Le collectif des cadres ressortissants de la zone safène (Sindia et Diass) se bat  depuis 2005 pour tenter de convaincre les pouvoirs publics de procéder au transfert du Centre d’enfouissement technique vers une autre destination.

Le collectif des cadres ressortissants de la zone safène (Sindia et Diass) se bat  depuis 2005 pour tenter de convaincre les pouvoirs publics de procéder au transfert du Centre d’enfouissement technique vers une autre destination. En janvier 2011, le collectif avait élaboré un document intitulé «regards critiques sur le projet de construction du Centre d’enfouissement technique de Sindia et Diass». Aujourd’hui, l’Etat a pris la décision d’accéder à la demande de la population qui n’a jamais voulu de ce dépotoir d’ordures, malgré les missions effectuées à l’étranger pour montrer au président du conseil rural l’expérience italienne, dont les avantages ont certainement enthousiasmé les conseillers ruraux qui ont voté une délibération  portant affectation de 60 hectares au centre. La population, opposée à l’implantation de cette infrastructure, avait commencé à manifester sa désapprobation depuis 2005 de manière si passionnée qu’à l’occasion d’une audience publique, elle avait tout bonnement refusé catégoriquement l’implantation du centre d’enfouissement technique dans leur localité, jugeant l’infrastructure inopportune et impropre à leur environnement. De sorte que la rencontre avait été émaillée d’incidents avec la blessure d’un conseiller rural. Des échauffourées entre les manifestants et les forces de l’ordre  avaient conduit à de nombreuses arrestations ; mais grâce à l’implication des cadres de la localité, un document technique avait été élaboré pour tenter de convaincre les autorités de bouter ce projet de plusieurs dizaines de milliards  FCFA hors de la zone.

Mais l’on se demande pourquoi cette reculade de l’Etat sénégalais 8 ans après la décision prise d’implanter le centre d’enfouissement technique à Diass et Sindia ? Plusieurs réponses ont, en tout cas, été fournies par ces cadres, parmi lesquels MM. Saliou Ciss, Demba Seck et Omar Pouye, qui ont fait état du surdimensionnement du projet qui avait bénéficié d’une superficie de 60 hectares. Celle-ci est jugée exorbitante dans la mesure où, en affectant une telle surface au centre d’enfouissement, il ne restera que très peu de terres arables et habitables, ce qui aura des conséquences néfastes sur l’agriculture et l’élevage qui sont les deux mamelles de l’économie locale.

S’y ajoutent les nombreux enjeux liés à l’implantation de l’Aéroport Blaise Diagne, les demandes de logements se sont  accrues dans la zone de Diass et ses environs, ce qui s’est traduit par une forte spéculation foncière et une démultiplication des projets immobiliers. Plus de 500 parcelles à usage d’habitation ont été aménagées autour du site du centre d’enfouissement technique, ce qui signifie qu’il est impensable de vouloir faire cohabiter des ordures avec la population, pour des raisons  d’ordre sanitaire.

Le collectif des cadres avait proposé au promoteur de changer de site pour éviter de compromettre la vie de la population riveraine, ou, à défaut, de déclencher une procédure d’expropriation, auquel cas le promoteur serait tenu de payer une indemnisation à chaque propriétaire de parcelle.
Il faut se féliciter que l’Etat ait renoncé à l’exécution de ce projet ; ce qui contribuera à la pacification des rapports de cohabitation entre les habitants, qui vont désormais enterrer la hache de guerre.

Souleymane Faye, membre du collectif des cadres, explique que la population apprécie positivement la décision prise par l’Etat de renoncer au site ciblé. Néanmoins, M. Faye pense que la population doit continuer à maintenir la mobilisation, en vue d’apporter des solutions aux problèmes auxquels elle se trouve confrontée.

En effet, la sécurité constitue, selon lui, un épineux problème dans la communauté rurale de Diass quotidiennement traversée par des bolides roulant à tombeau ouvert dans une agglomération où passent plusieurs vendeuses de fruits et légumes, une activité menacée par la fréquence des accidents. Mieux, sur toute l’étendue de la communauté rurale forte de 16 villages, il n’existe aucune brigade de gendarmerie ni un poste de sapeurs pompiers pour porter secours à la population en cas d’incendies ou d’accidents de la circulation. La commune de Ponpenguine qui dispose de tels services sociaux (centre de santé, sapeurs pompiers, gendarmerie) est distante de 7km sur piste et 15 km en passant par Sindia.

Au plan sanitaire le village de Diass ne compte qu’un poste de santé dont une partie s’est effondrée, la sous-préfecture  est elle-même implantée  à Sindia, une communauté rurale située à 4km de là.
Mais c’est dans le village de Kholpa que l’on trouve ce qu’il y a de plus cocasse : une case de santé, don d’un compatriote d’origine libanaise, exploitant agricole. L’infrastructure ne dispose que d’un seul lit, les perfusions se font au village de Daga distant de 3 km comme indiqué par Mme Madjiguène Ciss, habitante de ce village dont l’école non clôturée souffre du manque criard de tables bancs, sa toiture en zinc s’envolant à chaque hivernage.
A Kholpa, il n’y a ni électricité ni moulin à mil pour alléger les travaux des femmes dont on parle depuis l’avènement de la ministre Maïmouna Kane au début des années 80.

Le village de Samkeidj est à 2 km de Diass, mais l’état de la piste cahoteuse présente une sorte de cratère que les véhicules peinent à franchir, si bien qu’il faut casquer fort pour relier à l’aide de taxis clandos l’essentiel des 16 villages qui composent la communauté rurale de Diass.
La population ne cesse en effet de manifester son désarroi par rapport au fait qu’il soit moins cher de rallier la capitale située à 45 km, qu’un village de la communauté rurale.

A ces maux s’ajoute le chômage de ces jeunes que l’on aperçoit sous les arbres du matin au soir, alors qu’une usine de transformation des mangues qui pourrissent pourrait très facilement apporter une solution à cet état d’oisiveté. Etant donné que les différents chantiers de l’Aéroport de Diass - la cimenterie du Sahel et l’usine de Kirène - n’offrent pas de travail à ces jeunes chômeurs qui cohabitent avec ces potentiels pourvoyeurs d’emplois.