Le front social est en ébullition depuis que le ministre de la Fonction de la publique, Mansour  Sy, a rendu publics les résultats de l’audit de la Fonction publique qui épingle de nombreux fonctionnaires.  La domiciliation des salaires de certains enseignants  épinglés par l’audit au Trésor public  a mis dans tous leurs états  ces derniers, qui sont en première ligne de la contestation en multipliant les mots d’ordre de grève.

Les syndicats d’enseignants se radicalisent.  Même si  pour l’heure, ils  n’ont déroulé que deux mots d’ordre de grève : le premier consistait  à une grève de 72 heures (mardi 7 janvier et mercredi  8 janvier), le deuxième  a démarré mardi dernier par une journée de  débrayage et de 24 heures de grève totale le mercredi  15 janvier dernier. Un troisième plan d’action est envisagé, si toutefois le gouvernement ne va pas vers l’apaisement du secteur de l’éducation auquel a appelé explicitement  le chef de l’Etat, Macky Sall. Ce dernier a donné tout dernièrement des instructions, en conseil des ministres, pour le «paiement dans les meilleurs délais des salaires du mois de décembre des enseignants épinglés par l’audit de la Fonction publique, dont les résultats viennent d’être rendus publics».

On a beau guetter des signes de détente du côté des enseignants, il n’en est pour l’instant rien. Le Grand cadre et le Cadre unitaire des syndicats d’enseignants du moyen secondaire (CUSEMS) et sa rivale, le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS/ CUSEMS), continuent de mettre la pression sur le gouvernement, histoire d’amener ce dernier à accéder à leurs requêtes. Il s’agit principalement du paiement des salaires suspendus  de certains enseignants et de la signature d’un protocole d’accord qui traîne depuis l’année dernière.

Dame Mbodi du CUSEMS  a dénoncé  avec  cette ardeur  qu’on lui connaît «la façon dont l’audit du fichier a été réalisé et cela malgré les énormes moyens dont a disposé le gouvernement pour effectuer ce travail», la domiciliation des salaires des enseignants épinglés par l’audit de la Fonction publique  au Trésor. De la même manière, il  a désapprouvé le blocage de la signature du protocole d’accord de 2013.

Un avis que partage largement le secrétaire général du SAEMS/CUSEMS, Mamadou Lamine Dianté. Pour lui, l’Etat verse dans l’illégalité. Selon Dianté, la mesure s’est faite dans la précipitation,  soulignant  que «ceux dont les salaires sont versés dans le panier jaune ou rouge  ont pourtant été audités physiquement, recevant même un quitus de l’Agence informatique de l’Etat (ADIE)». «Nous sommes confrontés à une situation exceptionnelle  et inédite», tranche  Oumar Waly Zoumarou, patron  du Grand cadre.

Les syndicalistes de l’enseignement sont déterminés à faire plier l’Etat. Si rien n’est fait d’ici vendredi, ils comptent s’allier aux travailleurs de la justice, de la santé et des impôts et domaines,  touchés par la même mesure pour une action d’une plus grande envergure. D’ores et déjà, l’idée d’un troisième plan d’action est agitée par les syndicalistes de l’éducation.