L’appropriation du PSE par les différents acteurs était au centre d’un atelier de partage sur la situation économique en 2014 et les perspectives en 2015, entre divers experts du Ministère de l’Economie, des Finances (MEFP) et du Plan et le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES) les 27, 28 et 29 décembre. Le Directeur général de la nouvelle DPPE, M. Pierre Ndiaye, s’est plié à l’exercice de partager certains aspects et impacts attendus du Plan Sénégal émergent (PSE). Notamment dans la perspective de l’année 2015, qui verra les premiers grands travaux sortir de terre, avec de fortes incidences sociales.

Un taux de croissance projeté à 4%, ça fait rêver. Comment donc a-t-il évolué depuis 2011 et quels ont été les principaux atouts et les contraintes majeures ?

Je voudrais d’abord préciser que le taux de croissance du PIB est attendu à 4,5% en 2014 au lieu de 4%. Relativement au passé récent, ce taux peut faire rêver. Mais par rapport à la moyenne en Afrique subsaharienne, nous sommes encore en train de combler notre retard des dernières années car sur la décennie 1995-2005, nous étions dans le groupe des pays qui enregistraient les meilleurs taux. En revanche, sur la période 2006-2011, l’activité économique a été relativement morose, avec un taux moyen de croissance du PIB autour de 3,3% contre 4,5% entre 1995 et 2005. Cette contreperformance traduit l’effet des chocs exogènes, mais également des facteurs d’ordre interne. En effet, au-delà de l’environnement international particulièrement défavorable, l’économie a souffert des difficultés dans le sous-secteur agricole, les industries chimiques, l’énergie et plus récemment des cimenteries, sous l’effet de la crise sociopolitique au Mali ; ce dernier étant le premier client du Sénégal en matière d’exportation de ciment. Par ailleurs, le ralentissement des télécommunications au cours de cette période, a fortement pesé sur le potentiel de croissance de l’économie sénégalaise.

Pour inverser la tendance et aller vers des taux de croissance plus élevés et réduire significativement la pauvreté, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie dénommée « Plan Sénégal Emergent » qui comporte des mesures importantes, notamment le renforcement du sous-secteur agricole pour atteindre l’autosuffisance alimentaire en riz, la mise en œuvre du Plan de restructuration du secteur de l’Energie et les réformes visant à faciliter l’accès au crédit.

De 2000 à 2012, on parlait uniquement d’investir dans les infrastructures. Comment apprécier ce qui a été fait comme projets structurants ?

Le vaste programme d’investissement mis en œuvre par les autorités depuis 2000, et surtout depuis 2004, a permis de renforcer significativement le dispositif en infrastructures de base. Les projets routiers exécutés ont amélioré substantiellement la mobilité urbaine dans la région de Dakar. Par ailleurs, le projet de l’Aéroport International Blaise Diagne devrait permettre de décongestionner l’aéroport Léopold Sédar Senghor, mais également de faciliter la création de nouveaux pôles urbains de développement. L’ambition du pouvoir en place depuis 2012 est d’étendre ces réalisations à l’ensemble du territoire national. C’est dans cette dynamique que l’autoroute a péage sera prolongée jusqu’à Mbour, Thiès et Touba. A travers le PSE, d’autres projets structurants, notamment dans le domaine ferroviaire, seront mis en œuvre afin de combler de manière effective le gap en matière d’infrastructure de soutien à la production et de connexion aux marchés.

Aujourd’hui, on veut mettre l’accent sur l’agriculture. Quelles sont les perspectives pour que ce levier puisse tirer la croissance ?

D’importants projets sont prévus dans le secteur agricole dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent. Il s’agit notamment du développement de corridors céréaliers (mil, maïs et riz), de la mise en place de micro-projets de soutien à l’agriculture familiale mais également de la restructuration de la filière arachidière. La mise en œuvre de ces projets de grande envergure particulièrement dans le riz, conjuguée à la poursuite des programmes de renforcement de la maîtrise de l’eau et d’amélioration de la qualité des semences, devraient permettre de conforter davantage la place de l’agriculture dans l’économie sénégalaise et d’en faire un véritable levier de croissance et d’inclusion sociale.

La croissance inclusive revient également comme un leitmotiv. Le poids des politiques sociales n’a-t-il pas plutôt un effet bloquant ?

Il me semble en effet nécessaire de renforcer l’assistance aux pauvres et aux ménages les plus vulnérables à travers la protection sociale tout en évitant les effets pervers d’une politique d’assistanat qui bride le potentiel créatif et entrepreneurial. Cette dialectique est bien prise en compte par la politique sociale du gouvernement. L’inclusion, c’est permettre à chacun de développer et d’exploiter son potentiel, et cela figure en bonne place dans le Plan Sénégal Emergent qui vise non seulement une croissance forte et durable, mais aussi suffisamment diffuse au sein des ménages. Sous ce rapport, les politiques sociales ne doivent pas être vues comme un facteur qui grève les recettes au détriment de l’investissement en capital, mais aussi comme un moyen de renforcer l’inclusion.

On a parlé, le week-end à Saly, de réaménagements budgétaires et de réformes pour être en phase avec le PSE. Qu’est-ce qui a été fait dans ce sens ?

La loi de finances de 2015 est caractérisée par la prise en compte des orientations déclinées dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). En effet, une quinzaine de projets phares du PSE ont été dotés en priorité pour un montant d’environ 166 milliards de FCFA sur ressources internes. Une enveloppe dite de précaution de 52 milliards a été aussi mise en place pour le financement d’autres projets du PSE après le bouclage des études de faisabilité. Ces projets devront participer à la transformation de la structure de l’économie dans le sens de soutenir une dynamique de croissance forte et durable. Ces investissements sont programmés dans un contexte de mise en application d’un ensemble de réformes, particulièrement dans les secteurs de l’énergie, l’environnement des affaires, les infrastructures, le capital humain, le financement de l’économie, les TICs et la modernisation de l’Administration.

En 2015, première année du PSE, le taux de croissance réel devrait être de 5,4 %. Quels investissements devraient tirer cet essor ?

Les importants investissements publics dans les infrastructures de soutien à la production et dans l’énergie devraient contribuer à stimuler à court terme la production. Ces projets d’investissement publics sont relatifs entres autres aux corridors céréaliers, à l’habitat social, à l’aménagement de zones touristiques, à la réhabilitation et à la construction des infrastructures routières et ferroviaires, la relance de la filière arachide, l’électrification rurale. L’important effet de levier attendu de l’investissement public à la faveur de l’amélioration de l’environnement des affaires devrait contribuer à débrider la croissance. Au total, la mise en œuvre du PSE permettra de développer de nouveaux secteurs porteurs (agriculture, mines, tourismes), tout en consolidant les secteurs traditionnels que sont les télécommunications, les services financiers et le BTP.

En tenant compte de l’ensemble du PAP qui se déroule jusqu’en 2017, comment devrait évoluer l’économie selon la maturation des projets à mettre en œuvre ?

Le Programme d’Actions prioritaires (PAP) du PSE couvre la période 2014-2018. La mise en œuvre des projets contenus dans le PAP, combinée à l’exécution des réformes clés (énergie, foncier, environnement des affaires, accès au crédit) devrait être véritablement ressentie à partir de 2015, avec un taux de croissance du PIB réel projeté à 5,4%. L’activité économique devrait se consolider d’année en année et les taux croissance économique sont attendus respectivement à 6,4% en 2016 ; 7% en 2017 et 7,2% en 2018.

Quels messages pour la réussite économique du Sénégal ?

Le succès du PSE nécessite une nouvelle démarche de rupture et des changements de comportements des différents acteurs (consommateurs, producteurs, entrepreneurs, fonctionnaires, décideurs, acteurs, partenaires sociaux, etc.). J’appelle donc à une appropriation du PSE par tous les acteurs, à la mobilisation de tous pour la paix sociale pour 2015 et 2016 et au soutien de la communauté internationale, afin que les projets et réformes du PSE puissent être lancés dans de bonnes conditions et que les fruits attendus puissent profiter à toute la nation.

Un taux de croissance projeté à 4%, ça fait rêver. Comment donc a-t-il évolué depuis 2011 et quels ont été les principaux atouts et les contraintes majeures ?

Je voudrais d’abord préciser que le taux de croissance du PIB est attendu à 4,5% en 2014 au lieu de 4%. Relativement au passé récent, ce taux peut faire rêver. Mais par rapport à la moyenne en Afrique subsaharienne, nous sommes encore en train de combler notre retard des dernières années car sur la décennie 1995-2005, nous étions dans le groupe des pays qui enregistraient les meilleurs taux. En revanche, sur la période 2006-2011, l’activité économique a été relativement morose, avec un taux moyen de croissance du PIB autour de 3,3% contre 4,5% entre 1995 et 2005. Cette contreperformance traduit l’effet des chocs exogènes, mais également des facteurs d’ordre interne. En effet, au-delà de l’environnement international particulièrement défavorable, l’économie a souffert des difficultés dans le sous-secteur agricole, les industries chimiques, l’énergie et plus récemment des cimenteries, sous l’effet de la crise sociopolitique au Mali ; ce dernier étant le premier client du Sénégal en matière d’exportation de ciment. Par ailleurs, le ralentissement des télécommunications au cours de cette période, a fortement pesé sur le potentiel de croissance de l’économie sénégalaise.

Pour inverser la tendance et aller vers des taux de croissance plus élevés et réduire significativement la pauvreté, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie dénommée « Plan Sénégal Emergent » qui comporte des mesures importantes, notamment le renforcement du sous-secteur agricole pour atteindre l’autosuffisance alimentaire en riz, la mise en œuvre du Plan de restructuration du secteur de l’Energie et les réformes visant à faciliter l’accès au crédit.

De 2000 à 2012, on parlait uniquement d’investir dans les infrastructures. Comment apprécier ce qui a été fait comme projets structurants ?

Le vaste programme d’investissement mis en œuvre par les autorités depuis 2000, et surtout depuis 2004, a permis de renforcer significativement le dispositif en infrastructures de base. Les projets routiers exécutés ont amélioré substantiellement la mobilité urbaine dans la région de Dakar. Par ailleurs, le projet de l’Aéroport International Blaise Diagne devrait permettre de décongestionner l’aéroport Léopold Sédar Senghor, mais également de faciliter la création de nouveaux pôles urbains de développement. L’ambition du pouvoir en place depuis 2012 est d’étendre ces réalisations à l’ensemble du territoire national. C’est dans cette dynamique que l’autoroute a péage sera prolongée jusqu’à Mbour, Thiès et Touba. A travers le PSE, d’autres projets structurants, notamment dans le domaine ferroviaire, seront mis en œuvre afin de combler de manière effective le gap en matière d’infrastructure de soutien à la production et de connexion aux marchés.

Aujourd’hui, on veut mettre l’accent sur l’agriculture. Quelles sont les perspectives pour que ce levier puisse tirer la croissance ?

D’importants projets sont prévus dans le secteur agricole dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergent. Il s’agit notamment du développement de corridors céréaliers (mil, maïs et riz), de la mise en place de micro-projets de soutien à l’agriculture familiale mais également de la restructuration de la filière arachidière. La mise en œuvre de ces projets de grande envergure particulièrement dans le riz, conjuguée à la poursuite des programmes de renforcement de la maîtrise de l’eau et d’amélioration de la qualité des semences, devraient permettre de conforter davantage la place de l’agriculture dans l’économie sénégalaise et d’en faire un véritable levier de croissance et d’inclusion sociale.

La croissance inclusive revient également comme un leitmotiv. Le poids des politiques sociales n’a-t-il pas plutôt un effet bloquant ?

Il me semble en effet nécessaire de renforcer l’assistance aux pauvres et aux ménages les plus vulnérables à travers la protection sociale tout en évitant les effets pervers d’une politique d’assistanat qui bride le potentiel créatif et entrepreneurial. Cette dialectique est bien prise en compte par la politique sociale du gouvernement. L’inclusion, c’est permettre à chacun de développer et d’exploiter son potentiel, et cela figure en bonne place dans le Plan Sénégal Emergent qui vise non seulement une croissance forte et durable, mais aussi suffisamment diffuse au sein des ménages. Sous ce rapport, les politiques sociales ne doivent pas être vues comme un facteur qui grève les recettes au détriment de l’investissement en capital, mais aussi comme un moyen de renforcer l’inclusion.

On a parlé, le week-end à Saly, de réaménagements budgétaires et de réformes pour être en phase avec le PSE. Qu’est-ce qui a été fait dans ce sens ?

La loi de finances de 2015 est caractérisée par la prise en compte des orientations déclinées dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). En effet, une quinzaine de projets phares du PSE ont été dotés en priorité pour un montant d’environ 166 milliards de FCFA sur ressources internes. Une enveloppe dite de précaution de 52 milliards a été aussi mise en place pour le financement d’autres projets du PSE après le bouclage des études de faisabilité. Ces projets devront participer à la transformation de la structure de l’économie dans le sens de soutenir une dynamique de croissance forte et durable. Ces investissements sont programmés dans un contexte de mise en application d’un ensemble de réformes, particulièrement dans les secteurs de l’énergie, l’environnement des affaires, les infrastructures, le capital humain, le financement de l’économie, les TICs et la modernisation de l’Administration.

En 2015, première année du PSE, le taux de croissance réel devrait être de 5,4 %. Quels investissements devraient tirer cet essor ?

Les importants investissements publics dans les infrastructures de soutien à la production et dans l’énergie devraient contribuer à stimuler à court terme la production. Ces projets d’investissement publics sont relatifs entres autres aux corridors céréaliers, à l’habitat social, à l’aménagement de zones touristiques, à la réhabilitation et à la construction des infrastructures routières et ferroviaires, la relance de la filière arachide, l’électrification rurale. L’important effet de levier attendu de l’investissement public à la faveur de l’amélioration de l’environnement des affaires devrait contribuer à débrider la croissance. Au total, la mise en œuvre du PSE permettra de développer de nouveaux secteurs porteurs (agriculture, mines, tourismes), tout en consolidant les secteurs traditionnels que sont les télécommunications, les services financiers et le BTP.

En tenant compte de l’ensemble du PAP qui se déroule jusqu’en 2017, comment devrait évoluer l’économie selon la maturation des projets à mettre en œuvre ?

Le Programme d’Actions prioritaires (PAP) du PSE couvre la période 2014-2018. La mise en œuvre des projets contenus dans le PAP, combinée à l’exécution des réformes clés (énergie, foncier, environnement des affaires, accès au crédit) devrait être véritablement ressentie à partir de 2015, avec un taux de croissance du PIB réel projeté à 5,4%. L’activité économique devrait se consolider d’année en année et les taux croissance économique sont attendus respectivement à 6,4% en 2016 ; 7% en 2017 et 7,2% en 2018.

Quels messages pour la réussite économique du Sénégal ?

Le succès du PSE nécessite une nouvelle démarche de rupture et des changements de comportements des différents acteurs (consommateurs, producteurs, entrepreneurs, fonctionnaires, décideurs, acteurs, partenaires sociaux, etc.). J’appelle donc à une appropriation du PSE par tous les acteurs, à la mobilisation de tous pour la paix sociale pour 2015 et 2016 et au soutien de la communauté internationale, afin que les projets et réformes du PSE puissent être lancés dans de bonnes conditions et que les fruits attendus puissent profiter à toute la nation.