Le Grand Magal de Touba bat son plein avec des innovations de taille adaptées au monde moderne. Cette année, les pélerins ont droit à des panels regroupant des chefs religieux et des spécialistes de différentes matières. Ce matin, une conférence sur le role des médias dans la société moderne a été animée à la Résidence Khadimou Rassoul. Occasion saisie pour les panélistes pour rappeler l’interconnection entre les milieux religieux et les organes de presse pour des informations fiables.
La commission chargée de la communication dirigée par Cheikh Abdou Lahat Mbacké GaÏndé Fatma, a organisé une conférence sur le thème « Le rôle de la presse dans la société moderne », ce matin à Touba, dans le cadre de la célébration du Grand Magal de Touba. Ce sont de professionnels des médias comme Mamadou Ibra Kane (directeur de la Rfm), Yakham Mbaye (directeur de publication du Populaire), Djiby Diakhaté (sociologue) qui ont introduit le thème. L’occasion a été saisie par les panélistes pour revenir sur l’importance des médias dans le développement des activités humaines de tous les jours. L’information étant un moyen de communication entre les peuples, son traitement requiert une attention particulière, telle que recommandée dans les religions révélées dont l’Islam.
Mamadou Ibra Kane, qui a ouvert les débats, a défini le vocable « médias » qui regroupe tous les moyens de communication (radio, télévision, presse écrite…). Il a développé la complémentarité qui existe entre les professionnels des médias et les différentes couches de la population constituant les réceptrices du message véhiculé par les journalistes dont le rôle est de les informer, de les éduquer et de les divertir. La question reste donc comment « informer vrai, éduquer vrai et divertir vrai » ? Dr. Khadim Sylla, estime qu’il n’y a pas d’autre moyen que de vérifier les informations avant de les véhiculer. Ce qui est conforme à la loi islamique. Les rumeurs et les contrevérités se trouvent contraires à l’éthique et à la déontologie, mais aussi aux préceptes de l’Islam.
Journalisme et religion
L’islamologue Barham Mar estime d’ailleurs que l’information et la communication ont été les compagnons de l’Islam et même au-delà. Dans l’Islam, il est dit que toute activité humaine est un sacerdoce. Le métier de journaliste ne saurait alors être une exception. La société qui constitue le repère de tous les actes et le repaire de toutes les normes, juge les hommes selon leur plus-value. Chaque citoyen a un rôle a joué dans la société, le journaliste appelé à être le relais entre les différentes couches de la société se doit d’être attentif par rapport au message adressé au peuple. Au risque de créer des tensions. C’est pourquoi, Barham Mar, reste convaincu que « le journalisme peut se faire tout en respectant les préceptes de sa religion ».
Le journaliste Mamadou Ndiaye, ancien reporter de l’Agence France Presse (Afp) a axé son intervention sur la pression que vivent souvent les professionnels de l’information dans le contexte actuel du Sénégal pris dans le piège de la politique, de la religion et des lobbies de toutes sortes. Il lance un appel à l’assistance pour équilibrer les relations entre les hommes de presse et les lobbies. « Seuls le courage, l’abnégation, l’altruisme, l’amour du métier peuvent guider les pas des journalistes pour ne pas sombrer dans des dérapages aux conséquences fâcheuses dans la société », conclut-il.
L’exemple de la rumeur sur d’éventuels donneurs d’aumône qui ont déjà fait des victimes à travers le pays est assez illustratif. La presse sénégalaise en a fait ses choux gras amplifiant sans s’en rendre compte la rumeur qui a fini de faire des dégâts à Dakar, à Saint-Louis, à Kolda. Cependant, Yakham Mbaye, directeur de publication du Populaire, semble prendre le contre-pied des panelistes. Il reste convaincu que la société sénégalaise n’a que le type de journalistes qu’elle mérite. Il dit : « Nous ne sommes pas venus d’autres horizons. Nous sommes des Sénégalais comme les guides religieux et les autres personnalités."
Auteur : Babou Birame FAYE (Envoyé spécial à Touba)