L’opinion publique sénégalaise s’émeut de la fortune d’Aida Ndiongue. L’ancienne sénatrice libérale est à la tête d’une richesse astronomique estimée à plus de 47 milliards  d’après  le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye.

Aïda Ndiongue est dans de sales draps. En conférence de presse, ce 17  janvier 201, le procureur de la République a informé qu’à la suite d’enquêtes menées sur des flux financiers importants de deux projets, que 47 milliards 675 millions de francs Cfa ont été découverts dans des comptes bancaires et sociétés appartenant à l’ancienne sénatrice libérale et femme d’affaires.

Entrant dans les détails, le maître des poursuites a expliqué qu’une enquête fouillée de la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale a révélé que ces fortes sommes d’argent proviennent des projets de construction de logements sociaux et de lutte contre les inondations et des bidonvilles, communément appelés «Plan Jaxaay» et des programmes de construction et de réhabilitation des édifices de l’Etat. C’est ce qui vaut à  Abdoul Aziz Diop et à Aïda Ndiongue un séjour en prison depuis décembre dernier.

D’après le procureur de la République à la date du 7 janvier 2014, conséquemment à l’ouverture de sept coffres appartenant à Aïda Ndiongue et à ses sociétés, l’exploitation des documents bancaires a révélé que 23 milliards 400 millions lui appartenant ont été retrouvés dans  une institution financière de la place. Ses bijoux en or et diamant, jalousement gardés dans des coffres bancaires, sont évalués à 16 milliards. 250 000 Euros. Sans compter 20 000 dollars en liquidités, qui complètent le magot planqué par  Mme Ndiongue.

Serigne Bassirou Guèye, a toutefois précisé que tous ces montants retrouvés ne concernent aucun marché de produits phytosanitaires. «Il n’y a pas un franc qui concerne ce marché. Le marché des produits phytosanitaires est un autre dossier qui suit son cours et qui implique à peu près les mêmes personnes», certifie-t-il. La jonction entre ces deux dossiers n’est pas à exclure, de l’avis du chef du parquet.

 

BATAILLE DE COMMUNICATION

Du côté de la défense, on crie à la violation du secret de l’instruction. «Le procureur de la République a posé un acte d’une extrême gravité», peste Me Mbaye Jacques Ndiaye.  Ce lundi 20 janvier 2014, c’est à un véritable tir groupé sur le Procureur de la République  auquel on assisté de la part des conseillers de Aïda Ndiongue qui étaient en conférence de presse ; et parmi eux, l’ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye. Le pôle des avocats de la défense a balayé d’un revers de la main les accusations du parquet de Dakar. Selon eux, l’argent de Mme Ndiongue est «licite». C’est de bonne guère. Ce qui est clair, c’est que la ligne de défense des conseillers de Mme Ndiongue n’est pas parvenue à démonter l’accusation.  L’origine licite de l’ensemble des biens de cette institutrice reconvertie dans les affaires laisse perplexe, même dans son camp.

Le procureur de la République ira-t-il jusqu’au bout de cette affaire ? La question taraude tous les esprits. Vu la gravité des faits, tout laisse croire que le parquet ne ménagera aucun effort pour faire toute la lumière dans cette affaire qui a scandalisé plus d’un et toutes les conséquences de droit en seront tirées. En effet, il est évident qu’une telle forfaiture n’a pu s’effectuer que grâce à des complicités au niveau des banques et dans certaines sphères de l’Etat. Pour l’heure, la bataille de la communication va bon train entre l’accusation et la défense….