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CAN 2012 (21 janvier au 12 février)
Terminal de reconstruction ?

dimanche 22 janvier 2012

Les Lions entrent en piste ce samedi face à la Zambie. A Bata, terre de concrétisation de la renaissance, le Sénégal a rendez-vous avec l’Histoire ! Même si, à quelques jours de la Can 2012, deux courtes victoires (1-0) en guise d’au revoir à Léopold Sédar Senghor et sa pelouse défigurée ont laissé un goût d’inachevé au public sénégalais.

Viva le Sénégal ! C’est sur ce rythme qu’aimeraient danser les Sénégalais au soir du 12 février 2012. Ce dernier acte de la Can Gabon-Guinée Equatoriale 2012 va consacrer le maître du football africain, l’équipe qui succèdera à l’Egypte, triple championne en titre. Les « Pharaons » septuples champions (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008 et 2010) et le Cameroun étant les grands absents de cette Coupe d’Afrique des Nations, le Sénégal peut espérer fermer définitivement cette page sombre de sa destinée chaotique de 2008 au Ghana et Tamalé. Et de se voir couronner Roi d’Afrique face aux favoris que sont la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Maroc. Tel est le désir du coach national, Amara Traoré dont les dernières images projetées au stade Léopold Senghor ont procuré des frissons au 12e Gaïndé, les 12 (Sénégal-Souan : 1-0) et 14 janvier (Sénégal-Kenya : 1-0) derniers.

A quelques heures de l’ouverture de la Can, les supporters sénégalais vivent entre l’angoisse et la confiance. Angoisse due au rythme et aux gammes imparfaites joués par les Lions et la confiance aveugle à son attaque canonnière capable de briser la glace et de faire la différence à tout moment. Demba Bâ, Papis Demba Cissé et Moussa Sow, Mamadou Niang, c’est du solide dans leurs championnats respectifs, anglais, allemand, français et qatari. Mais au pays, ils vendangent plus d’occasions que de raison. La faute à une disposition tactique ou à une formule non assimilée, résultante d’une équipe à paire changeante où des automatismes en expérimentation accouchent d’une inorganisation générale. A chaque match, Amara Traoré relooke son milieu. Ce secteur créatif et dépositaire du jeu tarde à trouver ses marques. Et ses lignes distantes freinent le jeu rapide. Et bonjour la lenteur qui ne surprend aucun adversaire parce que toutes les passes sont « téléphonées ». Voilà pourquoi l’inquiétude ne s’efface plus sur les visages des supporters en dépit du démaquillant de marque « victoire ». Les deux victoires sénégalaises ne rassurent toujours pas. D’où l’invite du coach à ses tireurs d’élite : « Il nous faut retrouver notre efficacité offensive ».

2012, l’apothéose ?

Son équipe rajeunie et aux trois quarts paraît messianique. Les binationaux ont insufflé une nouvelle image au Sénégal. Un groupe où bonne humeur et rigueur ont effacé les faits divers dans la Tanière. Mamadou Niang, le capitaine et témoin de l’affreux balafre 2008 veut définitivement éparpiller les cendres de cette page griffonnée en déception de la bande à El Hadj Diouf en inscrivant enfin le Sénégal sur le registre des annales de la Caf. Une coupe d’Afrique serait la bienvenue pour tourner définitivement le dos à la crise ghanéenne. Avec cette renaissance 2010 paraphée par une qualification prématurée à la Can 2012 et une élimination surprenante du super-favori Cameroun. Le rêve est permis avec cette heureuse coïncidence. 2012, c’est l’anniversaire de la décennie de la belle épopée de Bamako2002. Faits inédits ou voulus, des similitudes ont prévalu sur le choix de 23 envoyés spéciaux sénégalais à Bata, en Guinée Equatoriale. Amara veut faire une bonne recette avec un maillage de jeunesse et d’expérience. Il y a ce doyen Omar Daff, gardien du temple sur la liste des 23. Sur le fil de l’Aps, il plaide le respect, l’humilité et la solidarité : « Toutes les équipes, qui sont à la CAN, méritent leur place. Il faudra beaucoup d’humilité et de respect envers nos adversaires, pour aller jusqu’au bout. Tous les joueurs doivent se vouer un respect’’ mutuel et ‘’se souhaiter de bonnes choses pour construire un groupe solidaire capable d’être uni dans les moments difficiles. Nous avons besoin d’une équipe solide et d’un peuple unis derrière nous. [Que] chacun joue sa partition au service du Sénégal pour qu’on puisse gagner. » Amen aux prédictions du « Thierno » Daf d’autant que toutes les conditions sont presque réunies. Les primes ont été dégagées et les doléances du coach satisfaites. « Toutes les conditions sont réunies, on souhaite que cela continue », révèle le Directeur technique national du football, Amsata Fall, invité sur la chaîne 2sTv avant d’appeler à plus d’union. « Il faut protéger l’Equipe nationale. » Quid à taire ses failles ? Non !

Sur le jeu, les Lions ont encore un chemin à parcourir. Le jeu est toujours truffé de déchets et les lignes toujours distantes malgré la dernière mi-temps où Omar Daff, Nguirane Ndao et Mouhamad Diamé ont offert de l’oxygène à l’attaque. L’impulsion de Souleymane Camara a permis l’ouverture du score par Papis Demba Cissé en panne de réalisme. Enfin, il marque le but sénégalais. « On a su corriger avec plus de mouvements, plus d’écartements tout en essayant d’apporter sur les côtés pour ensuite créer l’équilibre en deuxième mi-temps » , analyse Amara Traoré

La tâche ne sera pas facile, un avant-goût a été donné par le Soudan et le Kenya. Deux équipes loin de la trempe des seigneurs africains, Côte d’Ivoire, Ghana et Maroc, favoris naturels de « Gabon-Guinée Equatoriale ». Le lien ombilical manque à l’enfant d’Amara. Le jeu des Lions angoisse ses supporters. Ils ont la mine des mauvais jours et prient pour que ce masque tombe enfin. Que le milieu soit plus porteur d’oxygène comme à la deuxième période contre le Kenya. Où Mouhamed Diamé a su régulariser la circulation de la balle. Le mal prénatal va-t-il guérir au fil des rencontres ? Les Lions s’auto prescrivent le remède. Ils exigent une meilleure scène, car disent-ils le mal réside dans la pelouse défectueuse du stade. « Senghor ». Elle a indisposé ses fils adorés au moment où Soudanais et Kenyans étalaient leur « densité défensive » face aux Lions. Les cardiaques sont avertis. Le scénario est prévu à Bata. Amara Traoré : « On aura ce genre de match au premier tour ! ». Au moment où le coach du Kenya prévient : « je dis aux Sénégalais d’être plus rapides, de se concentrer. » Cette peur sénégalaise est palpable dans l’attitude du 12 è Gaïndé. Le public a été réticent au dernier appel du Lion. Léopold Senghor a attendu vainement son monde. Un signe ou une exigence apparente. Avant la Can, Amara livre son viatique pour Bata. « Une équipe qui veut gagner ce genre de compétition ne doit pas être prête tout de suite. Il faut qu’on monte en puissance pour être prêt au dernier match de poule. Et là avec les matches couperets, on n’a plus d’excuses. Certes, on a beaucoup travaillé la maîtrise, mais il faut faire attention aux contre-attaques. Il faut qu’on gagne encore en concentration et ne pas perdre le ballon, gagner en patience et en sérénité. »

Le Sénégal à la Can
Devenir Grand !

Le trophée, c’est l’objectif de cette Can 2012. Franchir un nouveau cap et devenir un vrai grand d’Afrique ! Et être en phase avec son statut de puissance africaine, les Lions doivent remporter un titre. Cette douzième tentative sera peut-être la bonne. Dix ans après Bamako 2002, Gabon ouvre grandement ses mains aux Lions de la Téranga pour demeurer Eternel. Après la finale de 2002, les demi-finales en 1990 et 2006, Moussa Sow , ballon d’or sénégalais et ses coéquipiers ont la mission d’inscrire le Sénégal dans les annales de la Caf pour s’aligner au niveau des favoris, le Ghana et ses trois étoiles, La Côte d’Ivoire et son étoile, le Maroc, la Tunisie ou … le Soudan. Les jeux sont ouverts !

Les participations sénégalaises :1965 : 1er tour, 1968 : 1er tour, 1986 : 1er tour, 1990 : 4e, 1992 : Quarts de finale, 1994 : Quarts de finale, 2000 : Quarts de finale, 2002 : Finaliste, 2004 : Quarts de finale, 2006 : 4e, 2008 : 1er tour

Boly BAH

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