Ces Boulets aux pieds du Président Désenclavement, modernisation de l’agriculture, autosuffisance en riz

« Quelles que soient les critiques, je continuerai les tournées à l’intérieur du pays», a dit Macky Sall, lors de la conférence de presse accordée à la Tfm, à la SenTv et à la Rts. C’était le 15 avril dernier alors qu’il était en plein dans sa 3ème tournée économique au cœur du Saloum, après le Nord et le Sud du pays. Un retour sur les itinéraires de ces trois premiers exercices permet d’en mesurer les objectifs socioéconomiques, en dehors de toute considération politique. Puisque le principal concerné assure : « Nous ne sommes pas là pour gérer les états d’âme des politiciens».

a détermination affichée par Macky Sall n’a pas fait faiblir les critiques dont celles de Mamour Cissé. Le leader du Parti social-démocrate/Jant bi, invité de l’émission « Grand oral », samedi 18 avril 2015, fustigeait le fait que pour les Conseils des ministres parallèles, « ils amènent une pléthore de personnel pour simplement annoncer des choses qui sont déjà existantes ». La critique constructive est louable, puisque le dernier directeur de cabinet de Wade ajoutait : «qu’il aille sur place pour voir l’indigence que vivent les populations, les possibilités qu’offre telle ou telle région, c’est une excellente chose ». Le décor est ainsi campé autour de l’impact social et économique attendu à chaque sortie. En février dernier, après le conseil des ministres décentralisé de juillet 2013 à Ziguinchor, et le lancement du projet Pôle de développement de la Casamance (PPDC), en mars 2014, la tournée économique marquait la troisième descente dans le Sud du pays. Auparavant, il y a eu Saint-Louis et la région Nord en novembre 2014. Et dernièrement, le Sine et le Saloum du 10 au 17 avril, en attendant le reste du bassin arachidier, Diourbel notamment où il est annoncé le mois prochain. Que peuvent donc apporter ces tournées héritées de Senghor, que Diouf et Wade avaient négligées et qui, quoi qu’on en dise, ne laissent pas les populations indifférentes ? Tant il est vrai que pour régler un problème, encore faudrait-il le connaître et, pour cela, aller à la source.

En Casamance, le désenclavement. «Deux nouveaux bateaux pour désenclaver la Casamance, 200 milliards de FCFA pour développer Sédhiou et mise en place d’une Agence territoriale de développement de la Casamance. Le bilan de la tournée économique du président sénégalais, Macky Sall, en Casamance est largement positif et historique de l’avis de la majorité du peuple casamançais ». Ce bilan est tiré par Pierre Cissé dans « Afrique diagnostic ». Le Sud du pays isolé du fait de l’enclave gambienne ne dira pas « non », s’étant toujours senti « laissé-pour-compte » dans les grands chantiers de développement (le principal combat du Mfdc originel et autres mouvements historiques tels que l’Union générale des originaires de la vallée du Fleuve (UGOVAF), le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), le Mouvement autonome de la Casamance (MAC),l’Union démocratique des ressortissants du Sénégal oriental (UDERSO) qui tous se battaient pour des revendications économiques. …). En attendant un hypothétique pont (que tous les bailleurs financeraient volontiers), la liaison maritime est la seule voie de salut, le contournement étant trop long. Ce qui est important ici, c’est surtout ce qu’en pensent « les agriculteurs et les pêcheurs qui ont ainsi plus de choix pour acheminer leurs marchandises vers la capitale », selon le chroniqueur. D’autant qu’en plus de transporter jusqu’à 13 camions de 35 tonnes chacun, les bateaux viennent renforcer le seul navire assurant la liaison, avec une capacité supplémentaire de 200 passagers. Une opportunité pour la relance touristique saluée par Jean Diatta, le président de l’Office du tourisme en Casamance. Même l’annonce faite en Conseil des ministres décentralisé de dégager, pour le programme d’investissements prioritaires, la somme de 200 milliards de FCFA pour Sédhiou, participe de l’objectif de désenclavement et de rattrapage du retard. Quels Sénégalais s’inquiétaient jusqu’ici de la boucle du Boudié ou du pont de Marssassoum ? Sans doute les seuls ressortissants concernés, qui attendent aussi l’autre Programme spécial triennal (2018-2021) dans ce Sédhiou jugé par le président comme étant «l’une des régions les plus pauvres du Sénégal, voire la plus pauvre ». Au moment même où la région Sud dans son ensemble devra jouer sa partition dans l’important volet autosuffisance alimentaire du PSE.

Au Nord, l’autosuffisance en riz. Ce casse-tête de tous les gouvernements successifs est au cœur du Plan de relance et d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas). « A aucun moment de la tournée, le président de l’Alliance pour la République (Apr) n’a fait une déclaration politique, alors que tous ses militants s’y attendaient. C’est dire qu’il a aussi réussi à faire sa Com sur son fameux slogan : «Autosuffisance en riz en 2017», lit-on dans la presse en ligne après que le Macky Sall avait bouclé au Nord sa tournée de novembre 2015. Même si « dans les rencontres avec les producteurs, les politiciens faisaient leur show comme au bon vieux temps». Pourtant, les étapes ciblées en disent long sur la principale préoccupation : la modernisation de l’agriculture pour réduire la facture des importations et rééquilibrer la balance commerciale.

C’est ainsi que les journalistes du Soleil ont pu constater (édition du 1er novembre 2014) : « Les acteurs de la filière rizicole et les éleveurs de la région du nord du Sénégal ont exposé, hier, leurs doléances au président de la République. Macky Sall qui a visité plusieurs localités de cette partie du Sénégal, au deuxième jour de sa tournée économique dans la vallée du fleuve. » Gestion des ressources en eau (Pgire), pédologie (Saed), pêche traditionnelle, riziculture, les visites ont clairement montré la volonté qui est centrée sur ce qu’on pourrait appeler la déclaration de Boundoum relayée par Samboudian Kamara et Babacar Dione selon qui, « Le Chef de l’Etat, Macky Sall a réaffirmé la détermination de son gouvernement d’atteindre l’autosuffisance en riz (..) parce que «le gouvernement mettra les moyens nécessaires pour qu’à partir de 2017, le Sénégal n’importe plus du riz». Une telle déclaration est risquée, puisque cet objectif fait encore débat. Au risque de perdre la face à la date indiquée et conscient des conditionnalités, Macky Sall a promis un soutien massif aux agriculteurs, notamment dans la mécanisation sans oublier les autres volets que sont les aménagements, le capital semencier, la fertilisation… Il est permis d’espérer, puisque lors du 2ème passage du PM devant l’assemblée ce jeudi 23 avril, le ministre de l’Agriculture pape Abdoulaye Seck a annoncé l’arrivée de 2000 tracteurs du Brésil et d’Inde, « plus que le Sénégal n’en a jamais reçu ». IL faut croiser les doigts ?

Au Centre du baassin, la relance de l’arachide. «Nous saluons les efforts consentis par le président, Macky Sall dans la motorisation et la modernisation du secteur agricole de Kaolack, pour avoir rééquipé le bassin arachidier avec des machines agricoles, même s’il reste des choses à faire». Ces propos sont de l’un des plus virulents défenseurs des producteurs d’arachides, Alioune Badiane, campant ainsi toute la problématique de la relance de l’arachide. D’autant que dans le Saloum où la présence d’Harouna Dia a été saluée en cette mi-avril, on s’en réjouit. Parce que « Le paysan peut désormais vivre de son agriculture surtout avec l’homologation de l’arachide Sénégalais dans le marché chinois », selon des sources citées par leral.net le 17 avril 2015, vers la fin de la tournée. Dans le bassin arachidier, zone démunie d’industries avec le déclin du port de Kaolack et de l’huilerie de Lindiane (l’une des unités de la défunte Sonacos, actuelle Suneor), à l’exception des salins et de quelques sites touristiques désaffectés, des noms ont resurgis en raison de leur place dans l’histoire du pays : Koungheul, Kaffrine, Keur Madiabel , Keur Maba Diakhou Ba, Médina Sabakh dans le département de Nioro, etc. La tournée y a pris les couleurs d’un retour aux sources du Sénégal des traites arachidières malheureusement plombées par les agissements peu honorables de certains agents de la défunte ONCAD. La gouvernance de rupture annoncée devrait alors puiser aux leçons de ce passé récent et dont les cicatrices sont encore visibles dans le dénuement des populations. D’autant que la prochaine tournée est annoncée le mois prochain à Diourbel, le ventre mou du bassin arachidier. Elle ira au rendez-vous des Mourides, dont la foi chevillée au travail consacré de tout temps à cette denrée a construit le Sénégal indépendant, au cœur de l’industrie balbutiante dont le déclin, du fait des politiques d’ajustement structurel, a déclenché la paupérisation des terroirs.

Le mot de la fin est emprunté au président Macky Sall lui-même qui a déclaré : « «Moi je travaille, je ne suis pas dans la politique politicienne. Je fais des tournées économiques». Pourvu que ça dure !

Pape Songué Diop, maire de Gandiaye
«MACKY SALL EST DANS LA CONTINUITE»

Ce sont des visites qui peuvent apporter énormément de choses. Le président est toujours fidèle à cette ligne, car avant la conquête du pouvoir, il a fait le tour du Sénégal pour être en contact avec les populations et toucher du doigt les problèmes. Cela a été très bénéfique. Maintenant, une fois qu’il est arrivé au pouvoir, il continue de faire le tour du pays, de voir quel est l’Etat d’avancement de son Plan Sénégal Emergent. Sa dernière visite aux Kaolackois lui a permis d’amener un investissement de 65 milliards d’investissement. Kaolack va devenir un pôle de savoir et un pôle économique. Parce que quand vous injectez 65milliards dans une région, il ya des retombées au plan économique, au plan social, au plan de l’emploi des jeunes. Il y a en vue le port qui va faire de Kaolack un hub par rapport à la sous-région. Il ne faut pas oublier aussi la centrale de Kahone qui passe à 150 MWatts, ce qui va régler définitivement les problèmes d’énergie dans la région. A Kaffrine, le président a promis 209 milliards de Fcfa qui vont tourner essentiellement autour des pistes rurales. J’ai été dans le département de Maleme Hodar où dès le mois de mai, les populations ne peuvent plus sortir. Le désenclavement de ces zones est important, car elles sont à forte production d’arachides. Pour dire que le bassin arachidier s’est déplacé vers cette zone où il y a, v, des questions urgentes comme l’accès à l’eau. Ce sont des questions que l’on a posé.

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