniquement au sein de  sa famille. En effet, il a fait toute sa formation islamique auprès de son père Boubacar Bou Lamba Doucouré qui était un compagnon et Mouqadam de Cheikh Hamahoullah, dont le Môle 3 du Port de Dakar porte son nom, à l’instar d’autres religieux musulmans et catholiques. C’est auprès de lui qu’il a étudié le Coran, les règles du Tawhid, ainsi que la grammaire arabe. Le grammairien Doucouré, khalife depuis 2004 de Malicounda, foyer de rayonnement de cette branche du tidjanisme au Sénégal, s’est spécialisé dans la linguistique et ses domaines variés.