Le Pacte national de stabilité sociale et d’émergence qui sera lancé prochainement et dont l’objectif est de créer les conditions d’une paix sociale durable et d’un environnement favorable à la productivité, la compétitivité et l’investissement, est une belle opportunité pour les Sénégalais de s’accorder sur l’essentiel. L’adoption de la loi sur la baisse des loyers par l’Assemblée nationale du Sénégal a démontré qu’un consensus est possible autour des questions majeures. Il n’est pas acceptable, cependant, que les Sénégalais ne s’accordent que sur ce qui les arrange. La loi sur la baisse des loyers s’applique malgré le brouhaha qu’elle soulève du côté de certains bailleurs. La loi est dure mais c’est la loi. Entre locataires et bailleurs, cette maxime a été plusieurs fois répétée ces derniers jours au moment de régler l’addition (le bail). Certains n’ont rien voulu comprendre. Des bailleurs ont pété les plombs et joué des poings contre leurs locataires. Certains se sont retrouvés devant la police. D’autres qui refusent systématiquement de toucher à l’argent qui leur est pourtant dû, se retrouveront à la police ou à la gendarmerie, en attendant que les juges les rappellent à la raison. Des exceptions qui émeuvent peu la plupart des Sénégalais, tout heureux de constater que les baisses annoncées sur le loyer de l’ordre de 29, 14 et 4% sont une réalité et qu’elles sont encadrées par la loi. Parmi les actes posés par le président de la République, Macky Sall, cette baisse des loyers est très marquante. Elle prouve que le social est véritablement au cœur des préoccupations du nouveau régime et malgré des moyens limités et incertains, toute une batterie de mesures est en train d’être mise en place pour gommer les inégalités sociales. C’était un engagement du candidat Macky Sall. 2014 verra l’extension des bourses familiales à 100 000 foyers, soit un montant de 10 milliards de FCFA à distribuer. L’objectif étant de toucher 250 000 familles en 2017. Le chef de l’Etat a qualifié les bourses familiales d’investissement prioritaire dans la construction d’un Sénégal solidaire, prospère et émergent. Une initiative saluée par les bailleurs qui la considèrent comme participant à une meilleure répartition des richesses nationales. Ce volontarisme politique est une réponse à des urgences réelles. La croissance au Sénégal est plombée et, depuis quelques mois, la question est devenue centrale parce que préoccupante. Au moment où dans la sous région, on parle de taux de croissance tournant autour des 6,40%, le Sénégal peine à se stabiliser autour des 4%. Cette situation qui peut être corrigée invite à un essor national. Ce sont des changements de comportements, des ruptures majeures, qui permettront dans 10 ans comme le projettent les experts en économie, d’atteindre les 7%. Le CNRI apporte une réponse à cette très forte attente pour aller vers un Sénégal fort et discipliné. Le CNRI propose de nouvelles lois… qu’il s’agira d’appliquer car l’application des lois est laxiste au Sénégal. La liste est longue de celles que les citoyens ne respectent pas. La nouvelle Constitution proposée par le doyen Makhtar Mbow et son équipe peut être source de renouveau pour le Sénégal. N’oublions pas que l’heure est à la reconstruction d’un nouvel Etat, d’une nouvelle Constitution et, pourquoi pas, d’une nouvelle citoyenneté. Le chemin sera long.