Par Aliou Niane
Et de deux pour Karim Wade. Sur la sellette, depuis la publication par La Gazette d’informations faisant état de paiement de commissions au sujet de l’attribution de la licence à Sudatel, le fils du président de la République, Karim Wade a été auditionné hier par le sénat. C’est la Commission ad hoc d’information du Sénat sur l’attribution de la deuxième licence globale de téléphonie qui s’est chargée d’entendre Karim Wade. Cette audition est la deuxième du genre après celle de l’Assemblée nationale au lendemain de la publication du livre d’Abdou Latif Coulibaly, Comptes et mécomptes de l’Anoci. A l’instar de la première audition, l’audition du Sénat a livré un satisfécit au fils du Président.
La Sénatrice, Sokhna Dieng Mbacké a, au nom de la Commission, exprimé la satisfaction du Sénat et a déclaré que la controverse autour de cette affaire n’est que du « vent ». A l’issue de son audition, Karim Wade a appelé ses accusateurs Abdou latif Coulibaly et Ousmane Tanor Dieng à venir fournir leurs preuves.
On se rappelle que lorsque l’ancien président de l’Assemblée nationale, Macky Sall a appelé Karim Wade pour l’auditionner, le président Wade avait qualifié cette convocation de « faute politique ». Une faute politique qu’il a dû payer cash avec son limogeage de son poste de président de l’Assemblé nationale.
Cette audition met à nu les incohérences et le raisonnement bancal de nos dirigeants en porte-à-faux avec les exigences de transparence. En effet Pourquoi devrait-on accorder du crédit au satisfécit de parlementaires qui auditionnent le fils du Président loin des indiscrétions et qui viennent nous livrer leur satisfaction ? Cette interrogation est d’autant plus légitime que tout le monde sait que nos parlementaires sont sans réserve acquis à la cause du Président. Dans les grandes démocraties, comme c’est le cas aux Etats-Unis, ces auditions se font publiquement et sont diffusées toujours en direct. Une audition en public aurait le mérite de chasser dans les esprits toute suspicion de connivence et de complaisance à l’égard du fils du Président. Le jeu démocratique en vaut la chandelle.
La Gazette.sn