La 6ème édition du Forum sur la responsabilité sociale des entreprises cherche une réponse à la problématique de l’emploi des jeunes qui atteint des proportions inquiétantes.

Entre 2005 et 2011, la population jeune a augmenté au Sénégal de 8% et atteint 4,5 millions d’individus. Le taux d’emploi des jeunes est resté stable sur la même période et tourne autour de 38% », explique Philippe Barry, président de l’Initiative RSE Sénégal. C’est à partir de ce constat que la 6ème édition du Forum sur la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), du 06 au 07 novembre dernier, a été placée sous le thème de «l’insertion professionnelle des jeunes au regard de la responsabilité sociétale des entreprises».

Le ministre de la Formation professionnelle, des chefs d’entreprises et des étudiants des écoles de formation ont échangé sur la problématique de l’emploi au cours des différents ateliers. De l’avis de Philippe Barry, organisateur du forum, le Sénégal reste marqué par une économie informelle singularisée par un taux de bancarisation inférieur à 8 %. Ce contexte, estime-t-il, n’est pas en faveur d’une insertion des jeunes dans un marché de l’emploi formel et structuré. «Les créations d’entreprises et la survie des petites entreprises du secteur formel qui constitue des niches d’auto-emploi et d’emploi décents sont encore trop faibles, comparativement à des pays anglophones tels que le Nigeria et le Kenya», déplore M. Barry. Au regard de cette réalité, le ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, Mamadou Talla, soutient la nécessité de réorienter la formation. Pour lui, il ne suffit pas de s’arrêter au constat de l’inadéquation entre formation et emploi, il faut plutôt aller dans le sens d’identifier les secteurs pourvoyeurs d’emplois. « 93% des formations des grandes écoles privées orientent leurs actions vers le secteur tertiaire alors que c’est l’agriculture qui va développer le pays », fait remarquer le ministre. En effet, les statistiques montrent que le Sénégal est à 1% de qualification et de formation pour le secteur primaire et 6% pour le secteur secondaire. «L’Etat est en train d’inverser cette tendance, en connectant les secteurs prioritaires avec leurs formations. Nous voulons diversifier les offres de formation en les connectant directement à certaines entreprises. Le fonds est mis en place en place et les projets sont en train d’être financés », assure le ministre.

Les intervenants ont aussi incité les entreprises à un engagement plus accru aux côtés des structures de formation. « Les entreprises doivent constituer le lien qui relie les centres de formation aux étudiants. Si l’université est la mère et l’étudiant le fœtus, l’entreprise doit être le cordon ombilical », explique dans une belle allégorie Fatoumata Aw, enseignante à l’université Gaston Berger. En réponse à cette invite, certaines sociétés ont mis au grand jour leurs actions en faveur de la formation des jeunes et de la préservation de l’environnement. « Nous avons mis en place une véritable démarche RSE visant à élargir le champ d’action des initiatives de notre entreprise et tout en ne perdant pas de vue son orientation stratégique sociétale que sont l’éducation des jeunes et la promotion des talents », explique Abdoulaye Mbaye, directeur général de Neurotech. A ce titre, Mbaye ajoute que son entreprise forme deux stagiaires rémunérés pour contribuer à la formation des jeunes. La Sococim n’est pas en reste dans ce domaine. Youga Sow, directeur général de la Sococim, a, pour sa part, rappelé l’ancrage solide de l’entreprise dans la RSE. « La Sococim certifiée ISo 9001, IS0 14001, devrait être contrôlée par le groupe vicat sur la RSE », a informé M Sow. Ce forum a donné lieu à des échanges féconds entre acteurs. Il a aussi permis au grand public d’explorer des pistes qui feront de la RSE un instrument de lutte contre le chômage.

L’Initiative RSE creuse son sillon

«Créée en 2008 par M. Philippe BARRY, expert Secteur privé & RSE, l’Initiative RSE Sénégal vise à promouvoir ce concept au Sénégal et en Afrique de l’ouest. La RSE contribue particulièrement au développement durable, à la santé et au bien-être de la société », note le prospectus remis aux journalistes. Actuellement 31 entreprises privées évoluant dans divers secteurs de l’économie ont adhéré à cette initiative. Grâce au travail de cette structure, le concept de RSE commence à prendre une place de choix dans le débat public. A noter également que les dernières éditions du Forum sur la RSE au Sénégal ont été soutenues par l’Ambassade des Pays bas. Ces ateliers ont permis d’échanger sur les opportunités de création d’auto-emplois « verts ».