La Cnuced vient de présenter le rapport 2010 sur l’investissement étranger direct dans le monde. Le document dévoile une légère reprise, après une contraction en 2009, consécutive à la crise économique et financière. Toutefois ce redressement suscite un optimisme mesuré.
La conférence des nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a officiellement lancé le rapport 2010 sur l’investissement, le jeudi 22 juillet dans les locaux de l’organisation à Dakar. Ce document synoptique dresse les tendances de l’investissement étranger direct (Ide) durant les années écoulées et la perspective 2010. Après un pic en 2006, les flux d’investissement ont connu un repli de 16 % en 2008 avant de chuter de 37% en 2009 à cause de la crise mondiale. Ces investissements sont estimés pour l’année écoulée à 1114 milliards de dollars.
Cependant, un timide redressement est noté au 1er trimestre 2010 avec des variations importantes selon les régions du monde, suscitant ainsi un vent d’optimisme pour les années à venir. « Les rentrées mondiales de l’Ide devraient passer à 1 200 milliards en 2010 avant d’atteindre 1 300 à 1 500 milliards en 2011 et 1 600 à 2 000 milliards de dollars en 2012 », note le rapport. Ce redressement est cependant accompagné d’une incertitude doublée de prudence à cause de la fragilité de la reprise de l’économie mondiale. Il est à noter que les États-Unis d’Amérique, l’Inde, la Chine, et les pays développés parviennent toujours à capter l’essentiel de l’Ide.
Le rapport indique que les flux vers les pays en développement et les pays en transition ont reculé de 27 % en 2009, soit 548 milliards de dollars, après six années de croissance ininterrompue. « Malgré ce repli de l’Ide dans les pays de ce groupe, ces pays semblaient mieux résister à la crise que les pays développés puisque la contraction était moindre que celle observée pour les pays développés », souligne le rapport. Un constat encourageant pour l’Ide dans ces pays. D’ailleurs, leur part dans l’ensemble des apports d’Ide ne cesse de croître. « Pour la première fois, les pays en développement et les pays en transition ont absorbé en 2009 la moitié des flux mondiaux » martèle-t-il.
Toutefois, l’Afrique reste toujours à la traîne avec une modeste part évaluée à 2%. « Le Nigeria, l’Égypte, l’Afrique du Sud et l’Angola accaparent une bonne partie de l’investissement en raison de leurs ressources pétrolières et de la grandeur de leur marché intérieur », explique le professeur Malick Sané, présentateur du rapport. Durant l’année 2009, l’Afrique a connu une baisse notoire des investissements directs étrangers de l’ordre de 19% par rapport à 2008, soit un montant de 59 milliards de dollars, mais cette contraction est plus exacerbée en Afrique de l’Ouest et de l’Est.
L’environnement
Le rapport de cette année met en exergue la question des changements climatiques et en particulier le rôle des sociétés transnationales (Stn) dans la réduction des gaz à effet de serre. Il déblaie des voies stratégiques pour les sociétés transnationales qui doivent investir dans les économies à faible intensité de carbone. « Avec leurs compétences, leurs technologies de pointe et leur champ d’action planétaire, les Stn sont nécessairement des acteurs de premier plan dans les efforts mondiaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et passer à une économie à faible intensité de carbone », suggère le rapport. Il fait valoir qu’avec des politiques incitatives et un cadre réglementaire appropriés, ces entreprises peuvent largement contribuer aux efforts d’atténuation et d’adaptation. Il propose également un partenariat mondial pour galvaniser les investissements dans des activités à faible intensité de carbone. C’est dans ce sens que la Cnuced préconise des initiatives concrètes comme un nouveau centre d’assistance technique pour appuyer la formulation et la mise en œuvre des politiques dans les pays en développement. En d’autres termes, le rapport insiste sur la nécessité d’allier la libéralisation à la réglementation afin d’éviter que la délocalisation industrielle n’entraîne un transfert des dangers écologiques vers les pays en développement. En d’autres termes, les politiques incitatives ne doivent pas mettre sous le boisseau les préoccupations d’un développement propre.
Réglementer
La préservation de l’environnement exprimée par tous les acteurs tarde à trouver une cadre réglementaire unanime. La principale initiative internationale à ce jour demeure le Protocole de Kyoto qui n’est pas encore ratifié par des pays grands émetteurs de gaz à effet de serre. Après la réunion de Copenhague en décembre 2009, les objectifs d’émission pour l’avenir, la nature des institutions, les mécanismes de politique concrets et les sources de financement restent à préciser. Le régime actuellement applicable en matière de changements climatiques ne procure donc pas au secteur privé ce qui lui est indispensable pour réorienter ses stratégies d’action. Un pas important reste à franchir.
Lagazette.sn