BLANCHIMENT D’ARGENT, TERRORISME ET VIH SIDA : Trinité de la gangrène de l’Afrique

Les « Jeunes unis pour l’éveil de l’Afrique noire » ont organisé une conférence, le samedi dernier au Cesag de Dakar. La rencontré a permis de plancher sur le blanchiment d’argent, le terrorisme et le VIH-Sida, trois maux qui ravagent le continent.

« Le blanchiment d’argent accentue la pauvreté », déclare Ludovic Dhooré, coordonnateur de l’ONUSIDA. C’est au cours de la conférence organisée par l’organisation des  Jeunes unis pour l’éveil de l’Afrique noire. La rencontré, abritée par le Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag), a permis de converser sur l’impact du blanchiment d’argent sur les plans politique, économique, social, sanitaire. Le spécialiste de l’ONUSIDA fait remarquer que sur le plan économique, la fuite des capitaux vers les places offshores ou vers les paradis fiscaux facilite la corruption et le détournement de deniers publics. « Un paradis fiscal est doté de dispositions législatives ou de pratiques administratives empêchant un échange de renseignements avec d’autres pays sur les contribuables », explique-t-il. De ce fait, ils jouent, à côté des centres offshores, un rôle accru dans les opérations de blanchiment de capitaux, facilitées par des réglementations laxistes et le secret bancaire. Plusieurs mécanismes sont utilisés pour contourner la transparence sur les transactions financières. D’après M. Dhooré, l’argent est souvent placé dans des investissements « stériles » et les entreprises sont transformées en entités « stériles ». Ce qui a pour conséquence de freiner l’activité économique, tout en entraînant la baisse des investissements étrangers.

Au niveau politique, le blanchiment d’argent facilite la corruption et le détournement de deniers publics.  « Il cause une certaine défiance à l’égard de l’application de la loi », souligne M. Dhooré. Concernant le social, l’expert note que le blanchiment d’argent favorise la violation des droits de l’Homme et de l’Etat de Droit. De même, des spécialistes de la question établissent une interdépendance entre le taux de blanchiment d’argent dans un pays donné et  le niveau de trafic des médicaments et des déchets toxiques. Activités néfastes pour la santé publique.

Jeunesse piégée

« Malgré le potentiel dont elle dispose, l’Afrique est confrontée à beaucoup de maux qui la gangrènent : le blanchiment d’agent, le terrorisme et le sida. Ces fléaux ont pour principale cible la jeunesse. Dans les années à venir, nous aurons une population constituée de plus de 60% de jeunes inactifs, parce que malades », déplore Augustin Kokou Gaglozoun, président du Jenau CEDEAO. Il ajoute avec véhémence : « la jeunesse est fortement impliquée dans le blanchiment d’argent, notamment l’utilisation de leur compte bancaire par des blanchisseurs d’argent. Ceci, pour des transactions financières, le transport de la drogue à travers les frontières et la cybercriminalité. Ces derniers prennent de l’ampleur au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Bénin. La jeunesse, consciente du danger qu’elle court, s’implique contre ces activités illicites ». Pour Papa Ibnou Ndiaye, président du Jenau Sénégal, la lutte contre ces fléaux prend l’allure d’un chantier jamais achevé. De son côté Florine Glomégah, représentante du président du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba), estime : « le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le VIH sida sont des fléaux qui détruisent et fragilisent les sociétés africaines».

Antidote

L’Association des jeunes unis pour l’éveil de l’Afrique noire (Jenau), compte tenu de l’environnement économique instable dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest à cause du blanchiment d’argent, de la menace terroriste, du VIH sida, pense qu’il est primordial de mettre en place un organe constitué de jeunes pour éveiller leur conscience et celle des populations sur le danger auquel ils sont exposés. De ce fait, l’Association des jeunes unis pour l’éveil de l’Afrique noire (Jenau) appelle la jeunesse, pilier du développement, à croire en l’Afrique, en son potentiel tout se persuadant que l’avenir de la jeunesse africaine est on ne peut plus prometteur.

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