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Atteinte des OMD : Le Sénégal déjà sur l’après 2015

Publié le 25 mars 2014 par Pape Adama Touré

A mesure que la date butoir des OMD approche à grands pas, le Sénégal semble de plus en plus s’en éloigner. S’il est connu de tous que le rendez-vous est déjà manqué, le Sénégal se projette déjà dans l’après 2015.

Moins de 500 jours à courir avant l’échéance des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), et le Sénégal est de loin… à la traîne. Deux ans avant la date butoir, les signaux sont pour la plupart au rouge. «La plupart des cibles des OMD ne seront pas atteintes par notre pays», apprenait Amadou Kane, alors ministre de l’Economie et des Finances. OMD, ce vaste programme planétaire en huit points clés (éradiquer l’extrême pauvreté et la faim, garantir l’éducation primaire pour tous, réduire la mortalité infantile et maternelle, assurer l’égalité hommes-femmes, combattre le sida,…), censé réduire de moitié la pauvreté sur l’ensemble de la planète d’ici à 2015, avait en effet été lancé à New-York en grandes pompes le 8 septembre 2000. Quatorze ans plus tard, l’heure n’est pas à l’euphorie. Bien au contraire. «À moins de 1000 jours de la date butoir des OMD, le moment est venu de se demander si ces efforts ont apporté un réel changement pour réduire les inégalités inacceptables entre pays riches et pauvres», reconnaît l’OMS, dans un rapport publié en 2013.

Ce document qui recense les Statistiques sanitaires mondiales de 2013 compare, ainsi, les progrès accomplis par les pays ayant la meilleure situation sanitaire et par ceux qui se trouvent dans une situation moins favorable, entre l’année de référence des OMD (1990) et deux décennies plus tard. Le rapport de 172 pages, montre qu’en chiffres absolus, les pays classés dans la catégorie des 25% ayant la situation la plus mauvaise ont fait des progrès impressionnants dans le domaine de la santé. «L’écart absolu pour la mortalité des enfants entre les pays en tête et en queue de classement, a été ramené de 171 à 107 décès pour 1000 naissances vivantes entre 1990 et 2011», note le document.

Jusque là, les évaluations ont révélé que des progrès minimes ont été réalisés mais que les objectifs assignés ne sont pas atteints. De même, il ressort de l’évaluation générale des progrès accomplis en Afrique en 2012, sur le front des OMD, qu’en dépit des avancées positives dans l’ensemble, les résultats restent mitigés, selon l’indicateur utilisé et le pays concerné, tant et si bien que le rythme global de la progression ne suffira pas à garantir la réalisation des OMD avant la date cible de 2015. Sur 60 indicateurs, seuls deux (le taux net de scolarisation dans le primaire et le taux de scolarisation des orphelins par rapport aux non orphelins âgés de 10 à 14 ans) sont presque certains d’être réalisés.

Certains pays qui figuraient parmi ceux ayant les plus forts taux de mortalité des enfants en 1990, comme le Bangladesh, le Bhoutan, Madagascar, le Népal, la République démocratique populaire lao, le Rwanda, le Sénégal et le Timor-Leste, ont amélioré la survie des enfants à un tel point qu’ils sont sortis de ce groupe, notent les évaluations.

Grand défi ou simple gageure ?

«L’Afrique est en retard par rapport aux Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). Il n’y a que 5 pays qui peuvent atteindre les volets assainissement des Omd. Pour le reste, il faut attendre l’an 2048 pour être au rendez-vous. D’ailleurs, si des actions d’envergure ne sont pas entreprises, il faudra attendre 2098 pour que d’autres pays réalisent ces objectifs. L’augmentation de la population a été prise en compte dans cette dynamique. Il faut donc un changement d’approches et de paradigmes, car les grandes lignes sont déjà tracées», analysait dernièrement Félix Adegnika, coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement au Bénin.

Si au niveau mondial, la cible de réduction de moitié de la pauvreté extrême a été atteinte, au Sénégal, les perspectives d’atteinte des OMD s’amenuisent avec les retards enregistrés dans la résolution de la crise socioéconomique que traverse le pays depuis plusieurs années. Engagements non tenus, ressources inadéquates, absence d’orientations claires et de responsabilisation, déficit d’engouement et incompréhension chez les populations… expliquent les mauvais résultats dans de nombreux domaines. L’accès à l’eau potable reste un éternel défi. La mortalité néonatale persiste, malgré les efforts (26 pour mille), les maladies cardiovasculaires atteignent des proportions inquiétantes, etc. Pis, la pauvreté touche une grande partie de la population, l’insécurité alimentaire frappe plus de 800 mille personnes. Aussi, le Rapport sur l’absorption des crédits sur ressources extérieures (Rare) de 2012, mentionnait déjà que «ces progrès accomplis ainsi que les efforts constatés dans la lutte contre la pauvreté, ne permettent pas d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd)».

Car, outre la mobilisation des ressources financières de plus en plus rares dans un contexte de morosité économique et financière, l’absorption de ces ressources émanant des partenaires économiques et financiers, reste un grand défi pour les Etats africains. Du coup, si le Sénégal avait un espoir d’atteindre les huit, actuellement, il semblerait que seul l’objectif 6 est sûr d’être atteint. En effet, le pourcentage de personnes atteintes par le VIH/Sida a été contenu sous la barre des 1%. Toutefois, avec une prévalence nationale qui est à 3% et une réduction de 75% de la mortalité, les responsables du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) escomptent l’élimination du paludisme au Sénégal à l’horizon 2015, pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Il faut dire qu’en 2011 déjà, des projections statistiques apprenaient que s’il n’y a pas une rupture dans la démarche adoptée en ce moment pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile, le Sénégal n’atteindra les Omd 4 et 5 qu’en 2075.

Toutefois, même si le Sénégal n’atteindra pas la majorité des cibles des OMD en 2015, en dépit des efforts déjà accomplis pour y parvenir, notre pays peut se rapprocher de ces engagements pour 2015. Ce, évidemment si des mesures énergiques sont d’ores et déjà prises.

L’après 2015 EN Question

A cet effet, le processus de consultations nationales sur l’agenda de développement post-2015 a déjà été lancé l’année dernière. L’objectif d’une telle cette démarche qui se veut participative et inclusive est d’engager une réflexion sur le futur des populations, au-delà de 2015. D’ailleurs, le programme, Gouvernance pour l’atteinte des objectifs du millénaire (Gpao) a été lancé récemment, en Janvier 2014. Avec un financement de 3 milliards FCFA, il vise une gestion plus efficiente des politiques publiques en vue de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd).

Seulement, le contexte post-2015 nécessitera une grande mobilisation avec d’autres sources de financements innovants.

L’échéance 2015 aura tout de même permis de renforcer la volonté de l’Etat, de progresser. En effet, des progrès considérables ont été enregistrés pour atteindre la réalisation des OMD. La pauvreté continue de diminuer à travers le monde, les enfants (garçons comme filles) scolarisés en primaire ont augmenté, les décès d’enfants ont chuté de façon spectaculaire, l’accès à l’eau potable s’est élargi, le paludisme tue moins et les investissements axés sur la lutte contre le sida et la tuberculose ont sauvé des millions de vies.

Il serait temps aujourd’hui que les autorités sortent de ce fétichisme international et qu’elles se penchent davantage sur le vécu et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Pour rappel, les huit OMD à atteindre dans des délais déterminés portent sur la pauvreté et la faim, l’éducation, l’égalité des sexes, la mortalité infantile, la santé maternelle, la lutte contre le sida, le paludisme et d’autres maladies, la préservation de l’environnement et la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement.

1 Commentaires pour cet article

  1. ibra sylla Says:

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