Aubin Minaku Président de l’Assemblée Nationale de la RDC - «L’AFRIQUE DES FONDATEURS DU PANAFRICANISME EST EN TRAIN DE RENAITRE»

Le président de l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo son Excellence Aubin Minaku est vice-président de l’Assemblée des Parlementaires Francophones. Des enseignements qu’il tire de la rencontre de Dakar, il met l’accent sur le combat à mener contre le terrorisme qui est une menace pour l’humanité.

La Gazette : La 7eme rencontre des parlementaires a vécu avec une réflexion majeure sur le terrorisme. L’Afrique est-elle prête dans ce combat?

Nous avons évoqué à titre préliminaire la problématique de la lutte contre le terrorisme, parce qu’aujourd’hui, nul sur cette terre ne pouvait imaginer ce que nous vivons. Des jeunes filles enlevées, vendues, certaines d’entre elles transformées en kamikaze ; plus de 150 étudiants assassinés. Il y a une terreur réelle notamment en Afrique de l’Ouest (au Mali et d’autres pays). Pourquoi en sommes-nous là ? C’est parce qu’à mon avis, nous n’avons pas suffisamment intériorisé cette menace immense qu’est le terrorisme pour l’Afrique et pour l’humanité. C’est pourquoi nous africains qui sommes en réalité faibles en matière d’organisation sécuritaire, nous devons prendre conscience de la nécessité d’agir à l’unisson pour éveiller davantage la conscience de l’humanité, pour interpeller davantage nos partenaires qui ont beaucoup plus de moyens. Il faut une contre- attaque contre le terrorisme sinon cette menace va décimer l’humanité. Et il nous appartient à nous dirigeants d’y réfléchir sérieusement pour éveiller nos différents gouvernements.

Personnellement je pense que l’Afrique des fondateurs du panafricanisme est en train de renaitre, avec la nouvelle classe dirigeante, dans un contexte où la démocratie est en train de se cristalliser. Voilà pourquoi nous devons rester optimistes et nous, élus députés et sénateurs, nous avons pris conscience de la nécessité de comprendre que les atouts nous les avons. Il nous reste l’organisation, la cohérence de nos actions. Il nous faut asseoir une stratégie africaine. C’est ce que nous sommes en train de faire au niveau des parlementaires.

L’un des thèmes de votre rencontre a porté sur la croissance économique et l’éradication de la pauvreté en Afrique francophone. Sur quels leviers comptez-vous agir pour une croissance plus forte et pour éradiquer la pauvreté?

On parle de plus en plus d’une certaine croissance positive dans certains Etats africains. Mais cette croissance doit être inclusive et, j’ajouterai pour paraphraser un des parlementaires : une croissance inclusive à visage humain. C’est une cohérence de nos actions sur le plan macroéconomique qu’il nous faut. Il faut que sur le plan énergétique l’Afrique puisse suffisamment mettre sur pied ses capacités. Là, je pense particulièrement à mon pays, la République Démocratique du Congo avec le barrage Dingua qui fournit de l’énergie à l’Afrique australe et à l’Afrique du Nord. Ce sont des initiatives du genre qui peuvent nous permettre de maximiser nos capacités naturelles. C’est cela qui permettra à l’Afrique de devenir une puissance. Et je crois que c’est un facteur import de croissance. Au-delà de l’énergie, nous devons avoir des routes, des chemins de fer, qui vont du sud au nord de l’Afrique, de l’est à l’ouest. L’Afrique a besoin d’infrastructures.

Ce qui signifie qu’il faut booster le NEPAD….

(Il coupe) Effectivement c’est un programme qui a été bien défini, qui a bien démarré, mais il ya eu quelques contraintes, quelques pesanteurs. C’est par ce mécanisme, c’est en nous mettant autour de ce projet que nous pourrons arriver à faire décoller l’Afrique.

Cette année va être une année particulière parce, qu’il y aura beaucoup d’élections. Des recommandations particulières pour que la Démocratie triomphe?

L’APF joue un rôle d’observateur lors des élections. Les membres de l’APF sont des parlementaires qui ont un pouvoir de contrôle sur le gouvernement. Les parlementaires peuvent orienter les différentes politiques, notamment la politique électorale dans chaque Etat, de sorte que les élections soient organisées selon le standards internationaux en respectant les règles simples pour un Etat démocratique, dans un Etat de droit. Le rôle de l’APF est de prendre des résolutions pour booster les capacités des différentes institutions délibérantes au sein de chaque Etat. Une élection en Afrique est un acte de souveraineté, mais cela ne doit pas être un prétexte pour faire n’importe quoi. C’est un grand moment pour le peuple. Je pourrais dire que la démocratie est la capacité dont dispose chaque peuple à s’autodéterminer sur le plan politique et économique. Dans ce jeu-là, il faut respecter le standard international. Des élections transparentes, crédibles c’est important, mais en même temps il ne faudrait pas que les élections en Afrique deviennent une sorte d’instrument entre les mains de certains pour orienter les Etats africains. Là, ce serait une dérive de la démocratie. C’est à nous les élites africaines dans nos différents pays de veiller au standard international. Mais en même temps il nous faut être prudent pour que certaines puissances n’instrumentalisent pas notre démocratie. Et vous le savez, dans les relations internationales, c’est un jeu d’intérêt, de rapport de forces. Il ne faut pas que nos élections deviennent des instruments à la portée d’autres peuples. Cela n’est pas acceptable.

Dossier réalisé par Pape Amadou FALL et Fatou Sagar DIOP

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