Du 12 juin au 13 juillet,  le monde entier vibrera au rythme du football, au cœur du Brésil. La succession de l’Espagne, championne en Afrique du Sud 2010, est ouverte et ne se fera pas sans passions.

Que la fête commence ! 36 ans après Argentine 1978, l’Amérique du Sud retrouve la Coupe du Monde.  Le Brésil, pays organisateur,  rêve d’un sixième sacre après 2002, 1994, 1970 , 1962 et 1958.  Mais le quintuple champion avec ses 200 millions d’habitant, aussi célèbre pour son football que pour ses belles plages, son carnaval de Rio et sa légendaire danse Samba, est perturbé par  sa fronde sociale. Grève et émeutes ont souhaité la bienvenue aux 32 délégations, équ. Voilà un accueil hors du commun.

Le Mondial tarde à être festif. Le cœur des Brésiliens balance entre la note salée de l’organisation chiffrée à 9 milliards d’euros soit 5950 milliards de F Cfa et l’éventuel bonheur d’être champion après 2002.  L’ambiance est tendue au Brésil. Ni les prochaines retombées économiques, plus de 3 milliards d’euros, en raison de la venue de 600.000 étrangers et de la participation de 3,3 millions de Brésiliens au Mondial. Ni l’attente d’un impact positif  sur la croissance de 0,4 % par an jusqu’en 2019 et à la création d’environ 600.000 emplois (dont la moitié temporaires) à l’occasion de la Coupe du monde, n’ont altéré la révolte sociale.

La menace plane, mais la Fifa croit toujours à la magie du football. Le président Joseph Blatter : «A la Fifa, nous sommes confiants, le moment sera célébré».  Son secrétaire se fait plus réaliste.  Jérôme Valcke, le secrétaire général de la Fifa, invite le gouvernement à une solution transitoire. «Nous avons travaillé avec le gouvernement pour que l’accès au stade soit possible les jours de matches quoi qu’il arrive. Pour que deux événements aient lieu en même temps -mouvement social et match du Mondial- sans impact de l’un sur l’autre.»

La grève illimitée du métro de Sao Paulo a privé des  milliers de personnes  du transport et occasionné un embouteillage record de 209 km à une semaine de l’ouverture du Mondial.  Ce métro,  principale voie d’accès au stade Arena Corinthians où se joue le match d’ouverture,  transporte chaque jour 4,5 millions d’usagers. Les autorités plaident pour une trêve civique. Face à la Croatie, ce 12 juin 2014 à l’Arena Corinthians de São Paulo, le Brésil a mission de panser les blessures ouvertes par cette crise et de rassurer le monde.

Demain, place à l’autre Brésil, le Brésil de la joie et de la fête. Un Brésil de foot comme on l’aime.  Qui a pour unique ambition de boucler en apothéose le 13 juillet au Stade Maracanã de Rio de Janéiro. Pour une sixième étoile.  La Sélécao a comme principaux concurrents le champion en titre et champion d’Europe, l’Espagne, le voisin Argentine, l’Allemagne, l’Italie….

Neymar, Messi, Ronaldo et autres vont  tenter de faire passer l’amère pilule dépensière. Et la présidente Dilma  Russef va siroter le temps du mondial le nectar de l’armistice avant les élections d’octobre. Et si le football confirme sa réputation d’opium pour le peuple ?

Le  prix du champion 35 millions de dollars Us

La Fifa va dépenser 576 millions de dollars américains. Le vainqueur de la compétition recevra 35 millions, l’autre finaliste 25 millions, le troisième 22 millions et le quatrième 20 millions. Les quatre autres quart-de-finaliste auront chacun 14 millions. Les équipes étant sorties de leur groupe pour s’arrêter en huitièmes recevront 9 millions et celles qui ne passent pas la première phase 8 millions.

En 2010, la Coupe du monde organisée en Afrique du Sud avait rapporté 4,2 milliards de dollars –un record– dont 2,4 milliards pour les seuls droits télé.