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Cancer de sein : Une maladie ruineuse

Publié le 17 novembre 2014 par Aminata Dème Sathie

Environ 850 nouveaux malades par an font face au coût exorbitant du cancer du sein estimé à 2 millions. 70% des cas diagnostiqués viennent à un stade tardif. Ce qui fait que le taux de survie à 5ans est seulement de 13%. Et le seul institut du cancer au Sénégal souffre d’un manque criard de personnel, de sa vétusté et l’étroitesse des locaux.

Au Sénégal, le cancer du sein est le 2ème cancer le plus fréquent chez la femme », selon la Ligue Sénégalaise contre le cancer (Lisca). Chaque année 850 nouveaux cas sont enregistrés avec un faible taux de survie de seulement 13%. Un chiffre alarmant lié entre autres au dépistage tardif et au coût exorbitant du traitement qui est évalué en moyenne à 2.000.000 CFA par malade selon une étude de la Lisca. Ce qui est hors de portée de la majorité des Sénégalais, qui ne bénéficient pas d’assurance maladie. Or le cancer de sein prend des proportions inquiétantes. Dr Fatima Guénoune préconise le dépistage précoce de la maladie, car confie-t-elle, du fait de la cherté du traitement beaucoup de femmes ont peu de chance de survie au Sénégal car étant sans prise en charge sanitaire encore moins d’assurance maladie.
Doudou Diouf, chimiothérapeute à l’institut Curie de l’hôpital Aristide le Dantec confie que 75% des malades arrivent dans les structures de soins dans un stade très avancé de la maladie c’est-à-dire 5 ans après les premiers symptômes : «la chance de survie du patient est mince et le seul moyen de traitement existant est l’ablation de la membrane» se désole le spécialiste.

Un déficit criard de spécialistes

4 chirurgiens, 2 radiothérapeutes, 2 chimiothérapeutes sont le nombre de spécialistes dont dispose l’Institut du cancer pour tous les malades sénégalais et ceux de la sous-région, « nous avons un déficit criard de spécialistes de cancer » se plaint Doudou Diouf, chimiothérapeute à l’institut Curie de l’hôpital Aristide le Dantec de Dakar. Ce manque de spécialiste des maladies cancérigènes au Sénégal, influe forcément sur la qualité des soins: « nous recevons 40 malades par jour en consultation. Ce qui est trop par rapport à deux spécialistes. Et cela est difficile surtout que la consultation est relativement longue» se désole le chimiothérapeute et d’ajouter : « Or la prise en charge du cancer relève de plusieurs spécialistes ».
Aussi l’institut Joliot Curie de l’hôpital Aristide le Dantec, seul centre anti cancéreux au Sénégal qui accueille tous les malades du cancer du pays et de la sous-région croule sous le poids de son étroitesse et de la vétusté de ses locaux confie son directeur Mamadou Diop, Chirurgien Cancérologue, d’où les difficiles conditions des malades.
Pis dans ce centre il n’y a pas suffisamment de lits, de blocs opératoires, de bureaux de médecins, de salles de consultation, de salles d’attente « et la salle de chimiothérapie est pleine» affirme le directeur de l’institut.

1000 mammographies à 15 000FCFA

Pour le docteur, si le cancer est détecté à un stade précoce, la survie à 5 ans est supérieure à 90%. Il est donc nécessaire d’organiser le dépistage par mammographie qui est le seul moyen de détecter le cancer lorsque qu’il est encore de très petite taille, moins de 1cm de diamètre. Les spécialistes, insistent en outre sur l’examen clinique des seins et l’auto examen. Dans le cadre d’«Octobre Rose», un programme de la Ligue sénégalaise de lutte contre le cancer, 1000 mammographies à 15 000FCFA contre les 60 000 payés seront offertes durant ce mois d’octobre aux femmes âgées de 40 à 74. « Octobre rose a permis de prendre en charge 600 femmes en 2012, 1000 femmes en 2011 et 566 femmes en 2013 » renseigne le docteur Fatma Guénoune. Selon elle « Octobre Rose est aussi marquée par une campagne de dépistage du cancer du sein organisée tous les mois d’octobre ». La Lisca prévoit aussi une consultation de sénologie avec un don de la mammographie, une caravane de sensibilisation à Dakar et à sa banlieue.
Ces dernières années, le taux de décès lié au cancer du sein a chuté grâce à un diagnostic plus précoce et au développement de meilleur traitement » rassure le Professeur Mamadou Diop et d’ajouter : il est conseillé aux femmes de faire une mammographie tous les deux ans à l’âge ou elles sont les plus exposées c’est-à-dire après 40ans

1 milliard affecté à la prise en charge du cancer

Une ligne de 1 milliard va être inscrite dans le budget du ministère de la Santé pour une prise en charge du cancer. Docteur Seynabou Ba qui représentait le ministre de la Santé Madame Eva Marie Coll Seck l’a révélé lors de la conférence de presse de la LISCA : « L’importance que revêt la prise en charge du cancer fait qu’une ligne de 1 milliard va être inscrite dans le budget du ministère de la Santé pour une prise en charge contre le cancer » affirme-t-elle. En outre des bourses et des formations seront octroyées à des chirurgiens chimiothérapeutes pour combler le déficit de spécialistes.

Les facteurs qui favorisent le cancer du sein sont de l’avis du docteur Diouf l’hérédité qui concerne 5 à 10% de l’ensemble des cancers du sein et elle est due à la transmission d’un gène « muté » appelé BRCA , d’une génération à l’autre. Autre cause, L’hyperoestrogénie . Le cancer du sein est qualifié de cancer hormono dépendant, car toutes causes d’augmentation du taux d’œstrogène dans l’organisme sont un facteur de risque. La non-fécondité ou la fécondité tardive a un risque sensiblement élevé de développer un cancer de sein. A cela s’ajoute l’obésité du fait que la graisse qui fabrique naturellement de l’œstrogène est en excès. Et la ménopause tardive et la puberté précoce qui signifie qui signifie aussi une plus grande quantité d’œstrogène dans l’organisme. Aussi il y ‘a les mastopathies qui constituent l’ensemble des bénignes du sein pouvant prêter à confusion avec le cancer et dont certaines peuvent évoluer plus tard vers le cancer. Enfin, l’alimentation, l’alcool et le tabac. Une alimentation riche en matière grasse notamment en graisse saturée, mais aussi en protéine animale augmenterait le risque de cancer du sein alors que les légumes, les fruits et les aliments contenant de la B carotène de la vitamine C et d protégeraient contre le cancer du sein. Aussi une femme qui fume ou qui a fumé un paquet par jour augmente le risque de cancer du sein de 4, 6 fois par rapport à une femme qui n’a jamais fumé

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