Avec les descentes de l’As Saloum et du Stade de Mbour en Ligue 2 -elles rejoignent la Suneor de Diourbel et le Ndiambour de Louga- le championnat du Sénégal est à l’image de notre économie et de notre administration : tout est concentré à Dakar. Aujourd’hui, il ne reste que le Casa Sports de Ziguinchor, la Linguère de Saint Louis et la Compagnie sucrière sénégalaise de Richard Toll.
A ce rythme, le championnat de Ligue 1 risque de devenir de simples matches « inter-quartiers » de Dakar. Le verdict est tombé hier avec la relégation de l’As Saloum en Ligue 2. Yakaar de Rufisque, qui était condamné à la victoire pour rester dans l’élite, n’a pas fait dans la dentelle pour sauver sa place face à l’équipe kaolackoise (4-0). Le mal est ainsi fait ! Aujourd’hui, la géographie du championnat montre une véritable iniquité dans la représentativité des autres régions. Avant Saloum, le Stade de Mbour est passé aussi au purgatoire depuis quelques semaines. Ils retrouvent la Sunéor de Diourbel et le Ndiambour de Louga expédiés dans l’enfer de la Ligue 2 depuis la saison 2009.
Il faut constater que le championnat se joue simplement sur trois régions : Dakar, Ziguinchor et Saint Louis. Le sélectionneur national, Amara Traoré, attirait l’attention des sportifs sur la « dakarisation » de cette compétition. Pourtant, c’est le football sénégalais qui est en train de perdre des équipes représentatives et populaires.
Que faire ? Il est évident que les clubs doivent être performants pour prétendre rester au sein de la Ligue 1. Il y a bien sûr la primauté des résultats sur les autres considérations. Il y a cependant des considérations structurelles et conjoncturelles qui plombent les performances des clubs obligés d’effectuer des déplacements incroyables entre leur fief et Dakar où se concentrent pratiquement tous les clubs de la Ligue 1. Le Casa Sports, par exemple, a un rythme de voyage qui le désavantage physiquement et impacte sur les résultats de sa formation. Alors que les équipes dakaroises se contentent de trois à quatre déplacements à l’intérieur du pays. Ce qui constitue un avantage considérable. La Linguère, championne du Sénégal la saison dernière, reste une exception et on a vu qu’elle a longuement lutté pour éviter la relégation.
Il faut rééquilibrer le championnat pour le rendre davantage attractif. L’émergence de certains clubs populaires comme l’As Pikine, Renaissance de Yoff (relégué malheureusement) et Niarry Tally ont donné plus d’épaisseur et de piquant au championnat longtemps laissé à lui-même. En plus de la désaffection du public. Aujourd’hui, une réflexion s’impose surtout que le discours actuel est structuré autour de la reconstruction pour repenser le championnat construit depuis les indépendances sur des équilibres devenus présentement fragiles.
Lagazette.sn